main tenant

02 septembre 2015

La Rivière, sculpture de Maillol

Un matin du mois d'août, les jets d'eau arrosaient les haies et pelouses du Jardin du Carrousel des Tuileries, là où sont les sculptures de Maillol, et parmi celles-ci La Rivière, près de laquelle corbeaux et pigeons se disputaient le petit déjeuner...

DSCN1290

DSCN1292

DSCN1293

DSCN1294

Cliquer sur les photos pour les agrandir.

Posté par onarretetout à 08:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


01 septembre 2015

Origami, de Satchie Noro et Sylvain Ohl

DSCN1238

Un container posé en biais au bord de la Seine, au petit matin. Fluidité du fleuve, aspect massif du parallélépipède rectangle. Nuances des ondes, blancheur de la tôle ondulée. Quand le container s’ouvrira, il révèlera son contenu : une femme dont le mouvement silencieux fera le contrepoids à celui, grinçant, des câbles. Le titre conduit nos pensées à l’art du pliage mais, si je l’oublie, c’est celui de l’équilibre qui me vient à l’esprit : mouvement entre intérieur et extérieur, cacher et révéler, fragilité et force, pesanteur et légèreté. Sur le site Internet de Lucien Suel (suivre le lien dans la colonne de droite), je venais de lire cette proposition de Mimosa

chaque homme est un triangle

les bras les jambes le monde

qui l’entoure et qui remplit

l’intérieur de sa peau ronde

Et ces mots résonnaient en ma tête devant ce jeu de Satchie Noro et Sylvain Ohl. Et le triangle où s’était inscrite la danseuse a fini par accueillir le soleil tout juste levé.

DSCN1239 DSCN1242 DSCN1252

DSCN1253 

Cliquer sur les photos pour les agrandir ou aboutir à un diaporama.

J'ai vu ce spectacle dans le cadre du Festival Paris Quartier d'Été.

Posté par onarretetout à 08:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

31 août 2015

L'Aleph, de Jorge Luis Borges

Borges-L-Aleph

C’est La Disparition, proposition de déambulation du Begat Theater, qui m’a mis sur la piste de L’Aleph. En particulier, parmi les nouvelles qui composent le livre, celle qui s’intitule Abenhacan El Bokhara mort dans son labyrinthe, sorte de nouvelle policière enchâssant les récits dans les récits au point qu’il faudrait toujours se demander qui parle ou bien simplement se laisser porter par les mots de l’un ou de l’autre. La référence à un conte des Mille et Une nuits (donné par Borges à la suite de cette nouvelle) redéfinit le labyrinthe : sans escalier, sans porte et sans mur…

Bien sûr, puisqu’il est question de labyrinthe (comme toujours chez Borges), nous allons rencontrer le Minotaure, ici nommé Astérion, dont « la demeure est à l’échelle du monde », et qui attend son « rédempteur ».

Je ne citerai pas toutes les nouvelles de ce livre (bien qu’elle ne soient pas très nombreuses) mais, outre celles que je viens d’évoquer, L’Immortel mettant nos pas dans ceux d’Homère et L’Aleph démontrant que chaque élément du monde contient le monde : « Dire "le tigre", c'est dire les tigres qui l'engendrèrent, les cerfs et les tortues qu'il dévora, l'herbe dont se nourrissent les cerfs, la terre qui fut la mère de l'herbe, le ciel qui donna le jour à la terre. »

Il y a une grande jubilation à lire ces nouvelles de Borges et à se perdre dans leurs labyrinthes. « Les faits étaient vrais ou pouvaient l’être, mais, racontés comme tu l’as fait, ils constituaient, de façon évidente, autant de mensonges. »

Posté par onarretetout à 08:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

30 août 2015

Cat-A-Strophe, en concert début août à Charlie, Paris 12e

IMG_6632

Si vous demandez à Brad Brose, venu des États Unis, pourquoi il joue du jazz manouche, il vous répondra qu’il joue de la guitare, qu’il joue du jazz et que le plus grand guitariste de jazz est pour lui Django Reinhardt. Il ajoutera peut-être que s’il jouait de la trompette, il préfèrerait Louis Armstrong… Mais c’est la guitare. Et la guitare acoustique. C’est avec cet instrument qu’il entre en dialogue, des sonorités assez douces qui peuvent s’accorder à d’autres instruments sans perdre leur capacité d'expression propre. C’est ainsi qu’on arrive à cet ensemble de cordes, composé d’une ou deux guitares et d’un violon, qui est considéré comme la base du jazz manouche, une musique qui peut aisément se déplacer grâce à la légèreté des instruments, et s’installer où bon lui semble. L’accord nait entre cordes pincées et cordes frottées, mesures tenues et mesures suspendues. Et son intérêt pour Django Reinhardt l’encourage à ne pas répéter mécaniquement les airs connus, mais, en s’appuyant sur l’histoire de l’instrument et de cette musique, à improviser et composer ses propres mélodies. C’était d’ailleurs essentiellement les compostions de Brad Brose qui étaient interprétées ce soir-là à Charlie, bar du 12e arrondissement parisien, par le trio Cat-a-Strophe, joli jeu de mot associant le joueur de jazz et une poésie que chaque auditeur peut se composer à l’écoute de ces airs. C’étaient des rythmes assez joyeux, comme les battements du coeur, parfois teintés de douceur, et, sans instruments à vent, laissant entendre ici un éclat, là un soupir. La complicité indispensable entre les trois musiciens, Brad Brose (guitare), Baiju Bhatt (violon) et Arsène Charry (guitare) se traduit par les sourires qu’ils échangent en jouant, par l’attention portée à chacun, le plaisir d’être ensemble et de partager la musique également avec les yeux. Le set s’est terminé sur un air qui ne m’a pas lâché dans le soir des rues estivales de Paris.

