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24 février 2017

Migrartion, exposition de Melkart Gallery à l'Espace Christiane Peugeot, à Paris

Samedi 18 février, Nikos Lyberis et Judith Kan faisaient entendre les textes du poète dans le cadre de cette exposition regroupant vingt-cinq artistes. Voici quelques oeuvres :

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Karo Cottier - Alain Carpentier

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Y. de la Fremondière - C. Evangelatos - G. Can Köroğlu

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Manolis Romantzis

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Francesca Di Bonito

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Laura Loriers

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Une performance de la plasticienne Hiroko Watanabe a conclu la journée.

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Ce samedi 25 février, seront présentées dans ce lieu deux Migractions : Peinture interactive avec l'artiste ALFI à 18h puis, à 19h (10€), Rebetiko, concert de musique populaire grecque. 

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23 février 2017

Chamboultou, par le Théâtre des Amulettes

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Au milieu du plateau, une tente bleue. La tente est un abri provisoire et déplaçable. Qui en a fait son logis ? Ça bouge, ça appuie, ça frotte, la paroi semble fragile, ce qui est dedans voudrait sortir : le moment est venu. Un pied, une main, des yeux, une bouche, oh ! C’est à moi, cette main ? C’est à moi, ce pied ? Et l’arrosoir, c’est à qui ? Des fleurs à la place des yeux ? Regarde : une tête coiffée d’une feuille de chou. C’est la fête ! Des couleurs en feu d’artifice. Tout le plateau en est rempli. La tête a un nez rouge et rond maintenant. Elle sourit, observe. Tiens, un panier. De la confiture à s’en mettre plein les joues. Et tout à découvrir : après soi-même, son propre corps, le monde : une scène de théâtre est inépuisable. On joue ? On dirait qu’il pleut… Vite, un abri !

Ce spectacle à voir à partir de 18 mois était présenté à la MJC Théâtre des Trois Vallées dans le cadre de la Semaine de l'Enfance.

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22 février 2017

Art brut au LaM - Musée de Lille Métropole - Villeneuve d'Ascq (59)

Outre le Parc de sculptures, le LaM est composé de trois parties : Art moderne, Art contemporain, Art brut. Voici quelques oeuvres de la partie consacrée à l'Art brut.

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21 février 2017

Des têtes au LaM - Musée de Lille Métropole - Villeneuve d'Ascq (59)

La visite, indique une annonce, peut durer environ 2 h 30. Ce jour-là, nous sommes arrivés un peu plus d'une heure avant la fermeture. Pas le temps de tout voir, ni de noter les noms des artistes (c'est pourquoi je n'en cite aucun ici) : il faudra y revenir...

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20 février 2017

Le parc de sculptures du LaM, à Villeneuve d'Ascq (59)

Un samedi, en hiver, juste avant la fermeture.

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Premier plan : Richard Deacon
Second plan : Maurizio Nannucci

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Pablo Picasso

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Alexandre Calder

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Eugène Dodeigne

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Jacques Lipchitz

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19 février 2017

Cet enfant, de Joël Pommerat, par le Dumme Kuh Théâtre

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À l’origine de cette pièce, il y a des rencontres, demandées par la CAF, en Normandie, autour de la parentalité. Il y a donc, avant les propos tenus sur une scène de théâtre, des réalités, des témoignages. Pourtant ce théâtre n’est pas le lieu d’un documentaire. Ce n’est pas non plus ce qu’on appelle du théâtre-forum. Il y a la scène et la salle, ici particulièrement séparées. Sur la scène, des chaises blanches alignées devant un fond noir, six : une par acteur, marquant une limite, qui sera plusieurs fois modifiée. Le premier monologue donne le ton : l’enfant que j’aurai, dit une jeune femme, il sera fier de moi parce que je saurai l’élever avec amour, mieux que je ne l’ai été par ma mère. Et les scènes qui vont suivre diront la difficulté, toujours, de prendre soin de l’enfant, d’être à la hauteur des obstacles qui vont se dresser sur notre route. Il n’y a pas de mode d’emploi. Joël Pommerat nous met face à un constat terrible. On sent, dans le public, que ces dialogues au couteau appuient où ça fait mal. Va-t-on porter un jugement sur ces parents incapables, ces enfants rebelles ? Ou bien le théâtre va-t-il trouver en nous-mêmes des échos parfois inavouables ? D’avant la naissance jusqu’à la mort de l’enfant, Pommerat est implacable. La mise en scène à laquelle j’ai assisté a choisi d’y mettre, avec justesse, peu d’affect : ce qui est sur scène est. À nous, en nous, d’en faire ce que nous pouvons.

