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20 août 2019

Bords de Marne, lendemain d'une pluie d'été

Un dimanche, en août.

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19 août 2019

Ceux qui partent, de Jeanne Benameur

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Début du XXe siècle, des Européens émigrent en Amérique, parfois poussés par la misère, la violence, parfois par volonté de changer de vie. Ils sont débarqués sur Ellis Island. Il y a un homme de théâtre italien et sa fille, peintre, une Arménienne qui a perdu tous les siens dans le massacre de son village, un groupe de bohémiens qui partira peut-être pour l’Argentine, et d’autres encore. Un jeune photographe américain, d’origine islandaise, les découvre à leur arrivée. Formalités interminables, humiliantes, et la nuit vient. C’est la dernière nuit et la première. D’émigrants, ils deviendront Américains. Nuit de révélation : des langues parlées, des corps qui se rencontrent, se trouvent, des peurs et des désirs. Et les couleurs naissent de ces rencontres : rouge, gris, blanc, bleu. C’est un jour nouveau, une vie nouvelle, un siècle à ses débuts quand tout semblait possible. Un roman sensuel, vibrant et lumineux.

D'autres livres de Jeanne Benameur dans ce blog.

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18 août 2019

Apulée n°2 - août 2019

Cette revue annuelle de littérature et de réflexion initiée par Hubert Haddad s’engage à parler du monde d’une manière décentrée, nomade, investigatrice, loin d’un point de vue étroitement hexagonal, avec pour premier espace d’enjeu l’Afrique et la Méditerranée.

C’est autour du nom prestigieux d’Apulée – auteur berbère d’expression latine qui, avec l’Âne d’or ou les Métamorphoses, ouvrit au IIe siècle une extraordinaire brèche de liberté aux littératures de l’imaginaire – que se retrouvent ici écrivains et artistes venus d’horizons divers. Romanciers, nouvellistes, plasticiens, penseurs et poètes des cinq continents ont la part belle pour dire et illustrer cette idée de la liberté, dans l’interdépendance et l’intrication vitale des cultures.

C’est avec le numéro 2 de cette revue, paru en 2017, que nous aurons, cette année, notre rendez-vous mensuel. 

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Jeanne Benameur

Imaginaire émotion pensée (dernier paragraphe)

(…)
Celui qui écrit se tient sur une crête périlleuse de solitude et d’empathie à la fois, incarné et mettant en jeu, parfois à grand péril, cette incarnation qui mène à la pensée. Celui qui lit accepte de s’embarquer dans l’aventure. Car bien sûr la pensée ainsi conçue est une aventure. Périlleuse aussi. Dont on ne sort pas indemne. Nous aurons pris du temps de notre vie mortelle pour aller, ensemble et sans rien laisser de nous au vestiaire, engagés corps et âme, véritablement, au plus profond de l’aventure de notre pensée. Et nous ne sommes pas ignorants du rôle essentiel qu’y jouent l’imaginaire et l’émotion qu’il suscite. Nous avons engagé notre capacité visionnaire dans l’aventure. Cet engagement, ce choix du temps passé à cela, c’est notre liberté d’être humain. Nous savons à quel point la liberté humaine est limitée. Dès la naissance nous sommes déjà déterminés par le lieu où nous sommes nés, le climat, la langue maternelle et tant d’autres paramètres de nos vies singulières. Mais le choix de notre temps passé à imaginer, s’émouvoir et penser, c’est notre liberté. Et nous pouvons la cultiver et l’agrandir au cours de notre vie. Nous pouvons ne pas nous laisser bercer par les vendeurs d’idées vite faites, réactions toujours à chaud d’un monde brûlant. Nous avons en nous cette puissance humaine de la pensée qui s’origine au plus profond de notre être, dans cet intime inviolable et c’est ainsi que nous pouvons  garder et approfondir cette humanité qui nous lie.
Si l’imaginaire ne sert pas à « changer le monde », il sert à changer notre rapport au monde. Son rôle est impalpable et intime. Ses effets ne sont ni visibles immédiatement ni spectaculaires. Mais il nous permet de nous mettre en mouvement jusqu’à la pensée. Et c’est immense.

