main tenant

29 avril 2016

Les Jeunes Pousses, 16 et 17 avril 2016, à Saulx-les-Chartreux (91) - 2 -

Installations et créatures étranges dans le parc.
Oeuvres de Roland Cros, Estelle Gavanon et Willy Fruchart.

DSCN3294

DSCN3311 DSCN3312

DSCN3315 DSCN3320

DSCN3329

DSCN3331

DSCN3350

DSCN3356

DSCN3360

DSCN3421

DSCN3424

DSCN3427

DSCN3439

DSCN3454

DSCN3459

 

Cliquer sur les photos pour les agrandir

Posté par onarretetout à 08:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


28 avril 2016

Les Jeunes Pousses, 16 et 17 avril 2016, à Saulx-les-Chartreux (91) - 1 -

D'abord le parc de la Jonchère.

DSCN3295 DSCN3297

DSCN3342 DSCN3354

DSCN3365

DSCN3367

DSCN3380 DSCN3438

DSCN3450

DSCN3453

DSCN3461

Cliquer sur les photos pour les agrandir

Posté par onarretetout à 07:42 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

27 avril 2016

Anthologie de poésie haïtienne contemporaine - avril 2016

James Noël propose une anthologie de poésie haïtienne contemporaine, « un brassage de tempéraments passionnants qui rassemble quatre générations ouvertes et poreuses aux grands flux de l’histoire, de l’amour, du pays, du jeu, de la colère, du monde, du sexe, de l’exil, de la mer, de la joie »… C'est notre rendez-vous mensuel, accompagné de documents extraits du n°3 de la revue Intranqu'illités (Maître d'oeuvre : James Noël - Direction artistique : Pascale Monnin, Barbara Cardone)

on ne quitte pas ce pays
on ne le quitte pas

intranquillites

un jour on croit partir loin très loin
s’en aller à jamais
laissant les nuages derrière soi
ivres de transhumance
lourds de fragilité
laissant les nuages
nouer et dénouer haut perché(e)s
leurs arabesques dans le ciel

un jour on croit s’en aller
laissant la ville s’éteindre
puis se raviver
phénix aux mille songes de désespoir repu(s)
la pluie déraciner l’ultime dialogue
des arbres avec la terre

un jour on croit partir
laissant la mer
se rétrécir
de tant de deuils et de déchets
se taire les rivières
jusqu’à se consumer
telle l’ultime note d’un blues

on ne quitte pas ce pays
on ne le quitte pas

Louis-Philippe Dalembert

Photo de Fred Koenig, sur le tournage de L'Arbre de la Liberté de Maksaens

Posté par onarretetout à 07:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

26 avril 2016

Le tour complet du coeur, par la Compagnie Attention fragile

IMG_7680

Le jour même où j’ai vu Les ogres, je suis allé voir Le tour complet du coeur, sous le chapiteau de la Compagnie Attention fragile, installé avec les caravanes de ce théâtre forain dans le Parc de Choisy, à Paris. Et c’était pour enfin découvrir ce spectacle extraordinaire créé en 2002, interprété par Gilles Cailleau.

Tout Shakespeare en une soirée, annoncé pour une durée de 3 h 15. Et tout Shakespeare dans l’ordre, à peu près, de la publication des pièces. Chaque pièce suscite de nouveaux accessoires et, seul, Gilles Cailleau incarne Antoine Garamond, qui lui a confié la roulotte et le projet, ses deux fils, l’aîné et le plus jeune (« Ouiiii… »), et une multitude de personnages portant les ambitions, les turpitudes, les amours, les défaites, les trahisons, les espoirs, les violences, les rires que Shakespeare leur a conférés. Et, régulièrement, l’acteur s’adresse au public, à celui-ci ou à celle-là, apportant de l’eau à une femme enceinte, une couverture à un homme qui semble avoir froid, s’inquiétant de l’effet d’une flamme sur les cheveux gris d’une spectatrice… distribuant à la fin de quoi réaliser ensemble une inoubliable Tempête. Nous sommes complices de ce qui se joue, car c’est bien de nous qu’il s’agit dans les actes d’Othello, de Richard III, des Commères et des autres. C’est bien nous qui mourons quand Roméo trouve Juliette inanimée. De cette soirée, beaucoup d’images se sont inscrites dans ma mémoire ; et notamment, ce jeu de bonneteau pour évoquer les quiproquos d’une comédie ou la formidable scène de masques d’une tragédie. 

IMG_7679

Posté par onarretetout à 07:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

25 avril 2016

Quatre-vingts, une chanson d'Areski

Le jeu de samedi dernier et la chanson du film Les ogres reprise dimanche m'ont conduit vers une autre chanson retrouvée dans un disque d'Areski Belkacem, publié chez Saravah en 1970, à l'époque où il ne signait que de son prénom auprès de Brigitte Fontaine, de Jacques Higelin et, pour cette chanson, de Pierre Barouh.