Pour écouter un enregistrement, cliquer sur la photo.

 

Posté par onarretetout à 08:02 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

29 août 2015

Il suffit d'écrire

Dans une nouvelle de Jorge Luis Borges, l’auteur « examinait la possibilité d’un langage (…) de verbes impersonnels ».

 

Sur le site Internet « Le français facile », on peut lire :

Qu’est-ce qu'un verbe impersonnel ?

                           Il a neigé toute la nuit.

Les verbes impersonnels ne s'emploient qu'avec la troisième personne du singulier : IL.
On appelle IL 'sujet apparent' car celui-ci ne désigne rien (ni chose, ni être humain). Il est impossible de remplacer IL par un nom.

Prenez l'exemple donné un peu plus haut et essayez de remplacer IL par un nom ou un prénom, vous constaterez que la phrase n'a plus aucun sens.
                          exemple : il pleut.  ==> Qui pleut ? Personne.

Certains verbes se conjuguent toujours à la forme impersonnelle, ils servent à décrire des phénomènes météorologiques (exemples : pleuvoir, neiger, tonner, grêler...)

Cependant, beaucoup de verbes peuvent se construire impersonnellement (exemples : falloir, sembler, arriver, convenir, rester...)

                         Il arrive qu'elle se mette en colère.

 

s759795277510409312_p297_i1_w1238 (1)

Aujourd’hui, nous allons donner forme à la possibilité évoquée par Borges : n’écrire que des phrases avec des verbes impersonnels. 

Exemple extrait d’une chanson de Brigitte Fontaine (Tout le monde se rappelle peut-être de quoi il s’agit - c’est le titre de la chanson -) : 
« Quand il est trop tard, il ne faut plus s'en faire. » 

Autre chanson de Brigitte Fontaine (Comme à la radio), autre exemple :
« il y a des incendies qui s'allument dans certains endroits parce qu'il fait trop froid. »

Encore une autre, de la même (Il pleut - c'est le titre -), où on a l'embarras du choix, mais dont je retiens cet exemple : « il tonne / c’est tout ce qu'il sait faire »

C’est à vous main tenant. Postez vos verbes impersonnels dans les commentaires ci-dessous. Merci.

Posté par onarretetout à 07:42 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,



28 août 2015

Söndörgö en concert

DSCN1171

Ils viennent de Hongrie et font entendre une musique vive comme une eau qui se jetterait sur des cailloux et en ferait jaillir mille éclats. Leurs sourires disent leur complicité : ils sont trois frères, un cousin et un ami. Nous intriguent leurs instruments, d’abord les cordes, tambura - petits luths à long manche - (alto, bratsch ou même cello), dans un ensemble où viennent naturellement des guitares, une contrebasse, et puis les flûtes (flûte de berger, kaval et hulushi), une clarinette, une trompette, un saxophone, un accordéon, des percussions (derbuka, tapan). Sous la domination effrénée des cordes, le concert ne tardera pas à donner envie de danser aux plus intrépides, bien que l’ensemble du public ait choisi de rassembler en ce Carré du sanglier des Tuileries toutes les chaises qu’on ait pu récupérer ici et là. Mais c’est bien debout et tapant dans les mains que plusieurs centaines de personnes ont acclamé Söndörgö, un nom qui, s’il ne veut rien dire, exprime d’une certaine façon la joie d’être ensemble par-delà les frontières.

J'ai assisté à ce concert dans le cadre de Paris Quartier d'Été.

Posté par onarretetout à 07:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

27 août 2015

Le feuilleton de Thésée, de Murielle Szac - août 2015

theseeremisaillard

Murielle Szac renouvelle la lecture de la mythologie grecque en la publiant sous forme de récits en cent épisodes. Récits qu’on a envie de lire à voix haute et qu’accompagnent des dessins de Rémi Saillard. C’est notre rendez-vous mensuel.

