main tenant

10 décembre 2016

Le chemin de la rumeur

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Dans son recueil intitulé Je sais, Ito Naga ose cette suite d’affirmations : « Je sais que tu sais qu’il sait qu’elle sait que nous savons que vous savez qu’ils savent qu’elles savent ». Si nous mettons un point à la fin, nous n’avons que le chemin de la rumeur. Mais que colporte-t-il, ce chemin ? C’est avec les expressions courantes, comportant un verbe, que nous allons tenter de répondre à cette question.

Par exemple, avec l’expression « avoir les yeux plus gros que le ventre » :  Je sais que tu sais qu’il sait qu’elle sait que nous savons que vous savez qu’ils savent qu’elles savent qu'il a les yeux plus gros que le ventre.

Le sujet de la dernière proposition, celle faite avec l’expression courante, c’est vous qui en décidez. Vous avez largement le choix : je, tu, il, elle, nous, vous, ils, elles, et même on !

Un autre exemple, pour vous inciter : Je sais que tu sais qu’il sait qu’elle sait que nous savons que vous savez qu’ils savent qu’elles savent qu’on a toujours besoin d’un plus petit que soi.

C’est à vous main tenant. Postez vos certitudes dans les commentaires ci-dessous. Merci.

Ce serpent (qui a les yeux plus gros que le ventre, dit la rumeur) a été photographié par Françoise Serre-Collet, herpétologue passionnée qui vient de publier ce magnifique ouvrage pour en présenter les moeurs et la beauté.

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09 décembre 2016

Les girafes n'aiment pas les tunnels, par Auguste Derrière

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les girafes

Il est culotté, Auguste Derrière ! Voici son quatrième ouvrage. Après les moustiques (qui n'aiment pas les applaudissements), les fourmis (qui n'aiment pas le flamenco), et les mites (qui n'aiment pas les légendes), il vise plus haut avec les girafes. Notons qu’il s’en prend désormais aux mammifères. Et avec la complicité d’Hervé Letellier, celui de l’Oulipo et des Papous dans la tête ! L’ouvrage fait rire à chaque page : jeux de mots, fausses pubs, conseils diététiques et de bonnes (?) mœurs. Vous y verrez une femme à poêles, vous y apprendrez que Stravinsky était pour le sacre du plein temps, vous ne confondrez plus les festivals de blouses et les défilés de mode… Et vous alimenterez vos soirées et vos fins de repas. Quatre tomes, vraiment, Auguste Derrière ne marque pas la raie.

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08 décembre 2016

Ce que me dit la Nuit, chorégraphie de Serge Ambert

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D’abord le titre : Ce que me dit la Nuit. Ce que, quelque chose, des gestes, hésitants, recommencés, la main qui cherche sur soi avant tout, frappe, attrape, essaie, se retire, les bras, les avant-bras peau rendue visible en retroussant les manches de la chemise, comme pour s’encourager à y aller, pieds nus, aller vers les autres, droit devant ou esquivant et puis tournant autour du centre du plateau, riant. M’esclaffant. Me, moi, pas Je, à moi, entrer en relation, recevoir, voir, en plein visage, en moi, prendre à bras le corps, ce corps seul, là, devant, devant faire face, n’osant pas, riant. À l’écoute. Attentif écouter des mots peut-être, des sons, les sens du monde qui ne cesse de répéter, que je ne comprends pas, qui m’effraie parfois, qui dit, parle, et me disant me donne la voie, la voix, un nom, mon nom, celui de tous ceux, toutes celles que j’ai rencontrés, qui m’ont donné la main, le bonjour, le toucher, le rythme, le pas, l’énergie, le sourire. C’est la Nuit qui me parle, c’est la Nuit majuscule, peuplée non d'une foule mais de chacun, chaque prénom comme un corps divisé qui recrée son intégrité en nommant. Ne m’oublie pas. Je ne suis plus seul.

J'ai vu une présentation de ce solo de Serge Ambert au Centre National de la Danse, à Pantin (93).

En cliquant sur la photo vous atteindrez une courte vidéo de Vincent Borgeon.