J’ai vu ce spectacle proposé par le Dumme Kuh Théâtre, alors que je lisais Continuer, de Laurent Mauvignier, qui explore aussi la difficulté des relations d’une mère avec son enfant…

J’ai vu ce spectacle dans la salle de la MAVA, à Lille (59)

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18 février 2017

Intraduisibles

Michèle Bernard, dans son anthologie présentée dans ce blog ici, chante Qui a volé les mots ? Le refrain dit :

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Au voleur, au voleur, au voleur ! 
Qui a volé les mots, qui a volé les mots ? 
Encore ces Français quel culot, voler les mots ! 
Regarde ils en ont plein la bouche, plein les poches 
De tous ces mots piqués partout, 
Tu crois pas qu'c'est moche ?
Voler des mots sans en avoir l'air
Et les coller en douce dans son dictionnaire
Voler les mots sur toute la planète
Ah vraiment ces Français sont pas nets
De vrais pickpockets !
Mais est-ce vraiment voler ? Cela fait partie, à mes yeux, des échanges qui se sont produits au fil des siècles, sans compter avec les mots dont nous trouvons les racines dans de très anciens temps et qui nous sont communes. Ni avec ceux qui nous ont été empruntés puis qui sont revenus transformés par un usage dans un autre contexte. Barbara Cassin, présentant son Vocabulaire européen des philosophies - Dictionnaire des intraduisibles, dit bien que "la diversité des langues enrichit la pensée". 

La chanson de Michèle Bernard cite de nombreux mots venus d'ailleurs, que j'ai mis en gras dans le texte des couplets ci-dessous. Comment aurions-nous nommé les objets dont il est question sans les noms qui leur étaient déjà donnés ? Ces mots-là n'étaient pas intraduisibles ?

Voler aux Grecs, aux Latins, aux Gaulois
Ça va de soi, ça va de soi
Voler aux Anglais, aux Allemands, aux Italiens
C'est normal entre voisins
Oui mais voilà ça va bien plus loin
Ils ont même volé les polynésiens
Piqué paréo et tabou aux Tuamotu
Chez les Chinois le mot typhon soufflé pour de bon
Banane et macaque en Afrique, tu parles d'un trafic
Le raphia chipé aux Malgaches à coup de cravache
Même aux Arabes, c'est le bouquet, t'imagines pas c'qu'ils ont piqué !
Le barda, le safari, le café, le nénuphar
La guitoune et le satin, la valise et le hasard
Le magasin, le cramoisi, le charabia et l'alchimie
Le sirop, le sofa, le souk et la nouba

Voler aux Grecs, aux Latins, aux Gaulois
Ça va de soi, ça va de soi
Voler aux Anglais, aux Allemands, aux Italiens
C'est normal entre voisins
Oui mais voilà ça va bien plus loin
Ils ont même volé les Amérindiens
La tomate et la cacahuète au nez des Aztèques
Le toboggan, le mocassin chez les Algonquins
Volé aussi les Bengalis, plus de pyjama
Et puis leur joli paradis nommé Nirvana
Et même aux Turcs, c'est le bouquet, 
Tu d'vineras pas c'qu'ils ont piqué !
La turquoise et le turban, le cosaque et le derviche
La bergamote et le divan, le caviar pour les riches
Le talisman, le cimeterre, la percale et le janissaire
Le pacha, le lascar, sarabande et bazar

Je vous invite à écrire une ou deux phrases dans lesquelles vous utiliserez au moins dix de ces mots.
Exemple :
Qui a laissé traîner une banane près du toboggan ? Me voici à présent installé sur le satin d'un divan comme un pacha en pyjama, ne supportant même plus mes mocassins, pendant que mes amis font la nouba et mangent des cacahuètes au comptoir du café du coin.
C'est à vous main tenant. Postez dans les commentaires ci-dessous vos phrases contenant les mots venus d'ailleurs.

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17 février 2017

Didier Malherbe, aux Rencontres poétiques chez Tiasci - Paalam, en février 2017

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Didier Malherbe est venu comme il est : avec ses anches et ses toupies. Pour commencer, il nous joue d’un instrument thaïlandais, le khên, un orgue à bouche, fait de bambous reliés dans une pièce en bois et dont la particularité est d’être à anches libres. Le son entendu est proche de l’accordéon. Nous découvrons cette musique qui a commencé il y a peut-être vingt siècles et que Didier rend présente par son seul souffle, qu’il expire ou qu’il inspire. 

Cette présentation dit beaucoup de notre invité : son intérêt pour les musiques originelles, son goût de la liberté, et une belle présence. Présence que souligne son oeil malicieux. Tout lui semble facile : il dit avoir écrit des sonnets sans grande difficulté. Un peu comme s’il disait qu’il improvise sur ses instruments juste pour le plaisir. C’est un peu ça aussi. Les sonnets de son recueil L'anche des métamorphoses sont d’étonnantes variations sur un petit morceau de roseau, indispensable aux instruments à vent qu’il affectionne.

