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28 août 2014

Aranéide, chorégraphie de Myriam Gourfink

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Bien installés sur un transat, sur les marches d’un gradin ou sur un tapis au sol, nous gardons les yeux levés vers celle qui tourne et évolue là-haut, sous la verrière quand vient l’obscurité, traquée parfois par un faisceau lumineux, parfois caressée par lui. Une araignée ? Sur sa toile ? Mains et pieds prennent appui sur les fils ou les saisissent entre les doigts. Parfois, ça vibre, parfois ça porte. L’ombre projetée sur les murs éloignés déforme le corps suspendu, planant. Et nous sommes suspendus, tendus par la musique qui agit comme un filet, une trame de sons. C’est un temps ralenti dans l’être et dans l’été, un mouvement ininterrompu qu’on a à peine vu commencer, une solitude offerte à la nuit.

(photo Benoît Pelletier)

Chorégraphie : Myriam Gourfink - Musique : Kasper T. Toeplitz - Trapèze : Clémence Coconnier - Lumière : Séverine Rième - Réalisation structure : Pierre-Yves Guillaumin - Régie technique, mise en réseau et en espace sonore : Zak Cammoun

J'ai vu ce spectacle au Carreau du Temple à Paris, dans le cadre de Paris Quartier d'Eté.

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27 août 2014

Via Katlehong Dance - Via Sophiatown

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C’est par les photos du quartier de Sophiatown que l’histoire entre dans ce spectacle et par quelques références finales à la littérature, au théâtre et à la chanson. Entre temps, nous avons une énergique et entrainante démonstration de danse… de salon. La troupe de Via Katlehong Dance veut témoigner d’une époque où le quartier de Sophiatown, à Johannesburg, n’était pas encore démembré par l’apartheid. Et, pour ce faire, elle enchaîne les airs et les danses comme des numéros. Certainement, le public est debout pour applaudir, certainement il y a du coeur dans les chants et les corps sur la scène. Sans doute faut-il remarquer ici la présence des femmes, alors que les groupes de danse sud-africains sont traditionnellement masculins. Mais je ne retrouve pas ce qui m’avait touché avec les Phuphuma Love Minus l’année dernière, à La Villette. Peut-être une sorte de ferveur.

(photo Annely Boucher)

J'ai vu ce spectacle au Théâtre de la Cité Internationale à Paris, dans le cadre de Paris Quartier d'Eté.

 

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26 août 2014

Jimmy's Hall, film de Ken Loach

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Irlande, 1932. Jimmy revient après un exil de 10 ans aux Etats Unis. Une guerre est finie et Jimmy vient retrouver la ferme où sa mère est seule. Bien sûr, ça ne se passera pas comme il l’avait prévu. Les paris sont pris. Les jeunes demandent la réouverture du dancing qu’il avait construit avec ceux de sa génération et qui est abandonné depuis dix ans. Et Jimmy va accepter.

C’est un personnage à l’écoute des autres. Généreux, animé du sens de la vie commune, pensant qu’il faut étudier ensemble, lutter ensemble, et danser et chanter ensemble, autant de moyens d’être libres. 

Ken Loach fait ici l’éloge de ce que j’appelle « l’éducation populaire » : une maison où partager, apprendre, s’amuser, lire, se distraire, débattre, résister… Dans cette Irlande, le pouvoir est tenu par l’église, par les propriétaires terriens, il y a peu de place pour la parole des gens du peuple, des jeunes, pour une forme laïque et joyeuse d’organisation sociale. Et Jimmy va permettre l’expression de ceux-ci. Il n’agit pas comme un chef de parti, il écoute, dialogue y compris avec ses ennemis qu’il respecte, forçant en retour le respect du vieux prêtre qui s’oppose à ses méthodes. 

Je dis volontiers merci à Ken Loach de montrer à quel point « l’éducation populaire » est un ciment pour la société même quand elle est combattue par les tenants du pouvoir, de quelque idéologie qu’ils soient, et même s’il faut toujours résister et recommencer.

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25 août 2014

Chalon dans la rue 2014 (9)

Beaucoup d'autres spectacles étaient proposés. Voici quelques images.

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Les regardeurs (Les Souffleurs)

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Mathieu Moustache - Midi 12

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Les Krilati

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Dromosofista - Capsule 6.1 (Nejma)

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Gendarmery - Le Juke Box d'Hélène et Ivan

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Factoria circular

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L'Espérance de Saint-Coin

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24 août 2014

Chalon dans la rue 2014 (8)

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Klesudra, par les Frères Kazamaroffs

Ils sont trois, ils sont quatre (photo de la Compagnie). L’un d’eux est une marionnette qui prend parfois toute la place. Qui s’essaie à jongler, parce que, dans les histoires des Kazamaroffs, on jongle toujours. Cette histoire-ci est celle d’un puits qui, creusé pour les besoins d’un homme, a détourné toute l’eau qui allait au village. Il n’y a pas de message, répète le conteur, il n’y a pas de leçon. Mais il y a l’occasion fabuleuse de jongler avec les paroles, avec la musique, avec le sable, avec l’air, avec la lumière, avec les images, avec l’eau. Le décor recèle des surprises merveilleuses. Le papillon qui traverse la scène entre deux éventails, les fleurs qui poussent et éclosent sur l’écran, tous les moments de ce spectacle sont des moments de grâce.

