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26 avril 2015

Le feuilleton de Thésée, de Murielle Szac - avril 2015

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Murielle Szac renouvelle la lecture de la mythologie grecque en la publiant sous forme de récits en cent épisodes. Récits qu’on a envie de lire à voix haute et qu’accompagnent des dessins de Rémi Saillard. C’est notre rendez-vous mensuel.

Sciron se plaisait à terroriser ses proies. Thésée le regarda droit dans les yeux et lui dit : « Donne-moi une seule raison pour que je te lave les pieds. » La réaction de Thésée surprit le vieux Sciron, qui bredouilla : « Mais… parce que je te l’ordonne ! » Sans se démonter, Thésée reprit : « Au nom de quoi, toi, un homme, me donnes-tu des ordres, à moi, un autre homme ? Ne suis-je pas ton égal ? »

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25 avril 2015

Aérer

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Au milieu des vacances pour la zone C, au début de celles de la zone B et presque à la fin de celles de la zone A, il est grandement temps de s'aérer ! Il y a une méthode oulipienne qui vous le permettra : Aérer un texte c'est mettre de l’R à tous les mots. On peut employer, cependant, les articles simples ou composés (la, le, les, à la, au, aux, de la, des, du) ou des petits mots de trois lettres maximum sans le R.

Exemple : Partez vers Noirmoutier ou en Martinique, les promenades réconforteront votre respiration. La mer sera proche, et vos lectures agrémenteront de charmantes soirées d'après randonnées.

C'est à vous main tenant. Inscrivez vos propositions en commentaires. Merci.

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24 avril 2015

Fête de la Librairie indépendante

Le jeu des dix mots, cette année, proposait des mots venus de langues étrangères. Le site où ce jeu était présenté précisait :

Cette thématique met en valeur la capacité de notre langue à accueillir et intégrer des mots venus d'ailleurs. Les échanges commerciaux, intellectuels, culturels, les migrations, sans oublier les médias et, désormais, les technologies numériques ont en effet mis le français au contact d'autres langues. Venus d'ailleurs, ils sont devenus d'ici. La richesse de ces échanges a donné à notre langue une grande partie de ses accents et de ses couleurs.  La capacité du français à se ressourcer est sans nul doute un signe de sa vitalité et une garantie pour son avenir.

Le 25 avril 2015 étant déclaré Fête de la Librairie indépendante, voici un texte qui joue avec des mots empruntés à la langue arabe et qui évoque des librairies.

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En ce temps-là, à Saint-Germain-des-Prés, Le Divan était une librairie. Devant l'église parfois un camelot debout sur un tabouret disait des poèmes dans une odeur de bougies et de jasmin. J'associais le divan, la fumée, le parfum et la poésie sans savoir que les mots eux-mêmes portaient cette association.Dehors des policiers avaient à la ceinture une matraque. J'entrais dans la boutique comme certains partent en safari. J'observais les lascars à bedaine en caban dont j'imaginais les lits à baldaquin et les matelas de billets de banque. Je croisais des filles en jupe ou en pantalon et je rêvais de soie ou de satin. Les cabas s'y emplissaient de livres et non d'oranges, sauf si elles étaient bleues. Je ne parvenais pas à chiffrer le nombre de rames de papier nécessaires au remplissage des étagères où j'aurais volontiers fait une razzia. Un jour, le hasard m'a fait y découvrir Les djinns, poème où Victor Hugo, strophe après strophe, augmente ses vers de deux jusqu'à dix syllabes et les diminue ensuite de la même façon. Je ne me souviens pas y avoir acheté quoi que ce soit. Pour ça, j'allais plus volontiers à La Hune, sur le boulevard. Le Divan est à présent dans le quinzième arrondissement et j'ai entendu dire que La Hune vient de fermer. Je n'irai plus boire sur la place un sirop de grenadine ou savourer de ces glaces dont le goût était relevé par un alcool fort. Mais je ne suis pas nostalgique. Je ne porte pas le passé comme un fardeau. Et je fréquente aujourd'hui une librairie par le truchement de laquelle d'autres djinns vont de nadir en zénith et dont parfois je sors avec un quintal de littérature en tête.

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23 avril 2015

Histoire de Judas, film de Rabah Ameur-Zaïmeche

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Première surprise : Jésus s’exprime en français. D’ailleurs, tous les protagonistes du film parlent en français. Ce ne sera donc pas un film américain, une grosse production avec des foules et des effets spéciaux. Ce ne sera pas non plus un film italien où la langue romaine, celle de l’église catholique, dominerait, bien que certains aspects vestimentaires me rappellent un film de Pasolini (L’évangile selon St Matthieu).

