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22 janvier 2020

La jeune fille et le hibou, de Catherine Pallaro et Anouck Fontaine

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L’association D’ici à là gère et anime les bibliothèques du Centre pénitentiaire de Fresnes (94) depuis 2012. Dix petites bibliothèques réparties dans les divisions de la Maison d’arrêt. Et des animations, notamment autour de la Nuit de la lecture depuis trois ans. Des ateliers en prison, donc : carnets de voyage en 2017-2018, BD et musique en 2018-2019, conte et lecture à voix haute en 2019-2020. Chaque fois, c’est l’occasion de mettre en oeuvre des rencontres avec des auteurs : Cédric Gras pour les carnets de voyage, Romain Dutter et Bouqé pour la BD Symphonie carcérale, et Catherine Pallaro pour le conte. La librairie l’établi d’Alfortville (94) est partenaire de ces actions et accueille depuis trois ans l’association et les auteurs choisis pour une soirée publique dans ses locaux.

Cette année, le 18 janvier, c’est autour de Catherine Pallaro, auteure de La jeune fille et le hibou (édition Didier Jeunesse), d’après un conte de Grimm, que cette soirée s’est déroulée. Présentation de l’association et du projet conte et lecture à voix haute, puis conte dit par son auteure, devant un public venu très nombreux.

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En choisissant d’intituler son conte La jeune fille et le hibou, Catherine Pallaro a choisi d’insister sur une relation attentive entre frère et soeur. La promesse qu’ils se sont faite enfants de ne jamais se séparer sera, on s’en doute, trahie par l’un des deux et la malédiction s’abattra sur qui l’a provoquée. Et l’un ne souffre pas sans que l’autre souffre aussi. La jeune fille s’éloigne mais confie son frère à la vigilance tendre d’un hibou. Ainsi les liens ne seront pas rompus, malgré les apparences. Il en faudra du temps pour que ces deux-là parviennent à surmonter les épreuves, se retrouvent et tentent alors de réaliser leur voeu initial, étant parvenu.e.s l’une et l’autre à réaliser ce qui les réunira à nouveau, riches de leurs vécus.

Ce conte est accessible à tous à partir de 9 ans.

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21 janvier 2020

Terre errante, de Liu Cixin

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Le soleil approche dangereusement de sa fin. Il va devenir une géante rouge et entraîner dans son explosion le terre. Tout cela a été étudié et modélisé par les scientifiques et la décision a été prise de faire migrer la terre vers Proxima du Centaure. C’est ce voyage long de plusieurs centaines d’années qui va commencer dans le début de ce livre de moins de 80 pages. Il y aura des morts, des naissances, parce qu’il faut plusieurs générations pour atteindre le nouvel espace vital de la terre. Pour que la terre, déjà ravagée par des ouragans et autres catastrophes, devienne cet engin errant dans le ciel au-delà de la voie lactée, des mesures ont été prises : villes souterraines, propulseurs à plasma, fin de la rotation de la terre, donc fin du jour d’un côté et fin de la nuit de l’autre. Il s’agit de sauver l’humanité mais faut-il, pour cela, faire une confiance aveugle aux dirigeants de la Coalition ?

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20 janvier 2020

Bertrand Belin en concert

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Tout commence, ce soir-là, avec un bec. L’oiseau, petit à petit, ne fait pas son nid mais son bec. Ce n’est pas rien : il se fabrique, n’accumule pas les briques. Et il chante. Dans cette chanson, il y a Bertrand Belin (photo Pierrick Delobelle), son goût pour les liaisons de prononciation qui suivent la dentale « t », son désir de dire quelque chose (même, parfois, « quelque chose rouge »), son désir ardent de s’exprimer, désir de volcan, et cette obsession du temps « car le temps existe ». C’était hier, « comment faire / comment dire ». Et les pigeons s’envolent, « comme hier d’ailleurs », et se reposent. Tandis que des hommes et des femmes (1 ou 10 ou 100 ou 110) restent là, « sur le cul », ou cherchant un banc (faire la liaison avec la dentale). Rien ne demeure, « tout s’efface lentement », les années passent, on ne sait pas « dans quel ordre ». Et travailler, le jour, la nuit, travailler le travail, « comme père et mère », « voilà ce qu’on peut dire de vivre » ? Il danse, et c’est toute la scène qui bouge, les lumières de la boule à facettes, pas glissés, bras ouverts qui invitent, invitent à être « vivant / de corps et d’esprit ».

