main tenant

08 février 2016

Bleue comme une orange, à Auvers-sur-Oise (95)

Hier, je vous présentais les oeuvres de Nathalie Leverger dans cette exposition collective. 31 artistes y présentent chacun plusieurs oeuvres, associées à un poème différent à chaque fois. Il s'agit moins d'illustrations que d'accompagnement, au point qu'on reste longtemps, avec plaisir, entre la lecture des mots et l'observation des formes et des couleurs. Trois niveaux pour cette exposition (on entre par un rez-de-chaussée et on descend des escaliers), quatre salles. Tous les espaces disponibles sont occupés sans pour autant donner une impression de trop-plein. Il faut regarder sous l'escalier, ou lever les yeux en descendant les marches. La curiosité est sollicitée à chaque pas. 

Et c'est ainsi que je découvre dans un angle du rez-de-chaussée un poème de Maram al Masri, accompagné d'une oeuvre de Jean-Christophe Humbert. Le même Jean-Christophe Humbert qui nous invite à lever les yeux dans l'escalier vers un texte de Chico Buarque.

DSCN3029 DSCN3007

Posté par onarretetout à 08:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

07 février 2016

Trois oeuvres de Nathalie Leverger à Auvers-sur-Oise (95)

L’arbre de Nathalie Leverger n’apparaît qu’avec les mots de Paule-Elisabeth Oddéro. Il leur emprunte la fluidité, il leur donne sa texture. Légers les uns et l’autre, un zéphyr les ferait devenir moineaux, le x final de ce mot fait de branches croisées, de graines suspendues prêtes à tomber pour croître à nouveau. Y loge le silence au coeur d’un tronc d’où part tout envol. Blanc de papier, blanc de nuage, blanc de danse et d’élégance et de secrets, et même blanche l’ombre. Insaisissable comme le souffle, et comme le souvenir persistant.

DSCN3015 DSCN3016 DSCN3017

C'est un arbre

Un arbre
et il se multifluie

Un inconnu d'oiseau
apprivoise les branches

Le désert annoncé
prend fin
en ses racines

Plus de terre
plus de ciel
et tout est habité

DSCN3023
à l'arrière-plan, une oeuvre de Mireille Vitry

J’ai vu ces oeuvres à Auvers-sur-Oise (95) dans le cadre d’une exposition collective intitulée Bleue comme une orange.

5431689_1_545x460_autocrop

Sur le site de Nathalie Leverger, une autre photo de cet arbre.

Posté par onarretetout à 07:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

06 février 2016

Des popoèmes

100_7449

Découvrant qu’il y a dans le mot hippoPOTame le mot pot, Pef raconte à la télévision que lui vint un poème :

À toujours faire pipi au lit de la rivière, Popaul l’hippoame l’a popolluée. 
Insuppoportable popolisson, lui crièrent sa mère popolonaise et son père capoporal.
À partir de ce jour ne te sépare plus jamais de ce pot !
C’est ainsi que Popaul l’hippoame devint Popaul l’hippopotame. 

Il aurait dû dire que ce n’était pas un poème ordinaire, mais un popoème. Et c’est ce que vous allez écrire ici. 

Faites d’abord une liste de mots contenant le son « po » (quelle qu’en soit l’orthographe), puis compoposez une phrase ou deux ou trois dans lesquelles ces mots arriveront gonflés d’un « po » supplémentaire.

Exemple :

C’est un popoliticien qui prend l’avion à l’aéropoport pour aller à Tokyo, la fameuse ville japoponaise. Un impoportun vient lui propoposer de faire avec lui un poportrait, un selfie à deux têtes. Le popoliticien se retient de lui dire « Casse-toi popauvre con » (il devrait s’en excuser quelques années plus tard d’un mouvement d’épopaule), mais lui suggère de faire ce selfie devant les drapopeaux.

C’est à vous main tenant. Popostez vos « popo » dans les commentaires ci-dessous. Merci.

Vous retrouverez l’édition de la Grande Librairie où Pef a dit ce popoème en cliquant ici.

Une autre émission, radiophonique celle-ci, où Pef parle de musique peut être écoutée en cliquant .

Posté par onarretetout à 07:49 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

05 février 2016

Patrick Campistron, Caroline Dubost, récital

vz-17FDA8DE-89E0-4CF4-AC99-82A936DE64FC

Vous passez un porche puis vous arrivez dans un jardin où il est écrit qu’on y parle français. Il faisait froid et les tables et les chaises n’y étaient pas installées, mais on pouvait imaginer ce que ça devait être au soleil du printemps par exemple. Nous y étions en hiver, le soir, et nous n’avons guère traîné en ce jardin dans Paris, où nous venions pour un récital programmé par La Dive Note.