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17 août 2019

Un j-eu, des j-eux

Je ne sais plus dans quel chapitre l’ont vu mes yeux.
C’était vers le début.
Juste quand je commençais à entrer dans le jeu.
Après, bien sûr, j’en ai remarqué d’autres. 
« J » débutait la phrase qui se terminait par « eu » ou « eux ».

J’en ai retenu l’idée pour vous la proposer un samedi et ce samedi est arrivé. Vous avez compris que j’ai repéré ce procédé dans La horde du contrevent, d’Alain Damasio. Même si son écriture s’appuie parfois sur ce genre de contraintes, elle est aussi riche par la construction propre de l’histoire et par l’avancée vers la neuvième forme du vent. Mais revenons à notre jeu du samedi.

Je vous invite à écrire d’abord plusieurs phrases dont la première lettre sera un « J » et les dernières, à la fin d’un mot, seront « eu » ou « eux ». Une fois ces phrases écrites, gardez-en trois ; vous choisirez l’ordre dans lequel vous les présenterez. Puis vous intercalerez une phrase pour relier les deux premières et une autre pour relier les deux dernières ; ces deux phrases intercalées n’ont pas d’autre règle que de faire le lien.

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Exemple :
Trois phrases commençant par « J » et finissant par « eu » ou « eux »
Jamais je ne passerai aux aveux.
Journal ou pas, regarder la télé n’entrait pas dans mes voeux.
J’aurais préféré rester devant un bon feu.

Réorganiser les trois phrases (vous avez peut-être déjà une idée de ce que vous voulez écrire)
1. Journal ou pas, regarder la télé n’entrait pas dans mes voeux.
2. Jamais je ne passerai aux aveux.
3. J’aurais préféré rester devant un bon feu.

Intercaler des phrases de liaison (sans la règle du « J » et  du « eu »)
1. Journal ou pas, regarder la télé n’entrait pas dans mes voeux.
+ Pourtant, l’inspecteur voulait que je regarde le reportage.
2. Jamais je ne passerai aux aveux.
+ Il n’aurait pas fallu que je sorte ce soir-là.
3. J’aurais préféré rester devant un bon feu.

Dans les commentaires il suffit alors de poster :
Journal ou pas, regarder la télé n’entrait pas dans mes voeux.
Pourtant, l’inspecteur voulait que je regarde le reportage.
Jamais je ne passerai aux aveux.
Il n’aurait pas fallu que je sorte ce soir-là.
J’aurais préféré rester devant un bon feu.

C’est à vous main tenant. Postez votre récit en cinq phrases dans les commentaires ci-dessous. Merci.

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16 août 2019

Nous les arbres, exposition à la Fondation Cartier pour l'art contemporain

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Nous inclut le je, c’est un « je dilaté », dit Marielle Macé.

Les : cet article, suivi du mot arbres, désigne toutes les sortes d’arbres sans distinction.

Arbres : je n’ose pas une définition tant ce mot caractérise d’espèces.

Nous les arbres, c’est donc une exposition exigeante puisqu’elle me sort du cadre où j’ai l’habitude de me situer, elle m’oblige à l’ouverture, à la reconnaissance de l’autre comme partie intégrante de mon « je ». 

Les forêts des artistes yanomami (Amazonie brésilienne), nivaclé et guarani (Paraguay) montrent les interactions entre vivants, pas seulement dans l’utilisation que font les humains de ce qui n’est pas humain, mais aussi dans les échanges, aujourd’hui menacés par la déforestation. La disparition des langues en est une des conséquences, que montre une installation vidéo au sous-sol.

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Fabrice Hyber emprunte le point-de-vue de l’arbre ; Raymond Depardon et Claudine Nougaret donnent la parole à celles et ceux qui les côtoient, chacune et chacun, décrivant sa relation à tel ou tel arbre, parle également de soi-même.

Et que disent les arbres ? Saura-t-on comprendre leur vie et leur sensibilité ? C’est ce qu’essaie de faire Stefano Mancuso avec Symbiosa qui mesure et exprime en cernes actualisés à chaque seconde la croissance de deux arbres du jardin de la Fondation Cartier et leurs relations avec l’environnement.

