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28 février 2017

La tour de Babylone, de Ted Chiang

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Après L’histoire de ta vie, je suis revenu au livre de Ted Chiang qui s’ouvre avec La tour de Babylone, où le ciel est une sorte de plafond retenant des masses d’eau qui descendent parfois quand s’ouvrent les vannes de la pluie : la tour peut-elle donc atteindre le ciel ? 

Plusieurs nouvelles se suivent où je retrouve d’abord l’intérêt de l’auteur pour le langage et pour les sciences. Il explore aussi les croyances sous l’angle du savoir. En d’autres termes : qu’est-ce qui se passe si on pousse le plus loin possible la croyance comme si elle était un savoir ? Et même la science peut prendre l’aspect d’une croyance. 

Ainsi, que faire si on s’aperçoit qu’une vérité mathématique devient une erreur ? Faut-il adapter son propre comportement à cette nouvelle donnée ? 

Et quand, à l’ordre donné « Comprends », on devine que cette compréhension est mortelle, parce que l’intelligence a trouvé une autre intelligence qui la domine. 

Il y a aussi ces automates à qui il convient de donner un nom et des qualificatifs qui les mettront en mouvement ; comment éviter que l’euonymie engendre l’eugénisme ? 

J’ai d’abord résisté quand j’ai vu des anges descendre du ciel et apporter malheur ou bonheur dans la foudre et les éclairs ; puis j’en ai accepté le principe narratif, comme on accepte les mêmes principes dans la Bible, d’autant plus que l’auteur, ici, imagine un personnage subissant les malheurs de Job et bien au-delà. 

Enfin, un « documentaire » conclut le livre : il y imagine un médicament qui fait oublier la notion de beauté, avec l’ambition de créer des relations entre les humains sur la base de leurs qualités réelles, contredisant cette phrase de Stendhal placée en exergue : « La beauté est une promesse de bonheur ».

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27 février 2017

POÉTIQUE : REMARQUES, de Jacques Roubaud - février 2017

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« Ce volume rassemble un demi-siècle de réflexions dans une forme particulière de prose que j’appelle remarques. », écrit Jacques Roubaud. Il ajoute qu’il se compose de 15 sections de 317 remarques chacune. 317 étant un nombre premier, comme l’est aussi 2017, ce sera notre rendez-vous mensuel : vous trouverez, chaque mois, quelques-unes des remarques de Jacques Roubaud dans ce blog, précédées du numéro qu’elles ont dans le livre.

344. La poésie ne dit pas le vrai, et ne dit pas le beau, le bon, le juste, etc. puisqu’elle ne dit pas le vrai (elle dirait le vrai du beau, du bon, du juste…) mais le roman ? qu’est-ce qu’un roman qui dirait le vrai…

466. (Plotin) Comment un être identique et toujours semblable à lui-même aurait-il des souvenirs ? La mémoire est la trace des changements.

590. La lecture est au livre ce que la marche est au chemin et le lecteur est à la lecture ce que le marcheur est à la marche.

628. Un poème, ce poème ; jamais le poème.

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26 février 2017

Hiroko Watanabe expose à la Galerie Melkart

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Hiroko Watanabe offre la calligraphie, le shôdo, comme une oeuvre vivante. Elle a besoin de musique et notamment d’instruments différents pour s’exprimer. Des instruments traditionnels, par exemple, mêlés à des instruments contemporains. C’est ce qu’elle a montré, le 18 février, à l’Espace Christiane Peugeot, dessinant les idéogrammes aux rythmes du groupe Kumomoue.

La surprise, pour qui n’a jamais vu les performances de Hiroko Watanabe, vient du fait qu’elle dessine sur des supports qu’elle empile les uns sur les autres, formant des colonnes dont l’assemblage prend alors de nouvelles significations. L’espace se remplit peu à peu. Rien n’est figé. Qu’elle s’appuie sur des symboles ou simplement sur des lettres, cette fois évoquant les musiciens, ses partenaires de jeu, le simple fait d’écrire sur deux faces et d’articuler les caractères en hauteur donne d’innombrables perspectives que le miroir, dans la salle où la performance a lieu, renvoie à notre « lecture ». Ne connaissant pas les idéogrammes que l’artiste façonne, je me laisse porter par ce que mes yeux, et sans doute mes oreilles, traduisent. Et ce sont les formes animales qui s’imposent à moi, puissantes, solides.