La salle y est d’un beau volume où les musiques se plaisent. Un piano nous attend. Caroline Dubost accompagne Patrick Campistron, baryton. Nous y entendons des airs du 16e au 20e siècles, quatre langues différentes (italien, français, anglais, allemand), lieder ou extraits d’opéras. Très vite, une complicité s’installe entre le chant, la musique et les auditeurs. Légèreté, puissance retenue, humour, tristesse, rêve, romantisme ou grivoiserie, le choix des pièces proposées offre une large palette. Les applaudissements en redemandent. Et nous serons contentés.

J'ai assisté à ce récital au Reid Hall, à Paris.

Posté par onarretetout à 08:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

04 février 2016

Rue Broca, à Paris

IMG_7236

" À travers les dédales des rues " parisiennes, je suis passé par la rue Broca, non seulement célèbre par les Contes écrits par Pierre Gripari, mais aussi balisée par des pochoirs et des dessins de Mesnager, de Miss.Tic ou encore de Moïse.

IMG_7237

IMG_7238 IMG_7240

et aussi, sur le trottoir, cette forme anonyme

IMG_7235

Posté par onarretetout à 07:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,



03 février 2016

Les Chants de Maldoror (extraits), par Cécile Duval

IMG_7214

Elle était assise au milieu de l’escalier qui descend dans la salle de lectures, de rencontres, d’échanges, une salle dont les murs sont couverts de livres sur des étagères. Certains s’arrêtaient pour la saluer, d’autres n’osaient déranger la concentration solitaire qui allait la jeter dans les mots de Lautréamont.

Des Chants de Maldoror, elle a choisi celui qui m’avait fortement marqué quand je l’avais lu pour la première fois, ne sachant pourtant s’il fallait en rire ou y puiser de la colère. C’est à la fin du Troisième Chant, la curiosité d’un jeune homme le conduit à la vision d’un cheveu oublié, perdu peut-être, témoignant d’un accouplement compromettant suivi de torture et de meurtre, puis de la rencontre avec le propriétaire du cheveu venant rechercher ici-bas en catimini la preuve de sa débauche d’une nuit et de sa honte éternelle. Trois voix s’enchevêtrent, celle du cheveu, celle du narrateur, celle de Dieu, dont on comprend qu’il est « le maître » du cheveu abandonné puis repris. Cécile Duval raconte cette extraordinaire et épouvantable histoire sans excès, rendant le récit encore plus éprouvant, parce que presque banal. Et c’est bien ce que j’avais ressenti à la lecture du texte, et ce qui m’était resté en mémoire. Dieu tombe dans la proximité des humains, il succombe aux tentations que ceux-ci subissent, et personne n’ose en témoigner. Le diable lui-même estime avoir perdu un ennemi. Le jeune homme curieux quitte la maison de la débauche et du crime et repart « à travers les dédales des rues », comme nous repartirons un peu plus tard dans les couloirs étranges du centre commercial au milieu duquel siège une Place du Poème.

ChantsdeMaldoror

Cette lecture-spectacle était proposée à Ivry-sur-Seine par la Biennale des Poètes en Val-de-Marne.

Posté par onarretetout à 07:42 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

02 février 2016

Poésie au Levant

MaramW©Philippe-Barnoud-200x300

L’Espace Beaujon proposait, en janvier, une soirée consacrée à la poésie des pays du Moyen-Orient. Il faudrait écrire aux poésies puisque nous avons eu un aperçu de la diversité des écritures avec, notamment, un récital à trois voix concocté par Saadi Younès Bahri, et se terminant par des extraits de Gilgamesh, la première épopée écrite du monde, au pays des deux fleuves, la Mésopotamie.

La projection d’un documentaire a suivi, La poétesse aux pieds nus, présentant Maram al Masri, et réalisé par Bernard Louargant. Le film a été réalisé sur plusieurs années et nous donne à voir comment Maram al Masri assume l’écriture et l’action. Elle le dit devant une classe : elle vit en poésie, elle ne pourrait s’en passer, c’est sa vie. Ecrire est pour elle un geste libérateur, mais aussi un geste d’engagement. Et le film le montre : on la voit, notamment, rencontrant longuement des femmes victimes de violences. Une écoute réciproque forte se manifeste lors de ces rencontres, qui donnera naissance à un livre publié en 2009, Les âmes aux pieds nus. Le film s’achève avant que se déclenche la guerre civile en Syrie. Les images qu’on y voit de Lattaquié (où est née Maram) ne montrent pas l’état de la ville aujourd’hui.

9782841097685

Après le film, Maram al Masri nous a présenté une des femmes du groupe que nous avions vu à l’écran, venue ici avec sa fille, et un Syrien, plusieurs mois emprisonné par le régime de Bachar al Assad et qui a appris la mort de son fils en sortant de prison. Ainsi, avec l’émotion qui nous était transmise, nous avons pu approcher de plus près l’engagement de la poétesse dans le monde, qui est aussi le nôtre.

