main tenant

31 janvier 2015

Casser la noix

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Un samedi, sur France Inter, Denis Cheissoux parlait avec Jean-Marie Pelt dans son jardin. L'émission avait été enregistrée en septembre et ils constatent que le noyer est en avance. Jean-Marie Pelt dit alors qu'on sort toujours de son jardin avec un petit sac et que ce sera, cette fois, avec un sac de noix. Denis Cheissoux regrette que les auditeurs ne puissent profiter de ces noix, et Jean-Marie Pelt ajoute : S'ils ne peuvent profiter de mes noix, ils ont au moins ma voix. 

Et voilà le jeu de ce samedi : trouver des mots commençant par "n" dont on peut changer le sens en remplaçant cette initiale par la lettre "v". Et les mettre tous les deux dans une phrase.

Diane, la déesse de la chasse, n'a pas apprécié d'avoir été vue nue...

Actéon, qui la surprend, sera transformé en cerf et dévoré par les chiens : s'il nie, restera-t-il en vie ?

Les groupes statuaires ci-dessus ont été photographiés par Sergio Palumbo (© Sergio Palumbo - 123 Savoie - Chambéry) dans le Bassin de Diane à Caserta et visibles ici. Vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir.

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30 janvier 2015

Exposition collective à la Maison des Arts d'Antony (92)

Deux invitées d’honneur pour le 52e salon du Cercle culturel et artistique d’Antony (92) : Violette Chaminade, pastelliste, et Geneviève Chevallier, céramiste.

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De la première, je retiens les petits formats carrés, les références aux poètes et les couleurs évoquant, bien que les formes soient abstraites, différents moments de la nature, saisons, parties du jour, lignes d’horizon, légèreté, vivacité.

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De la seconde, ce seront les jeux de formes, coquillages fendus, galets secrets, pièces sorties d’une cuisson raku, graines empilées, rondeurs invitant la main, perles multiples donnant fruits et feuillages à un arbre magique.

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D’autres pièces méritent une visite. En voici trois :

une terre émaillée de Guy Warin, un bronze de Philippe Mont, un verre d’Isabelle Terrisse

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Cliquer sur les photos pour les agrandir. 

 

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29 janvier 2015

Des voix pour dire non, à la Médiathèque Nelson Mandela, à Créteil (94)

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Elles, ils ont écrit ou publié des textes d’auteurs « qui ont dit non », qui ont combattu pour la liberté ou contre la guerre : Bruno Doucey, poète éditeur de poètes, Maria Poblète, portant la parole de Lucie Aubrac, Elsa Solal, témoignant à propos de Leonard Peltier et d’Olympe de Gouges, Nimrod, racontant Rosa Parks et Aimé Césaire, et Murielle Szac, invitant dans cette lecture Victor Hugo et Alexandrine, épouse d’Emile Zola. Toutes ces voix réunies, un vendredi soir, à la Médiathèque Nelson Mandela de Créteil, résonnaient particulièrement quelques jours après les attentats, quelques jours après la marche du 11 janvier. Le public entendait ces voix comme si c’était la première fois. Mais les deux anthologies (Guerre à la guerre et Vive la liberté) éditées par Bruno Doucey et la collection chez Actes Sud (Ceux qui ont dit non) dirigée par Murielle Szac ne datent pas de ces évènements récents. Poètes, écrivains, femmes et hommes du peuple ont lutté pour les valeurs que promeuvent ces textes. Cela ne signifie pas que c’est un combat du passé. Au contraire, cela signifie qu’il faut toujours être sur ses gardes, vigilants, debout. Et ce message s’adresse aux adolescents, aux jeunes autant qu’aux adultes d’aujourd’hui. Les éditions Bruno Doucey publient ces jours-ci une autre anthologie, L’insurrection poétique, Manifeste pour vivre ici. C’est un combat du présent. 

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28 janvier 2015

Le feuilleton de Thésée, de Murielle Szac - janvier 2015

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Murielle Szac renouvelle la lecture de la mythologie grecque en la publiant sous forme de récit en cent épisodes. Récit qu’on a envie de lire à voix haute et qu’accompagnent des dessins de Rémi Saillard.

Je vous propose cette année un rendez-vous mensuel avec cet ouvrage, en vous donnant à lire quelques lignes selon l’avancée de ma lecture.

Il aimait regarder l’eau danser à ses pieds. Ce n’était jamais la même couleur, ni le même mouvement qui agitaient les flots. Tout l’émerveillait : un groupe de dauphins, un envol de mouettes, une épave ramenée sur la plage par les vagues…

Mais ce que Thésée venait ainsi guetter à l’aube, c’était autre chose. Il ne pouvait s’empêcher d’honorer ce rendez-vous avec la mer. Comme si quelqu’un l’appelait.