J'ai assisté à ce concert au !POC! d'Alfortville (94)

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19 janvier 2020

L’art involontaire (encore)

Il y a près d’un an et demi, je présentais ici les propos de Gilles Clément donnant sa définition de l’art involontaire. Hier matin, j’ai vu cette planche suspendue à un échafaudage. 

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18 janvier 2020

La nuit de la lecture

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Aujourd’hui, samedi dix-hUIT janvier, c’est le retour de la nUIT de la lecture. Un samedi, ce n’est pas fortUIT. Et c’est la quatrième fois que cela se prodUIT.

Comme je viens de le faire, vous trouverez plusieurs mots se terminant par -uit (prononcé comme dans le mot nuit en français). Et vous construirez un petit texte où quatre de ces mots, dont le mot « nuit », seront utilisés.

Exemple :
Ils étaient trois, les points de suspension ; le premier fUIT, le deuxième sUIT ; voyez à quoi le troisième est rédUIT : sur un clocher jauni, il remplace la lune comme un point sur un i, la nUIT.

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17 janvier 2020

Météore, d'Antoine Dole

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Sara a pris des coups, gifles et insultes. Les insultes, c’est ce qui est sans doute le plus difficile à effacer. Mais elle s’est déjà trop souvent mortifiée devant son miroir, en voyant cette image qui ne ressemblait pas à ce qu’elle pensait être elle-même. L’obscurité la menaçait hors de chez elle, mais aussi chez elle, en elle. Il aura fallu du temps pour qu’un jour quelqu’un lui dise qu’elle n’était pas anormale, qu’elle ne méritait pas d’être humiliée, qu’elle pouvait se vivre comme elle le sentait : une météore dans la nuit, une fille. 

Ce livre d’Antoine Dole se lit d’un souffle, comme l’indique son éditeur, Actes Sud Junior. Nous accompagnons le refus d’une assignation et la révélation et l’acceptation de soi-même. « C’est quoi être un garçon ? C’est quoi être une fille ? »

Dans un entretien publié sur le site Ricochet en août 2019, Antoine Dole répond à une dernière question :

Pour conclure cette interview, qu’est-ce que vous auriez envie de dire en trois verbes à cette jeunesse qui vous lit?
Rêvez. N’ayez pas peur de rêver. Cette vie peut-être magique si on lui laisse une chance de nous surprendre. 

Aimez. N’ayez pas peur d’aimer. Même ceux qui ne vous aiment pas. Nous vivons dans une société qu’il faut nourrir d’amour, c’est ça qui la fera grandir, changer, évoluer. 
Combattez. Chaque jour la vie se chargera de vous apporter des raisons de trébucher, de tomber. Ne cessez jamais de vous battre. Car tant que vous combattrez, vous vous relèverez, vous avancerez. N’ayez peur d’aucun dragon, d’aucun obstacle, ne laissez personne se dresser entre vous et ce que vous avez à vivre pour vous accomplir, car vous êtes les héros de votre propre histoire. Ce monde ne le sait peut-être pas encore, mais il a besoin de vous.

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16 janvier 2020

Si tu pouvais décrocher la lune, de Simon Priem

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Les éditions Motus ont publié, fin 2019, ce petit livre où les rêves prennent forme avec les pièces d'un tangram, pièces aux angles nets tandis que la lune est ronde. Quand on a tourné toutes les pages, on se prend à imaginer d'autres dessins, d'autres façons de disposer les formes.