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On sort de cette exposition avec plus de questions que de réponses.

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Je reviens au livre de Marielle Macé, Nos cabanes, où elle cite Jean-Baptiste Vidalou : « être forêt ». Dans sa conclusion, elle écrit : « Il ne s’agit pas seulement de prendre la nature en respect, de voir dans la forêt une réserve précieuse de la biosphère, mais d’y reconnaître "un certain alliage, une certaine composition tout à fait singulière, de liens, d’êtres vivants, de magie"(…) où il serait enfin possible de respirer. »

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15 août 2019

Grandeur nature

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« On ne voit pas réellement les gens grandeur nature. » (Alberto Giacometti - entretien avec Pierre Dumayet)

La nature, celle qu’on aperçoit depuis le premier étage de la Fondation Giacometti. Celle qu’on voit à quelques pas de là, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain. 

Michèle Kieffer écrit, à propos des Grandes femmes : « ces figures immobiles et élancées comme des arbres ».

Les arbres, près desquels Fabrice Hyber, dans l’exposition de la Fondation Cartier, dessine une forme qui me fait penser à celle dessinée par Alberto Giacometti, dans un carnet présenté à la Fondation qui porte son nom.

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14 août 2019

La horde du contrevent, d'Alain Damasio

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Quand j’en étais au dernier chapitre, le tonnerre roulait au loin. J’avais commencé dans l’effort, dans le « furvent », sans me rendre compte que, page après page, j’entrais dans la horde (avec ou sans majuscule). Je n’y étais rien que celui qui accompagne, qui peut-être irait jusqu’au bout. C’est alors que je découvris que la pagination partait de 700 et s’inscrivait à rebours. Ce fut la première partie de l’expérience : on ne lit pas de la même façon quand on va vers zéro, parce que c’était ainsi annoncé. J’ai très vite abandonné les villages des « abrités ». Les membres de la horde, sélectionnés depuis l’enfance, étaient engagés dans le contre. Une équipe ? C’était autre chose : une entité faite de plusieurs (je sortais du spectacle des Fugaces, Vivants, où chaque spectateur, chaque spectatrice était partie prenante du personnage qu’il-elle suivait, et Alain Damasio semblait aimer les mots commençant par « f »). Une entité plus qu’un groupe avec leader. Des « vifs ». 

Chaque fonction — du croc jusqu’au traceur — est indispensable à la vie de la horde dont la mission est d’aller à pied vérifier l’origine du vent et ses neuf formes. Traverser des paysages hostiles, rencontrer des Fréoles, lutter contre les Poursuiveurs. Aller à l’origine, à « l’Extrême-Amont », est-ce aller au point zéro ? Ou bien à l’oméga, signe que chaque membre de la horde a tatoué sur l’épaule, lettre qui désigne Golgoth, le neuvième du nom, traceur. Peu à peu, je me suis dit que peut-être le point zéro et l’oméga n’étaient qu’un seul et même lieu, soit celui de l’éternel retour soit nulle part. Un peu comme l’aventure spatiale qui vise à nous donner des informations sur le big bang en y allant et pas seulement en le photographiant. En allant, dans le futur, vers le passé. Mais c’était oublier les épreuves à venir. Épreuves physiques, confrontation à la mort, celle des autres et la sienne propre, capacités extraordinaires des mots (le duel oulipien du chapitre XII étant lui-même outrepassé par la nature du troubadour, Caracole), puissance des livres dans la tour d’AEr à Alticcio (une ville qui trouverait sa place dans Les villes invisibles d’Italo Calvino), glyphes porteurs d’annonces ou de menaces, écriture même du vent que maîtrise le scribe… 

Après Alticcio, où domine l’organisation sociale (les « Tourangeaux » en haut, les « racleurs » en bas), on retrouvera les parents (« mais le vert paradis des amours enfantines / l’innocent paradis plein de plaisirs furtifs, / est-il déjà plus loin que l’Inde et que la Chine ? », écrivait Baudelaire), et puis c’est comme dans un conte, comme on voit un foetus à la fin du film 2001 Odyssée de l’espace… Mais il faudra encore traverser toute la mort, et ça n’est pas de tout repos ! 