Posté par onarretetout à 08:04 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

01 février 2016

Mes chaises de janvier

IMG_7173

Le 1er janvier de cette année, je vous proposais cette citation d'Alberto Giacometti :

Il n'y a plus que la réalité qui m'intéresse 
et je sais que je pourrais passer le restant de ma vie 
à copier une chaise.

C'est ainsi que je me suis engagé dans le projet de photographier tout au long de cette année des chaises.

Vous en avez vu quelques-unes à la fin de la première semaine de l'année.

J'ai commencé un album auquel vous avez accès dans la colonne de droite. Au cours du premier mois de l'année, j'ai placé dans cet album 253 chaises. Chaque mois, j'y mettrai les photos qui se seront ajoutées jusqu'à atteindre le nombre de 2000.

La photo ci-contre était collée sur un mur de l'Espace Beaujon à Paris.

Posté par onarretetout à 08:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

31 janvier 2016

Anthologie de poésie haïtienne contemporaine - janvier 2016

James Noël propose une anthologie de poésie haïtienne contemporaine, « un brassage de tempéraments passionnants qui rassemble quatre générations ouvertes et poreuses aux grands flux de l’histoire, de l’amour, du pays, du jeu, de la colère, du monde, du sexe, de l’exil, de la mer, de la joie »… Nous en ferons cette année notre rendez-vous mensuel, accompagné de documents extraits du n°3 de la revue Intranqu'illités (Maître d'oeuvre : James Noël - Direction artistique : Pascale Monnin, Barbara Cardone)

rdepestre
Fonds René Depestre - BFM de Limoges

L’État de poésie est commun à tous les hommes mais le jour où il doit, sous les insultes et les pierres, se retirer d’un peuple ou d’un individu, il laisse derrière lui des varechs ou cétacés en putréfaction, des ossements frais d’hippopotames, des langues mortes sous la hache d’un bourreau, des tonnes de serpents à hélices, des cadavres avancés de dangereuses étoiles, une fosse
à croquer les sinistrés de l’universelle vacherie.

René Depestre (in « En état de poésie » - éditeurs français réunis)

Posté par onarretetout à 07:59 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

30 janvier 2016

Aigre-doux

Voici une proposition de Jacques Jouet (lien Oulipo dans la colonne de droite) 

Unknown

" Soit un poème de Raymond Queneau « À l’heure où… » dans L’Instant fatal

A l'heure où dorment les imbéciles 
les oies du Capitole 
comme des libellules 
volent à tire d'ailes 
loin des vestales

pendant ce temps les Gaulois 
n'en ratent pas une

Cinq vers en rimes babébines : iles/ole/ules/aile/ales, suivis d’un distique :

pendant ce temps les Gaulois
n’en ratent pas une 

L’énoncé « les Gaulois » comprend les cinq voyelles. Les Gaulois ne ratent pas une voyelle.

Je relève dans Raymond Queneau Journaux 1914-1965, Gallimard 1996 : [au moment d’un un cocktail Gallimard] « Christiane Alanore et Moineau (qui n’en ratent pas un, de coquetèle). »

Moineau aussi n’en rate pas une. "

Partant de ce constat, Jacques Jouet propose :

Chercher des mots ou groupes comprenant les cinq voyelles une fois seulement (a, e, i, o, u), les placer associées à la même consonne (ou la même sonorité) en fin de cinq vers consécutifs et conclure par deux vers dont un mot contiendra les cinq voyelles.

Aux Récréations 2015 de Bourges, il propose aux stagiaires de son groupe d’explorer cette forme possible.

1280px-Bienenkoenigin_43a

Agnès Magne a composé : 

Jette l’abeille (photo Waugsberg)

Jette l’abeille hors de sa loge
mêle au miel l’ail vermifuge
offre un blanc d’œuf battu en neige
d’un jus de citron corrige
mange, tu gagneras de l’âge

consommer l’aigre-doux
prolonge 

Voici comment fut nommée cette contrainte : « aigre-doux »

Exemple proposé par Jacques Jouet :

Elle se moque
du conflit PC-Mac
des questions économiques
de passer des vacances aux Moluques
plutôt qu’à La Mecque 

narquoise
sur tous les tableaux.

Vous avez déjà cherché ici des mots contenant les cinq voyelles. Vous pouvez les retrouver facilement. Pour le reste, il y a beaucoup de possibilités.

Je vous offre cet autre exemple, que je viens de composer :

Quand j’ai passé le bac
on a voulu me clouer le bec
me demandant si un alambic
posé à côté d’un bock
avait pu servir à Bambuck

J’ai répondu : cet Inspecteur de l’Éducation
nationale a toujours combattu le dopage

C’est à vous main tenant. Posez vos aigres-doux dans les commentaires ci-dessous. Merci.

Posté par onarretetout à 07:58 - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,