Dans sa robe blanche maculée de terre, Antigone était sublime. Un sourire flottait sur son visage. Ses lèvres murmuraient des paroles inaudibles. « Antigone, parle-nous ! », hurla quelqu’un dans la foule. Elle tourna la tête et cria : « J’ai fait ce que je devais faire. Debout ! Restez toujours debout ! Résistez ! »

Posté par onarretetout à 08:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

26 août 2015

Parc des Hautes Bruyères, à Villejuif (94)

DSCN1189

Le Parc des Hautes Bruyères donne l’impression de traverser le temps. Des activités humaines s’y sont succédé depuis le paléolithique (et un espace d’aventures archéologiques le rappelle), mais c’est une carrière plus récente qui a été transformée en parc paysager. De là vient ce jardin du silence, excavation d’une quinzaine de mètres au fond de laquelle les bruits de la ville ne parviennent pas. Des jardins familiaux longent un promontoire qui semble être le point culminant du Val-de-Marne. Avant de sortir, passer quelques minutes le long d’un canal, en bordure de la Résidence Sonia Delaunay, même s’il pleut un peu…

DSCN1179

 

 

 

 

 

 

 

 

DSCN1180 DSCN1183 DSCN1185

DSCN1199 DSCN1200 DSCN1203

DSCN1210

Posté par onarretetout à 08:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

25 août 2015

Instants donnés, de Pol Bury, à la Fondation Electra, à Paris

bury2

De Pol Bury, chaque jour ou presque à la fin des années 90, je voyais cette oeuvre, « Deux cônes pour deux sphères » (photo SAN du Val Maubuée), devant le Lycée René Cassin de Noisiel (77), mais il n’y avait pas de mouvement, sinon celui suggéré par le déséquilibre apparent. Puis, bien sûr, la fontaine du Palais Royal à Paris, au mouvement très aléatoire, voire interrompu lui aussi.

Dans cette exposition de la Fondation Electra, tout bouge et craque et tourne et vibre, s’ouvre et se ferme, se multiplie, se déforme. Les moteurs sont cachés mais c’est le bois et le métal qui se choquent et modifient sans cesse l’image devant nos yeux.

IMG_6592 IMG_6593 IMG_6594

IMG_6599 IMG_6600

1
Cliquer sur les photos pour les agrandir ou voir une courte vidéo.

Posté par onarretetout à 07:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

24 août 2015

Deux poèmes de Langston Hughes (1902-1967)

langstonhughespoetejazzpoeteblues

The Negro speaks of rivers

I've known rivers
I've known rivers ancient as the world and older than the flow
     of human blood in human veins.

My soul has grown deep like the rivers.

I bathed in the Euphrates when dawns were young.
I built my hut near the Congo and it lulled me to sleep.
I looked upon the Nile and raised the pyramids above it.
I heard the singing of the Mississippi when Abe Lincoln went down to New Orleans,
     and I've seen its muddy bosom turn all golden in the sunset.
I've known rivers
Ancient, dusky rivers.

My soul has grown deep like the rivers.

 

Le Nègre parle des fleuves

J'ai connu des fleuves
J'ai connu des fleuves anciens comme le monde et plus vieux que le flux
     du sang humain dans les veines humaines.

Mon âme est devenue aussi profonde que les fleuves.

Je me suis baigné dans l'Euphrate quand les aubes étaient neuves.
J'ai bâti ma hutte près du Congo et il a bercé mon sommeil.
J'ai contemplé le Nil et au-dessus j'ai construit les pyramides
J'ai entendu le chant du Mississippi quand Abe Lincoln descendit à la Nouvelle-Orléans,
     et j'ai vu ses nappes boueuses transfigurées en or au soleil couchant.
J'ai connu des fleuves:
Fleuves anciens et ténébreux. 

Mon âme est devenue aussi profonde que les fleuves.

 

I, TOO

I, too, sing America.

I am the darker brother.
They send me to eat in the kitchen
When company comes,
But I laugh,
And eat well,
And grow strong.

Tomorrow,
I'll be at the table
When company comes.
Nobody'll dare say to me,
"Eat in the kitchen",
Then.

Besides,
They'll see how beautiful I am
And be ashamed —

I, too, am America.

  

MOI AUSSI

Moi, aussi, je chante l'Amérique.

Je suis le frère à la peau sombre.
Ils m'envoient manger à la cuisine
Quand vient du monde.
Mais je ris,
Et je mange bien,
Et je prends des forces. 

Demain,
Je serai à la table
Quand viendra du monde.
Personne,
Alors,
N'osera me dire
"Va manger à la cuisine".

De plus,
Ils verront comme je suis beau
Et ils auront honte — 

Moi, aussi, je suis l'Amérique. 

Posté par onarretetout à 07:51 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,