La lecture de ce livre, plus qu’une lecture, c’est une expérience, une lexture.

Oroshi, l'aéromaîtresse, y déclare : « Je ne crois rien. J'apprends. »

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13 août 2019

Tractatus solitarius - Le retour du Loup des steppes -, de Pierre Cendors

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Simultanément à Silens Moon, Pierre Cendors a publié Tractatus Solitarius, un livre fait de notes où il évoque son lien avec Le loup des steppes, ouvrage de Hermann Hesse, « une parole en venance des hautes solitudes intérieures ». C’est un carnet (incarné ?), attrapé en toute hâte quand il oublie « d’emporter de quoi lire » en voyage. Cela n’empêche pas les citations qu’il intègre ici comme dans ses autres oeuvres. Le voyage se fait sur « l’Absoluble ». Il n’y a pas de destination. Il n’y a que l’errance, qui mène nulle part, « souterraine et solitaire ». Elle passe par « l’outre-chemin » où « il n’y a pas de début, pas de fin ».

Chacun des sept chapitres est introduit par un dessin de Christine Sefolosha.

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12 août 2019

Alberto Giacometti / Histoire de corps

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Ce sont des figures. Giacometti ne les désignait pas autrement. Parfois des déesses. Pas des nus. Comment représenter les corps ? Surtout les corps féminins. Il aura passé sa vie à essayer, essayer encore, à en oublier le nom de ses modèles. Il dit qu’il ne les reconnaît plus après des séances de pose. Mais sans doute, ce qu’il cherche, ce n’est pas le détail qui lui permettra d’identifier celle-ci ou celle-là ; c’est la nature même du corps, dessiné ou modelé ou sculpté. Cette nature du corps entouré de vide, oppressé par le vide qui l’entoure. Il a dessiné selon des oeuvres qui l’ont précédé, puis dans son atelier, dessiné au crayon, au stylo-bille, réalisé des lithographies. Et sculpté, tendant à rendre visible le mouvement, ou installant ses figures dans leur pose hiératique, qu’elles soient hautes de quelques centimètres ou géantes. Il n’en exhibe pas une sensualité érotique, mais il en impose une sorte de pure présence qui s’inscrit dans la tête, comme dans cette toile où la figure semble prendre naissance entre les épaules et effacer le visage.

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Cette exposition est visible à la Fondation Giacometti, à Paris, jusqu"au 6 novembre 2019

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11 août 2019

Silens Moon, de Pierre Cendors

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« Un autre visage nous attend là que l’on a cherché sa vie entière ». C’est dans un livre précédent de Pierre Cendors que l’on peut lire cette phrase. Elle annonçait peut-être déjà celui-ci.

Visage entrevu dans le miroir de la loge d’un cabaret où tout est apparenté à la mort : le champagne est un « requiem », les serveuses sont des « anges »… C’est « le Morador ». Mais avant d’y arriver, il faut faire la connaissance d’un homme qui avait connu Harry Haller (deux H pour initiales comme Hermann Hesse qui créa ce personnage dans un roman publié en 1927). Deux H aussi pour Herne Heimlicht qui reçoit un faire-part lui annonçant sa mort, ou plutôt celle d’un homonyme. Son enquête va le conduire au Morador. Sur son chemin, souvent nocturne ou couvert de neige (favorisant l’esthétique des films en noir et blanc), il croisera des enfants violents et lira sur les murs « JUDEN RAUS ». Nous sommes en 1935, en Allemagne. Herne Heimlicht, le mort, était une gueule cassée, visage détruit au cours de la guerre, celle-là même qui prit le lieutenant Heller dans le livre cité au début de cet article. Le visage entrevu dans le miroir est celui de Nada Neander (deux N pour initiales) : Nada signifiant, selon l’origine, Espérance, Néant ou Note originelle.

« Je voulais la vie, et qu’elle s’offrît tout entière avec son visage, comme je m’offrais à tous avec ce qui restait du mien. »

L’amour qui va naître entre Herne, le vivant, et Nada ne durera pas ou, plus justement, durera au-delà de chaque nuit, au-delà de la mort, au-delà de l’effacement. Au-delà du silence. Qu’il soit Note originelle, Néant ou Espérance.

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