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27 janvier 2015

La soupe américaine, d'Anaïs Sautier

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Dimanche 25 janvier, jour d’élections en Grèce, je termine le livre d’Anaïs Sautier, La soupe américaine. Un portrait du grand-père par deux de ses petits enfants, Johnny, jeune adulte, et Mona qui fête ses quatorze ans. Une troisième soeur complète la fratrie, Elsa, dite Crapule ou Zaza, qui a du mal à lire à voix haute et avec qui une bibliothécaire, Céleste, saura jouer de la « pédagogie de la distraction », dont voici un exemple : « - L’auteur s’appelle Jorge mais ça se prononce RORGé. Je n’ai pas mes lunettes, tu me lis le titre, s’il te plaît ?
- Le ballon et le gardien de but.
Ma soeur lit avec fluidité. (…) »

Et à Céleste on peut poser des questions comme : « est-ce que la vie rétrécit devant nous ? »

Les deux soeurs (et leur grand frère d’une autre manière) vont être confrontées à cette question. Leur grand-père ne sera pas à la maison comme d’habitude lorsqu’elles y arriveront en vacances. Et c’est avec elles que nous allons vivre cette incongruité ; nous apprendrons qu’il n’est pas au champ comme on le leur a annoncé, mais qu’il va à l’hôpital pour des séances de chimiothérapie. Même ces mots, elles ne les entendent pas. C’est Mona qui découvre le cancer de son grand-père, dont tout le monde dans la famille veut garder le secret pour ne pas faire mal à la grand-mère et à la petite soeur. 

Est-ce que la vie rétrécit devant le grand-père ? Un coup de téléphone, venu de Grèce, va soudain faire surgir un évènement passé sous silence. Un évènement qui va arracher des larmes au grand-père et remettre en place l’arbre généalogique. Pour Johnny, Mona et Elsa, quelque chose finit sans doute, mais quelque chose commence.

Et moi, j’imagine que ce grand-père a fêté dimanche le résultat des élections.

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26 janvier 2015

L'enfant cachée dans l'encrier, de Joël Jouanneau

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Dominique Richard lit L’enfant cachée dans l’encrier, de Joël Jouanneau. Une mise en espace simple avec, à cour, une sorte d’habitation en bord de mer.

Quelques feuilles au sol, une bougie tantôt allumée, tantôt éteinte. Et le récit de ce garçon Ellj, dont le père, nommé Personne, est toujours en mer puisqu’il est amiral. J’éviterai les jeux de mots faciles mais je ne peux m’empêcher de les voir venir ; qu’on me permette celui-ci : Personne, c’est sans doute Ulysse, qui voyagea longtemps, mais c’est aussi le père et le fils (son, qui signifie fils en anglais). Le garçon qui nous raconte son histoire parle de sa profonde solitude que l’écriture va sauver du désespoir. Plutôt que de jeter l’ancre (excusez-moi, il s'impose à moi), il va jeter l’encre sur le visage de ce père absent parce qu’il soupçonne qu’au fond de l’encrier il y a quelqu’un, une soeur, fille du même père. S’inventer une fratrie par l’écriture, une soeur qu’il ne faudra pas réveiller, cela laisse entrevoir comment on vient à l’écriture, comment l’écriture aide à grandir, à se construire dans l’adversité, la solitude. A égaler son propre père en créant l’autre, un alter ego. Elle est nommée Annj. Le j qui termine les deux prénoms, n’est-ce pas celui de « je », ou du jeu ? L'enfant (masculin ou féminin) dans l'encre y est.

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J'ai assisté à cette mise en espace au Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Scène (94).

 

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25 janvier 2015

Martine à la plage, de Simon Boulerice

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Littérature en jeu(x), c’était le sous-titre de l’exposition de l’OULIPO.

Auteurs en je(u), tel était le titre d’une rencontre avec des auteurs et des textes de théâtre jeunesse.

On pourrait continuer avec Théâtre en jeu(nesse) ou (naisse) ou encore (n’est-ce)…

Mais je n’abuserai pas des parenthèses.

Débat, lectures, mise en espace, tel était le programme au Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine (94).

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J’y ai découvert Martine à la plage, de Simon Boulerice, auteur québécois, présenté par la Manivelle Théâtre, une équipe venue de Wasquehal (59).

Martine a quatorze ou quinze ans et tombe amoureuse de son voisin, marié et papa d’une petite Chloé. Peu à peu, elle va se persuader de cet amour, construire des chimères, échafauder des plans. On en rit. Parce que c’est, bien sûr, un amour impossible et que toutes les démarches entreprises, comme prétendre que sa vue baisse pour aller voir et revoir l’optimétriste - c’est le métier du voisin à la ville -, ont à nos yeux quelque chose de risible. Et quand le voisin fait preuve d’attention vis-à-vis d’elle, on comprend bien qu’elle interprète à tort ses mots et ses gestes. C’est donc une comédie. En est-ce une pour Martine ? Rien n’est moins sûr. C’est pour quoi elle décidera de le suivre quand il partira : elle sait, prétend-elle, conduire l’automobile dans laquelle son père donne des cours de conduite… Les fantasmes amoureux de cette adolescente peuvent être dangereux. Et quand on vient d’en rire, ils nous abasourdissent soudain, sans possibilité de retour.