 

 

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07 décembre 2016

Jacinta chante "Ofrecer mi corazón"

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C’est un disque de rencontres. D’abord celle de Patrick Campistron qu’a faite Jacinta et qui l’a menée un peu plus loin que le tango, que les musiques qui ont bercé son enfance, yiddish, russe, polonaise, argentine, que la musique classique, plus loin que Maria Callas, qu’Atahualpa Yupanqui, ailleurs. Puis la rencontre de l’accordéon de David Venitucci, sa profondeur, son chatoiement, ses silences. Et encore celle de Michèle Bernard et d’une jeune fille, Sabine Sicaud, morte à quinze ans laissant des poèmes qui restent à découvrir. Celle de Serge Utgé-Royo, loco-loco-loco. Chaque chanson de ce disque est un univers : Jean de la Croix y côtoie Kurt Weil, Victor Jara n’est pas loin de Serge Gainsbourg, bien sûr on trouve aussi Astor Piazzola et Carlos Gardel. C’est un voyage dans l’âme et le coeur d’une femme qu’on est heureux de rencontrer, d’écouter. C’est un cadeau qu’on accepte et qui dit l’amitié et qui dit la passion. C’est la beauté, c’est l’émotion qui s’installe dans votre oreille, dans votre être, à chaque fois, à chaque mélodie, chaque mesure. 

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06 décembre 2016

Moi, Daniel Blake - film de Ken Loach

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Le régime de Margaret Thatcher continue à mettre en oeuvre sa violence. Tout est utilisé pour exclure, briser celui-ci dont les médecins estiment qu’il doit cesser de travailler quelque temps, suite à une attaque cardiaque qui a failli lui coûter la vie, ou celle-ci qui se retrouve sans emploi et sans revenu (donc sans électricité et sans le minimum vital) avec deux enfants parce qu’elle a quitté Londres pour éviter un placement dans un foyer d’accueil. Comment vivre dans ce monde où tout est privatisé, y compris la Sécurité Sociale qui embauche pour ses basses oeuvres des « professionnels de santé » dont la compétence est limitée aux cases qu’il faut ou non cocher dans les formulaires et qui n’ont pas à tenir compte de l’avis des médecins ? Comment vivre quand on n’a pour soi que l’honnêteté, la générosité, l’humanité, face à une société complètement divisée qui utilise la loi pour contraindre et non pour reconnaître ces qualités ? Comment vivre quand on est traité de fainéant, d’assisté, quand on n’est qu’un numéro, quand on n’est même pas reconnu comme citoyen ? Comment vivre ? C’est certainement un film désespéré, un film qui trouve son énergie dans le désespoir. Et, pendant ce temps-là, en France, il en est qui disent que le régime de Margaret Thatcher a fait du bien à l’Angleterre. Si c’est vrai, c’est contre les Anglais, contre les ouvriers, contre les exploités. Qui meurent dans le froid et la misère.

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05 décembre 2016

Orsay a trente ans !

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Pour son anniversaire, le Musée d'Orsay a invité le public à plusieurs rendez-vous. J'y étais un soir où José Montalvo et ses danseurs ont mis en mouvement des poses figées dans certains tableaux ou certaines sculptures, ont figé les mouvements du public à l'image des statues ou des portraits disposés ici et là, dans la nef centrale ou dans certaines alcôves. Un air de fête, un immense atelier d'artiste où posaient des modèles vivants, parfois nus, toujours joyeux : Orsay a trente ans !