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23 août 2014

Le début et la fin

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La première phrase d’un livre est nommée incipit. C’est du latin et ça veut dire que ça commence. C’est d’ailleurs l’incipit du Voyage au bout de la nuit (Céline) : « Ça a débuté comme ça. »

La dernière phrase du même Voyage dit : « Il appelait vers lui toutes les péniches du fleuve toutes, et la ville entière, et le ciel et la campagne, et nous, tout qu’il emmenait, la Seine aussi, tout, qu’on n’en parle plus. »

La Parabole du failli, de Lyonel Trouillot, commence ainsi : « Pardon Pedro. » Et s’achève par ces mots : « Que dans la chemise cachée sous le matelas, il nous reste des choses à lire. »

Les premiers mots sont sans doute ceux qui vont nous conduire dans le livre ; avec les derniers, on se quitte. Parfois, les personnages qu’on a rencontrés sont devenus des proches et on les quitte à regret. Parfois, on se libère d’une histoire lourde et angoissante. 

Quand on commence un livre, on est souvent tenté d’aller voir la fin. Quand on lit un livre, on voit s’accumuler les pages déjà tournées et l’impatience s’installe à l'approche des dernières pages. C’est en tournant les pages que je comprends le sens du mot « volume » désignant un ouvrage littéraire. 

Vous avez lu un ou plusieurs livre(s) pendant cet été pluvieux. Dans les commentaires ci-dessous, je vous invite à copier la première et la dernière phrases de ces livres (en précisant le titre et l’auteur). Elles nous diront comment vous avez été accueilli et comment vous avez été raccompagné à la sortie de vos lectures. Merci.

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22 août 2014

Chalon dans la rue 2014 (7)

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L’épate en l’air

Il nous accueille bien, ce clown un peu étrange, qui nous tutoie, comme si nous étions tous des enfants. Egalitarisme ? Nous allons vite voir que non. Il mène son affaire sous sa yourte. « Une yourte est l'habitat traditionnel (tente avec une ossature démontable en bois recouvert de feutre) de nombreux nomades vivant en Asie centrale, notamment les mongols et turkmènes. L'étymologie du mot est d’origine turque yurt. Les mongols lui préfèrent le vocable ger. » (wikipédia) Et de nous faire croire que nous allons assister à une démonstration de traditions mongoles. D’ailleurs, il nous présente un mongol. Leur relation, on le verra assez vite, sera celle du maître à l’exécutant, jusqu’à ce que ça se retourne, bien sûr. Et que le faux gentil qui nous a accueillis soit enfin puni (Molière n'est pas loin). Mais ce n’est qu’une histoire, de clowns et de contorsions. Une histoire qui garde pour la fin sa part de magie.

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21 août 2014

Chalon dans la rue 2014 (6)

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D'ébauche, par les Presque siamoises

De quoi sont-elles remplies ? Sans doute le spectacle des Fugaces est-il encore dans mon esprit quand je rencontre les Presque siamoises. Me revient aussi à l’esprit le récit de cette jeune femme, Tania, de la Compagnie Attention Fragile, expliquant qu’après sa grossesse, elle ne pouvait plus faire certaines des contorsions qu’elle faisait auparavant. Ces deux-là jouent avec les mots et avec leurs corps : D’ébauche, le titre annonce toutes les tentatives qu’elles vont faire devant nous, avec nous presque, contentes pas contentes, emmêlées, piétinées, tenant sur la tête, la tête sur un pied, le dos arrondi comme une tortue retournée qui tente vainement de revenir sur ses pattes. Quelques accessoires, la perche pour tourner les pages là-haut, le déambulateur pour tenir debout quand les corps semblent se désarticuler, des casseroles, des fleurs… Et une trappe s’ouvre : elles ont disparu.

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20 août 2014

Bords de Marne, un jour d'août 2014

Des dessins, des arabesques, tracées par des mains ou dessinées par les arbres.

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Cliquer sur les photos pour les agrandir.

Aujourd'hui, vers 10h, la 134000e visite à ce blog, venue de Poitou-Charentes, est arrivée sur une page présentant la Vénus hottentote. Merci.

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19 août 2014

Chalon dans la rue 2014 (5)

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Impromptus chorégraphiques, par Frichti concept

Ils sont trois, deux femmes, un homme. Je les ai vus deux fois, deux jours différents. Ils dansent 23 minutes, deux fois. Deux façons différentes d’appréhender un espace, de l’ouvrir en quelque sorte. Le public s’est assis là où tout semblait être mis en place. Mais les danseurs ont transformé le rapport de ce même public avec le spectacle. Quand on est dans l’espace public, faut-il conserver le rapport qu’on dit frontal entre public et spectacle ? Ou peut-on en profiter pour déplacer les regards et les corps, et pas seulement ceux des danseurs ? Il ne s’agit pas ici de faire danser le public, mais bien de le surprendre, de le contourner, de le faire se lever, se tourner, un instant destinataire d’un objet ou d’un geste, un temps au centre des regards sans être pour autant gêné de cette situation. Ça raconte ce que je projette dans le mouvement, le doigt pointé vers les toits me rappelle que, quelques jours auparavant, des personnages vêtus de noirs y brandissaient des croix blanches, symboles des luttes ; la boîte refermée recèlera le secret d’un regard échangé ; les balais comme autant d’appuis pour marcher auront quelque familiarité avec les escabeaux de la veille ; et, quand les danseurs s’allongeront au milieu de la route devant l’Hôtel de Ville, j’imagine la sensation de chaleur que leur donnent les pavés. Des sensations, des souffles, des corps, ici et maintenant.

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