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Je ne ressens pas les mêmes impressions quand je vais à la Galerie Melkart, quelques jours plus tard. Il n’y a pas de musique et je ne vois que des formes. Ici, la couleur change : du noir et du gris. Est-ce cela qui me rend sensible à la sensualité d’un mouvement ? Ici, les dessins me font penser à des corps humains : comme s’ils appelaient la danse. Des mots posés devant les oeuvres évoquent des éléments (« la rivière », par exemple), des actions (« chanter », « danser »…), des sentiments (« coeur », « décidée »…) mais ce ne sont que des propositions. Et les trois cubes superposés invitent, en quelque sorte, à composer des haïkus.

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C’est ici dans l’angle

Qu’est venu le papillon

Lire la rivière

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25 février 2017

Migracceptation

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La galerie Melkart expose dans l’Espace Christiane Peugeot, à Paris, jusqu’au 26 février des oeuvres regroupées sous le titre Migrartion (ci-contre oeuvre de Manolis Romantzis). Au coeur de cette exposition, des évènements ont été organisés, intitulés Migraction. La manifestation est présentée en ces termes :

Exposition collective parsemée d’évènements tout le long de sa durée afin de mettre le doigt de l’art sur le phénomène répétitif et probablement aussi ancien que l’humanité — qui de nos jours se trouve en pleine exaltation surtout en Grèce et dans tout le bassin méditerranéen — du déplacement, volontaire ou pas, d’individus ou de populations d’un pays dans un autre, temporairement ou définitivement, pour des raisons économiques, politiques, sociales ou culturelles.

En insérant dans le mot MIGRATION une consonne, les organisateurs font entendre le mot ART ou le mot ACTION. D’autres mots, commençant par A- et finissant par -TION pourraient venir se glisser dans notre compréhension de ces déplacements. Je vous invite à former de tels mots (qui seront des mots-valises) et à en donner la définition.

Exemples :

Migrartion : exposition d’oeuvres d’artistes explorant les processus à l’oeuvre dans les migrations, ou exposition d’oeuvres d’artistes ayant connu, eux-mêmes ou leurs ascendants, ces migrations.

Migracceptation : accueil et soutien des personnes déplacées ou réfugiées.

Migralphabétisation : apprentissage du français par les personnes migrantes, parce que maîtriser la langue du pays d’accueil permet à l’individu d’exister en tant qu’« être social », c’est le premier pas vers sa vie de citoyen. (extrait du Manifeste « Le français pour tous »)

C’est à vous main tenant. Proposez dans les commentaires ci-dessous vos mots-valises, commençant par MIGRA- et finissant par -TION. Merci.

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24 février 2017

Migrartion, exposition de Melkart Gallery à l'Espace Christiane Peugeot, à Paris

Samedi 18 février, Nikos Lyberis et Judith Kan faisaient entendre les textes du poète dans le cadre de cette exposition regroupant vingt-cinq artistes. Voici quelques oeuvres :

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Karo Cottier - Alain Carpentier

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Y. de la Fremondière - C. Evangelatos - G. Can Köroğlu

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Manolis Romantzis

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Francesca Di Bonito

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Laura Loriers

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Une performance de la plasticienne Hiroko Watanabe a conclu la journée.

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Ce samedi 25 février, seront présentées dans ce lieu deux Migractions : Peinture interactive avec l'artiste ALFI à 18h puis, à 19h (10€), Rebetiko, concert de musique populaire grecque. 