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24 janvier 2015

Figure-toi

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A l'occasion de la rencontre des Jeudis de l'Oulipo de janvier, j'ai acheté un exemplaire du numéro 192 de la Bibliothèque oulipienne : Millésimes II, de Michelle Grangaud. J'y reviendrai peut-être plus tard dans ce blog. Pour ce samedi, j'ai retenu que plusieurs de ses textes commencent par "Figure-toi..."

Je vous propose donc de composer des phrases qui commenceront par ces mots. La phrase continuera par quelques mots (maximum six) dont trois commenceront respectivement par V, Q, et J, et se présenteront dans cet ordre. 

Exemples : Figure-toi Van Gogh Qui Jure.

Figure-toi le Volume Que J'ai acheté.

Figure-toi le Vingt Quatre Janvier.

C'est à vous main tenant. Postez vos phrases dans les commentaires ci-dessous. Merci.

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23 janvier 2015

Revoir Paris, une exposition de Schuiten et Peeters, à la Cité de l'architecture et du patrimoine

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Revoir Paris, c’est un peu comme revoir sa copie, y retravailler. Les projets qui sont restés dans les cartons disent les visions successives de la ville à travers le temps. Devant certains d’entre eux, on se réjouit qu’ils n’aient pas eu lieu. Mais la ville aujourd’hui est la conséquence de choix plus ou moins concertés. Les percées d’Haussmann, les expositions universelles, le trou des Halles, Beaubourg, autant de réalisations qui marquent, en la transformant souvent, la ville de Paris. Et que dire de ses souterrains ? Mais l’exposition s’attache plus à tout ce qui se voit (bien qu’il y ait les dessins de Schuiten pour la station de métro Arts et Métiers).

Revoir Paris c’est aussi voir à nouveau cette agglomération qui s’est étendue de siècle en siècle, depuis cette vision colorée et révolue que l’on trouve en entrant jusqu’à l’animation interactive en 3D au fond de la salle permettant d’avancer dans deux mille ans d’histoire urbaine. Devant ces projets, ces images, on peut se demander où en est le Grand Paris. Schuiten et Peeters mettent sous globe des monuments, la ville même, un peu comme s’ils soulignaient le traitement de la ville-musée, ou comme s’ils se souvenaient du livre de Clifford Simak, Demain les chiens, où une ville est mise sous globe pour y contenir les hommes incapables de respecter la nature hors de ce globe.

Revoir Paris c’est encore creuser les utopies, celle de Jules Verne, mais également celles d’urbanistes et d’architectes, travailler la vue qu’on en a du ciel, que Victor Hugo ne pouvait qu’imaginer quand il écrivait Notre Dame de Paris. C’est poursuivre les recherches qui ont donné La Défense, envisager que la ville s’étendra jusqu’au Havre par exemple. C’est modifier les frontières qui établissent actuellement un intra muros (même si les murs en question, les « fortifs », ont été remplacés par le périphérique intraversable) et une banlieue. Aulnay-sous-Bois est dans ce Paris de Schuiten et Peeters et ce n’est pas uniquement une affaire de transports en commun. 

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Revoir Paris, c’est enfin le titre d’une bande dessinée où une jeune femme vient d’une colonie spatiale visiter une ville dont elle a les souvenirs qui lui ont été peut-être légués puisqu’elle n’a jamais vu cette ville bien que ses parents y aient vécu avant de migrer, ou de mourir. Nous ne sommes pas faits que de ce que nous avons vécu. Nous portons en nous plus que nous-même. Je ne sais comment cela se fait mais notre imagination, notre mémoire sont riches de ce que nos parents y ont déposé, et s’enrichissent de ce que nos rencontres y ajoutent. Kârinh, dont nous suivons les aventures dans un Paris futuriste, dont les habitants - ou du moins ceux qu’on y croise - ont toujours l’air de sortir du XIXe siècle, va-t-elle trouver quelque chose qui aurait été figé dans un passé plus ou moins lointain ? « La forme d’une ville change plus vite que le coeur des humains ». Baudelaire ajoutait « hélas ». Et si on nous demandait vraiment notre avis ?

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22 janvier 2015

OULIPO, le catalogue

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Que vous ayez vu l’exposition à la Bibliothèque de l’Arsenal ou pas, vous pouvez découvrir l’OULIPO ou en savoir plus à son propos en lisant le catalogue publié à cette occasion. Parce que l’exploration des contraintes oulipiennes, les moments partagés avec deux oulipiens (ou plus), les pistes ouvertes, tout cela mérite qu’on y revienne et le catalogue est plus que le souvenir de l’exposition. L’OULIPO (suivre le lien dans la colonne de droite) a déjà beaucoup publié d’ouvrages présentant ses « atlas », ses jeux, ses travaux. La Bibliothèque oulipienne est faite de petits ouvrages développant leurs « métiers d’homme », leurs « S+7 », leurs trains et leurs métros. Une anthologie est dans les librairies. Les divers « Voyages d’hiver » sont parus réunis il y a quelques mois. Ce catalogue a des couleurs, sa couverture est découpée, et dedans sont des trésors. C'est plus qu'un catalogue.

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