Même si le titre est Histoire de Judas, il s’agit bien d’une approche de la vie de Jésus, de la fin de sa vie, entre les quarante jours dans le désert et la crucifixion. Et, de manière étonnante, on ne voit pas les épreuves du désert ni la crucifixion. On va suivre un homme aimé des gens qu’il croise, en premier lieu des enfants, un homme qui ne fait rien comme les autres : il libère les poules et les colombes que les marchands du temple tiennent dans des cages, il ne juge pas la femme adultère, il lave les pieds des hommes qui le suivent dans la ville et dans la vie. Le film de Rabah Ameur-Zaïmeche a la simplicité de l’histoire qu’il raconte. Il nous montre un homme dont l’apparence n’est pas celle que l’église catholique et romaine a fabriquée, sans doute ici plus proche d’un Jésus né en Palestine. Il nous donne à voir un décor naturel où la ruine l’emporte partout, la ruine et la destruction, sans doute parce que les hommes ne savent pas aimer.

Le réalisateur utilise pour son récit diverses sources dont, entre autres, Le Maître et Marguerite, de Boulgakov, où un scribe veut tuer Judas, où Pilate souffre de maux de tête… Il change Barabbas, présenté comme un brigand dans les évangiles, en Karabas, un fou sans doute inoffensif se prétendant roi des Juifs. De récit en récit, souvent écrits bien après les faits qu’ils sont censés raconter, les évangiles se sont sans doute éloignés de la vérité historique. Le réalisateur peut donc, lui aussi, raconter sa version.

Endossant le personnage de Judas, il réhabilite un homme qui a suivi Jésus, et dont certainement les Romains n’avaient pas besoin pour arrêter ce dernier. Alors quelle mission Jésus donne-t-il à Judas quand il lui dit : « Ce que tu as à faire, fais-le vite. » Nul ne le sait. Rabah Ameur-Zaïmeche montre Judas détruisant les écrits d’un scribe, une sorte de journaliste, reproduisant les paroles de Jésus et rapportant ses actes. C’est, pour lui, inacceptable : il faut privilégier l’amour des autres, la liberté, et non enfermer la vie de Jésus dans un texte figé. La mission de Judas, dans tout le film, est de protéger Jésus, et c’est peut-être parce qu’il ne peut être présent que les Romains pourront organiser la crucifixion. Et ce sont les Romains, colonisateurs, qui portent l’entière responsabilité de ce supplice : Ponce Pilate en décide ainsi, ce qui lui arrachera néanmoins des larmes, à défaut de s’en laver les mains.

D’autres larmes sont versées dans ce film : Bethsabée, d’abord, qui s’attend à une lapidation, Jésus lui-même après que les accusateurs de la femme adultère soient partis l’un après l’autre, un soldat romain chargé d’exécuter les ordres et Ponce Pilate. La crainte, la désolation devant l’hypocrisie des prêtres, la soumission aux ordres injustes, et peut-être la honte. Le « flot d’amour » des paroles de Jésus, c’est ce qui compte le plus, son sourire. C’est pourquoi Karabas fait tomber les croix quand les corps n’y sont plus : il ne faudrait pas qu’on ait l’idée d’en faire un symbole ! Rabah Ameur-Zaïmeche veut parler d'un homme vivant.

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22 avril 2015

Au Parc de Choisy, à Paris

Je n'y étais jamais entré. C'était un dimanche. Il y avait du monde, et, dans les espaces réservés aux jeux de ballons, beaucoup de tireurs pour un seul gardien... Je m'y suis assis pour lire un peu, puis j'ai repris ma marche dans la rue de Tolbiac.

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Cliquer sur les photos pour les agrandir.

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21 avril 2015

Une seule chose à dire

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Rendez-vous était donné autour des Olympiades, dans le 13e arrondissement parisien. Ktha Compagnie accueillait les passagers sortant du métro avec un document ressemblant aux annonces des médiums et autres voyants. Tous ne prenaient pas ce petit bout de papier, mais celles et ceux qui le prenaient semblaient intrigués. 

S'ils levaient les yeux, c'est sur les vitres de la Bibliothèque Marguerite Durand qu'ils lisaient cette invitation : « ... et si tu n'avais qu'une seule chose à ( me ) dire ? ». Et le long de la rue de Tolbiac, sur des tracts roses ou des affiches, des pochoirs sur le trottoir, plusieurs fois répétée, la même invitation. Parfois entre les parenthèses, c'était « me », parfois « te », parfois c'était vide, disponible pour diverses propositions.

Une seule chose, alors que la rue nous sollicite sans cesse, et l'invitation de la Ktha Compagnie côtoyait ce jour-là des revendications diverses et des publicités. Une seule chose qu'on oublierait peut-être une fois rentré chez soi, ou au contraire qui nous obsèderait plusieurs jours, jusqu'à ce qu'on réponde à l'invitation ou qu'on décide de ne pas le faire.

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 Vous pouvez envoyer une phrase à l'adresse suivante : uneseulechose@ktha.org

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20 avril 2015

Perrine Le Querrec à la Rencontre poétique chez Tiasci-Paalam en avril 2015

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Quand elle commence sa lecture, les mots tombent et font le silence autour d’eux. Perrine Le Querrec donne sa voix à une qui n’a pas pu élever la sienne. Elle dit qu’elle était près d’elle, près de celle qui ne disait rien, qui ne le pouvait pas. Deux phrases encadrent chaque page, l’une qui engage le corps entier dans le récit, l’autre qui en dit l’épuisement. Le prénom a été modifié, mais l’auteure veut que le livre reconnaisse son humanité à cette femme, violée à l’âge de quinze ans et pendant six mois.