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04 décembre 2016

Swagger, film d'Olivier Babinet

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Naïla n’aime pas Mickey, une souris qui veut dominer le monde. Elle annonce aussi que, dans l’avenir, les drones seront petits, de la taille d’un insecte, qu’ils se poseront sur la table chez toi et qu’ils enregistreront tout… Pourtant les drones qui nous donnent les premières images de ce film nous font voir la banlieue autrement, dans un mouvement fluide, aérien. Et, une question vient, aussitôt : « Est-ce qu’Aulnay existait, avant ? » À cette question, plusieurs développements : Qu’y avait-il ici autrefois, avant les immeubles ? Pourquoi les « Français de souche (c’est quoi Français de souche ?) » sont-ils partis quand les Noirs et les Arabes sont arrivés ? Ce n’est pas un énième film sur la banlieue. C’est la parole donnée à quelques collégiens d’Aulnay-sous-Bois. La lumière sur leurs visages est belle, les couleurs derrière eux sont vives. Pourtant, leur quotidien n’est pas enjolivé. Le réalisateur a seulement mis les moyens pour qu’on les écoute, qu’on entende leurs désirs, leurs projets, leurs relations. Et, au fond, ces adolescents sont comme d’autres ados. Ceux qui habitent à Paris, « je les considère comme des personnes normales », dit Régis… Écoutez-les grandir.

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03 décembre 2016

Tôt ou tard

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Jacques Jouet (suivre oulipo dans la colonne de droite) a détourné la contrainte du baobab créée par Jacques Roubaud, que vous retrouverez ici.

Plutôt que de répéter les sons « bas » et « haut », il a essayé plusieurs autres options. En particulier celle qui va vous occuper aujourd’hui : il s’agira d’écrire un texte où alterneront les sons « to » (quelle qu’en soit l’orthographe) et « tard » (quelle qu’en soit l’orthographe). Pour ce faire, vous commencerez par faire une liste de mots contenant le son « to », et une autre liste de mots contenant le son « tar ». Puis vous composerez un texte de telle sorte que ces sons y arrivent alternativement. Voici un extrait d’un texte composé selon cette règle par Jacques Jouet :

le commandant Cousteau se couche tard
y a plus de Baltos sous les halles Baltard
au poteau, les potards  !
repliez les tréteaux, il est très tard

C’est à vous main tenant. Tôt ou tard, vous posterez vos textes dans les commentaires ci-dessous. Merci.

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02 décembre 2016

Les cahiers de Nijinski, par C. Hervieu-Léger et J.-C. Guerri - mise en scène par B. Lefèvre et D. San Pedro

Cahiers_Nijinski_chaillot-02_©François-Rousseau_@loeildoliv

La fièvre est dans le regard de Clément Hervieu-Léger, qui a souhaité incarner ce formidable danseur et a demandé à Brigitte Lefèvre et Daniel San Pedro de le mettre en scène. Et la chute du créateur de l’Après-midi d’un Faune est répétitive. Comme l’est aussi sa quête : pas de question mais des affirmations dites et redites comme pour s’y accrocher. « Je suis Dieu », « Je ne suis pas Dieu », « Je suis amour »… Nijinski devant nous se relève, remonte et retombe. Celui qui voulait suspendre son saut, comme un bond en plein ciel, tente bien ici un envol mais chute  encore et encore. À cause des autres, de sa femme, de Diaghilev, de son médecin. Le voilà prisonnier de lui-même. Ce que la voix de l’acteur tourne à en perdre la respiration. Parfois, une ombre, un double (Jean-Christophe Guerri) vient prendre soin de lui, l’aider à se remettre debout, à reprendre pied, quand il est au bord du déséquilibre. Pour nous donner ces sensations vertigineuses, le scénographe a imaginé un plateau blanc et fortement incliné. Comment l’homme peut-il atteindre Dieu, atteindre le ciel ? Et se trouver lui-même ?

J'ai vu ce spectacle au Théâtre national de Chaillot. Photo : François Rousseau

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01 décembre 2016

Révoltes - regards croisés sur des mouvements sociaux - exposition à la MJC de Palaiseau (91)

Coïncidence ? Pendant qu'au Jeu de Paume on peut voir l'exposition Soulèvements, à la MJC de Palaiseau le photo-club expose des images de manifestations revendicatives et/ou festives dans l'espace public.

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Cliquer sur les photos pour les agrandir

Exposants : Cécile Martin, Josette Sarda, Bertrand Gauthier, Serge Guichard, Rudolf Rosch

L'exposition se termine le 3 décembre 2016.

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