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23 février 2017

Chamboultou, par le Théâtre des Amulettes

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Au milieu du plateau, une tente bleue. La tente est un abri provisoire et déplaçable. Qui en a fait son logis ? Ça bouge, ça appuie, ça frotte, la paroi semble fragile, ce qui est dedans voudrait sortir : le moment est venu. Un pied, une main, des yeux, une bouche, oh ! C’est à moi, cette main ? C’est à moi, ce pied ? Et l’arrosoir, c’est à qui ? Des fleurs à la place des yeux ? Regarde : une tête coiffée d’une feuille de chou. C’est la fête ! Des couleurs en feu d’artifice. Tout le plateau en est rempli. La tête a un nez rouge et rond maintenant. Elle sourit, observe. Tiens, un panier. De la confiture à s’en mettre plein les joues. Et tout à découvrir : après soi-même, son propre corps, le monde : une scène de théâtre est inépuisable. On joue ? On dirait qu’il pleut… Vite, un abri !

Ce spectacle à voir à partir de 18 mois était présenté à la MJC Théâtre des Trois Vallées dans le cadre de la Semaine de l'Enfance.

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22 février 2017

Art brut au LaM - Musée de Lille Métropole - Villeneuve d'Ascq (59)

Outre le Parc de sculptures, le LaM est composé de trois parties : Art moderne, Art contemporain, Art brut. Voici quelques oeuvres de la partie consacrée à l'Art brut.

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21 février 2017

Des têtes au LaM - Musée de Lille Métropole - Villeneuve d'Ascq (59)

La visite, indique une annonce, peut durer environ 2 h 30. Ce jour-là, nous sommes arrivés un peu plus d'une heure avant la fermeture. Pas le temps de tout voir, ni de noter les noms des artistes (c'est pourquoi je n'en cite aucun ici) : il faudra y revenir...

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20 février 2017

Le parc de sculptures du LaM, à Villeneuve d'Ascq (59)

Un samedi, en hiver, juste avant la fermeture.

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Premier plan : Richard Deacon
Second plan : Maurizio Nannucci

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Pablo Picasso

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Alexandre Calder

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Eugène Dodeigne

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Jacques Lipchitz

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19 février 2017

Cet enfant, de Joël Pommerat, par le Dumme Kuh Théâtre

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À l’origine de cette pièce, il y a des rencontres, demandées par la CAF, en Normandie, autour de la parentalité. Il y a donc, avant les propos tenus sur une scène de théâtre, des réalités, des témoignages. Pourtant ce théâtre n’est pas le lieu d’un documentaire. Ce n’est pas non plus ce qu’on appelle du théâtre-forum. Il y a la scène et la salle, ici particulièrement séparées. Sur la scène, des chaises blanches alignées devant un fond noir, six : une par acteur, marquant une limite, qui sera plusieurs fois modifiée. Le premier monologue donne le ton : l’enfant que j’aurai, dit une jeune femme, il sera fier de moi parce que je saurai l’élever avec amour, mieux que je ne l’ai été par ma mère. Et les scènes qui vont suivre diront la difficulté, toujours, de prendre soin de l’enfant, d’être à la hauteur des obstacles qui vont se dresser sur notre route. Il n’y a pas de mode d’emploi. Joël Pommerat nous met face à un constat terrible. On sent, dans le public, que ces dialogues au couteau appuient où ça fait mal. Va-t-on porter un jugement sur ces parents incapables, ces enfants rebelles ? Ou bien le théâtre va-t-il trouver en nous-mêmes des échos parfois inavouables ? D’avant la naissance jusqu’à la mort de l’enfant, Pommerat est implacable. La mise en scène à laquelle j’ai assisté a choisi d’y mettre, avec justesse, peu d’affect : ce qui est sur scène est. À nous, en nous, d’en faire ce que nous pouvons.

J’ai vu ce spectacle proposé par le Dumme Kuh Théâtre, alors que je lisais Continuer, de Laurent Mauvignier, qui explore aussi la difficulté des relations d’une mère avec son enfant…

J’ai vu ce spectacle dans la salle de la MAVA, à Lille (59)

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