C’est cette humanité que Perrine Le Querrec veut faire entendre également dans un autre ouvrage, Le Plancher, dont elle lit, ce soir-là, le dernier chapitre. On ne sait de Jeannot et de sa soeur Paule que peu de choses au fond. Ce sont des reclus. Le récit de leurs vies a sans doute déjà été abordé, mais le texte de Perrine Le Querrec fait ressentir à quel point les corps sont engagés dans leurs souffrances. Ainsi de cette activité physique de Jeannot au contact du plancher sous lequel il a enterré sa mère et sur lequel il grave un texte où il affirme : « Nous tous sommes innocents ». Et c’est à Paule que l’auteure donne les derniers mots. Parce qu’elle est la survivante, l’abandonnée.

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En poursuivant la discussion avec Perrine Le Querrec, en continuant la lecture, on perçoit chez elle ce désir de se laisser envahir par les histoires des « éprouvées », des « réprouvées », et d’en libérer la parole. Il s’agit moins de témoignage que de chercher au fond d’elle-même ce qui est indicible, un enfer, et de l’exposer au regard commun, d’y risquer « un plan d’évasion ».

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19 avril 2015

Au bord de l'Yerres, à Boussy-Saint-Antoine (91)

Quelques pas dans le bois et la rivière est là.

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18 avril 2015

Le 18 avril, sur le calendrier, c'est la fête des Parfait

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Wikipédia propose ces homonymes :

Parfait est un adjectif ou un nom commun qui peut désigner :


Adjectif

• une qualité de perfection, en quoi il n'y a rien à reprendre, proche de la complétude et/ou de l'irréprochable.

• un nombre parfait, c’est un nombre égal à la somme de ses diviseurs propres.

• un ensemble parfait, en topologie, est un ensemble fermé sans point isolé.


Nom commun

• dans la religion cathare, un « parfait » était un fidèle qui avait satisfait à toutes les exigences de la religion

• le parfait est un temps et un aspect en linguistique et grammaire.

• le parfait est une pâte à tartiner suisse, salée.

• le parfait est un fromage.

• le parfait est un dessert glacé.


Mais, si vous avez un dictionnaire sous la main, vous y trouverez des expressions, des significations parfois passées de mode, ou d’autres encore bien d’actualité. Je vous suggère d’écrire un texte dans lequel vous rassemblerez plusieurs éléments (définitions, exemples, expressions…) trouvés dans le dictionnaire. Il ne s’agit pas de faire une énumération mais bien d’écrire un texte avec les éléments du dictionnaire. Vous pouvez aussi chercher des citations et les assembler de sorte que vous formiez un nouveau texte.

Exemple : Etait-il vraiment parfait pour son rôle sous le sourire qu’il affichait ? Il faut bien reconnaître qu’il n’était pas un parfait gentleman et même on irait jusqu’à dire que c’était un parfait coquin. Si nul n’est parfait, lui c’était un parfait menteur avec lequel il était sans doute impossible de filer le parfait amour. On aurait voulu y croire mais avec lui il était impossible de trouver l’accord parfait au point qu’à la fin c’était plutôt le désaccord parfait.

C'est à vous main tenant. Postez vos textes dans les commentaires ci-dessous. Parfaitement. Merci.

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17 avril 2015

Le sang des hommes, de Luc Bérimont

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C’était pour moi surtout un nom. Je n’avais pas lu ses poèmes, j’avais peut-être sans le savoir entendu certains de ses textes chantés. C’est grâce au cadeau qui m’a été fait de l’anthologie publiée par Bruno Doucey que j’ai pu découvrir ce poète qui aurait 100 ans cette année. Les rimes des premiers poèmes ne m’ont guère séduit, je l’avoue, et je me suis dit qu’elles étaient d’un temps révolu. Mais Luc Bérimont n’en est pas resté à cette forme. Certes, on reconnaît souvent une métrique proche de la chanson, mais il y a aussi des textes très courts, d’autres qui s'étendent sur plusieurs pages, jusqu’à ce texte intitulé « Américaines » dont on sort avec l’impression que les vers ne sont pas assez longs pour dire le gigantisme des villes d’outre Atlantique. Mais plus souvent, c’est la nature qui est là, une vie simple « de corvée en corvée », et puis l’amour, la femme, chaque fois unique, « la femme arable et la terre humble ». La lecture de ce livre nous fait rencontrer un homme, de ses 25 ans jusqu’aux jours de décembre 1983 qui ont précédé de peu sa mort. Quand on ferme le livre, on se dit qu’un homme est passé par là, un homme que sa vie a quitté, un homme qui le savait et écrivait : « Un jour, tu partiras sans moi, en laissant notre lit défait ».

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