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Et c’est le tour du doudouk arménien. Le son en est si doux qu’on n’imagine la pression qu’il doit y insuffler qu’en le voyant gonfler ses joues pour une musique tendre et grave, proche de celle du hautbois. Il ne se contente pas de reprendre sur cet instrument, dont la musique est classée au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, des airs traditionnels ; il crée pour lui des mélodies qu’il nous offre ce soir-là avec cette même humilité qui lui fait écrire d’autres sonnets dont on attend la publication. 

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Jouant avec les voyelles et avec les consonnes, le voici jonglant avec les sons voisés en pays de Facilie. Là où rien n’a l’air difficile. Il lance une toupie et la lecture du sonnet dure le temps qu’elle tourne. Pourtant, ses poèmes vont par deux, l’un exprimant un sentiment, une idée, une impression, l’autre en exprimant le contraire, et toujours avec l’élégance de la musique qui vient conclure notre rencontre, cette fois au saxophone.

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16 février 2017

4.48 Psychosis, de Sarah Kane, mise en scène Christian Benedetti, interprétation Hélène Viviès

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Je sors sidéré de ce monologue. Je craignais d’y assister, je craignais la complaisance dans le morbide de celle qui l’avait écrit, de celui qui l’a mis en scène. Et rien de tout ça. J’entends des listes de verbes : à faire ? à oublier ? à tenter à nouveau ? J’entends des noms de médicaments : camisole chimique pour masquer la souffrance. J’entends le bras lacéré, et le pourquoi, et la réponse, ironique. J’entends parce qu’elle est debout devant nous, ne fléchissant jamais, criant parfois, rarement, debout essuyant nerveusement ou posément des larmes qu’on a vues atteignant la limite de ses yeux ouverts, nous regardant, nous enjoignant : « Regardez-moi ». Cherchant dans nos regards l’espoir de persister, comme on dit d’une persistance rétinienne. Graver son visage dans nos regards et sa voix sur le plateau légèrement incliné du théâtre, cette inclinaison qui, pour rester droite et debout, exige d’elle une tension qu’elle nous transmet : « Je n’ai aucun désir de mort aucun suicidé n’en a jamais eu ». Mais ni Dieu, ni la société, ni la médecine ne donnent l’amour. Cette lucidité advient au théâtre parce que Sarah Kane écrit pour le théâtre : « Ouvrez les rideaux ». Ouvrez même après la mort : « Rien qu’un mot sur une page et le théâtre est là ». Et la vie ? Et l’amour?

J'ai vu ce spectacle au Théâtre-Studio, à Alfortville (94) - photo Simon Annand

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15 février 2017

Moonlight, film de Barry Jenkins

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Comment peut-il grandir, Chiron, entre une mère junkie et les autres, enfants ou adolescents, qui le traitent de « tapette », le chassent, le traquent, le frappent ? Le hasard va faire passer sa fuite devant Juan (Mahershala Ali), le dealer incontesté du quartier, et, avec Teresa (Janelle Monae), ils vont l’accueillir et lui donner l’affection qu’il ne trouve pas auprès de sa mère (Naomie Harris) : « Moi aussi, j’ai détesté ma mère », dira Juan, « mais maintenant elle me manque ».  Être lui-même, quels que soient ses choix, notamment ce que les autres avant lui ont décelé, son homosexualité, voilà ce que lui apprennent Juan et Teresa, Juan qui sera un modèle, le baptisant presque dans l’océan, même s’il meurt avant que Little (interprété par Alex R. Hibbert) devienne Chiron (interprété par Ashton Sanders), celui qui, tabassé, se révoltera et deviendra Black (interprété par Trevante Rhodes). Trois actes, donc : et devenir. Sous le clair de lune qui rend bleus les Noirs, selon une croyance ancestrale. Parce que nous oublions la couleur, plongés dans un film qui ne montre que des Afro-Américains, parce que l’histoire de cet enfant, cet adolescent, cet homme, est une histoire humaine, terriblement humaine. Ce qu’il cache, devenu adulte, après la prison et les exercices de musculation, c’est une fragilité que sa mère se reproche tardivement, la difficulté presque insurmontable d’aimer et d’être aimé. Alors, pour survivre dans un monde de violence où rien n’aide à être soi-même, il ne reste que la drogue, pas tant sa consommation que son trafic. Et l’image que les Blancs se font des Noirs : dents argentées, muscles saillants, sauvages et solitaires. Et intouché.

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