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15 janvier 2020

Le grand shaker, collection particulière - exposition de Nadine Donati

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C'est d'abord le regard, les photos. Objets rafistolés avec du scotch ou de la rubalise, enseignes et panneaux comportant des informations originales (aptonymes, informations étranges ou humoristiques), bouts de rubalise égarés dans la nature, plantes rudérales, amas de chaises. Le quotidien pour qui veut bien regarder, y arrêter son regard. Nadine Donati, vous pouvez la croiser dans la ville (peut-être même celle où vous habitez) ou dans une exposition, un musée, un centre d'art. Et c'est de ces rencontres, de ces visites qu'est faite cette exposition, qu'elle a intitulée Le grand shaker parce qu'elle y a mélangé de multiples références : art contemporain et classique, littérature et essais, réflexions sur l'environnement, la pauvreté et les déplacements. Tout cela donne un espace où la pensée se marie avec la légéreté comme avec la profondeur ou l'élévation.

Elle y a accueilli, pour le vernissage, la librairie l'établi, l'ensemble vocal et instrumental Orage, et, ce mardi, l'atelier d'écriture des Amis de l'établi. Dans la journée, des écoles de la ville. Une exposition dans la vie, la vie dans l'exposition.

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Cliquez sur les photos pour les agrandir.

J'ai vu cette exposition au 148 rue Paul Vaillant-Couturier, espace culturel, à Alfortville (94)
où on peut la voir jusqu'au 19 janvier 2020.

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14 janvier 2020

Un poème d'Adeline Baldacchino, extrait de son recueil Théorie de l'émerveil

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GRÈVE CONTRE LA MORT

En me levant ce matin j'ai regardé la mer
elle avait l'âme à l'envers
j'ai regardé la lumière
elle avait de l'encre sur les paupières

En me levant ce matin

je ne voulais plus crier mais j'ai dit
voici venu le temps des maudits

le temps d'avancer à pas de petite
géante

En me levant ce matin
j'ai dit ça ne fait rien
nous pouvons encore chanter
contre la nuit qui nous enchante
et les sorciers qui s'enfoncent
dans nos rêves de sept lieues

avec leurs bottes qui crachent
des arrêtés
du feu
des expulsions
des éclats
de grenade

et tout le fourbi des complices
des assassins bienveillants
des douceurs qu'on vous assène
pour mieux vous poignarder
voici venu le temps des maudits

le temps d'avancer à pas
de petite géante

alors j'ai dit

je regarde la mer
et je décrète la guerre
et je décrète la grève
contre la mort

***

je ne me rends pas à l'évidence

je veux la grève
contre la mort

car les poètes ont tous les droits
(mais aucun pouvoir)

***

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13 janvier 2020

La liberté ou la mort, de Sophie Wahnich

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Dans cet ouvrage, Sophie Wahnich, historienne spécialiste de la Révolution française, replace la Terreur dans le contexte historique de la Révolution. On ne peut analyser aujourd’hui un évènement du seul point-de-vue de nos critères anthropologiques. La Terreur est une réponse à une trahison, et la vengeance a une visée d’apaisement. Sophie Wahnich en décrit l’arrivée et le déroulement à travers des textes (de Robespierre, Danton, Saint-Just, et d’autres) qu’il est bon de lire, relire ou découvrir pour éviter de tomber dans les pièges de tout l’attirail de textes contre-révolutionnaires ou de la tromperie qui consiste à faire rejouer cette période (Marie-Antoinette re-jugée par les spectateurs d’un spectacle de Robert Hossein, par exemple, voire la Révolution française présentée en comédie musicale…). Regardant ce qui est à l’oeuvre, elle observe que d’un processus de vengeance, construit sur l’amour de la patrie et de la vérité, on est passé quelque temps après à une logique de guerre, dans laquelle périront Hébert et Danton, par exemple. Pour autant, elle fait une nette différence entre Terreur et terrorisme : La Terreur « est le moment historique où la violence souveraine du « faire mourir » est celle d’un peuple acculé à en faire usage pour maintenir la prétention extraordinaire d’avoir conquis la souveraineté ». Il est sans doute significatif de constater qu’après la mort de Robespierre, ses ennemis ont retiré de la Constitution le « devoir d’insurrection » et, de la Déclaration des droits de 1789, le droit de « résistance à l’oppression ».

Cet essai date de 2003 et résonne particulièrement aujourd’hui, tandis que les peuples manifestent un peu partout dans le monde.

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