Une fille à sa fenêtre
moi qui passe, moi l’inconnu
d’un regard je l’ai reconnue
cette fille à sa fenêtre
moi qui passe, moi l’inconnu 

FullSizeRender

Cette fille à sa fenêtre
a toujours le même visage
c’est la femme à travers les âges
De ses cendres elle sait renaître
pour les inconnus de passage

Voyageur, soldat en retraite
vagabond ou bien conquérant
comme moi tu lèves la tête
plus rien n’existe dans l’instant

Que la fille à sa fenêtre
et ses rêves qui nous rassurent
Pour toi qui cherches l’aventure
toi qui rêves de bien-être
tout est là entre quatre murs 

Son image nous accompagne
son image au goût de regret
son image dans ta montagne
dans ma ville, dans ton marais  

Une fille à sa fenêtre
depuis des siècles a fait rêver
pour des siècles fera rêver 
tous ceux pour qui le verbe être
ne devrait pas se conjuguer

Posté par onarretetout à 07:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


24 avril 2016

Les Ogres, film de Léa Fehner

affiche_les_ogres_120_hd

La mort est toujours toute proche dans ce film de Léa Fehner. Dès le générique, elle rôde, elle fait tomber l’acrobate et sursauter les spectateurs. Elle semble mener le jeu, s’impose dans la vie de la troupe, où menace la dépression individuelle et collective, dépression que l’appel de la scène, sous le chapiteau, combat férocement. La caméra nous emporte dans la danse de La Noce, de Tchekhov. Et à propos de L’Ours, du même Tchekhov, je retiens cette discussion entre le chef de la troupe (François Fehner) et sa femme (Marion Bouvarel) qu’il a fait revenir pour jouer le rôle de la veuve : « Le mec de L'Ours, il est fatigué, tu comprends ? Des femmes, de son travail, des verstes qu'il a parcourues, de parler, d'argumenter, de demander de l'argent... Fatigué de vivre, aussi : le fait qu'il parle de duel, ce n'est pas rien, non ? Et sa fatigue lui donne des envies de meurtre ou de suicide. S'il tombe amoureux de cette femme, ce n'est pas parce qu'elle est séduisante, il n'en a plus rien à foutre ! C'est parce qu'elle est folle, dérangée, parce qu'elle a, elle aussi, envie de mourir !… » Car la troupe du Davaï joue L’Ours et La Noce, deux pièces en un acte de Tchekhov, un auteur qui écrivait à la fin d’une époque. Ce film est un conte à la fin d’une époque, donc au début d’une autre. 

Et passe par la question qui revient plusieurs fois de la place du père dans ces temps troublés. Ici, des pères il y en a de toutes sortes : un qui ne veut pas devenir adulte, un qui est parti laissant une femme (Inès Fehner) et trois enfants, un dont le premier fils est mort et qui va de nouveau se trouver face à une naissance (Marc Barbé). Est-ce que ce sont eux, les ogres du film ? « Qu'est ce qu'on en a foutre des pères, ça sert à rien, ils font chier, qu'ils aillent se faire foutre ! »

Pour s’en délivrer, il faut sans doute prendre le large, partir, vivre sa propre vie. Ou accoucher loin du père (Adèle Haenel). Mais c’est aussi pour les femmes de la troupe prendre leur vie en mains, car elles n’ont pas envie de mourir, quand les hommes démissionnent ou sont submergés de chagrin et de désespoir.

Et c’est ainsi que s’achève le film : une chanson interprétée par la troupe et l’accordéon (Philippe Cataix) qui accompagne l’installation et le rangement du chapiteau :

Je tapisse mes lèvres 
d’obscènes offrandes 
j’enfourche le crépuscule 
et tourne dans l’autre sens 
je ne suis fait pour rien vraiment 
et le monde est en moi 
je ne pensais rien vraiment 
et le monde me comprend

Une femme, 
une femme à sa fenêtre
réclame 
rebelle dans son être 
de l’âme 
que souffle la tempête
de l’âme 
que souffle la tempête

J’abandonne mes rêves 
je reste une demande 
fidèle renoncule 
je croule sous le sens 
je ne veux rien vraiment 
et c’est une exigence 
de n’être rien vraiment 
c’est peut-être une chance 

Une femme, 
une femme à sa fenêtre
réclame 
rebelle dans son être 
de l’âme 
que souffle la tempête
de l’âme 
que souffle la tempête

Posté par onarretetout à 07:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

23 avril 2016

Être et aller

FullSizeRender

Pour un concours, récemment, on a demandé quel était le temps du verbe « trouver » dans la proposition suivante, extraite d’un texte de Victor Hugo (que vous pouvez lire ici) : « ce qui rampe sur la terre avait été trouver ce qui s'épanouit dans l’air ».

Il fallait prendre les trois verbes qui se succédent dans cette proposition pour répondre à la question : « avait été trouver », donc. Il fallait sans doute en passer par le futur proche « cela va trouver ». Puis construire, à partir de cette tournure, une sorte de futur antérieur : « cela était allé trouver ». Et admettre que Victor Hugo avait utilisé le verbe « être » pour remplacer le verbe « aller », à ce temps composé (« était allé » est devenu « avait été »). Le futur antérieur était si peu évident que je me demande si les candidats l’ont reconnu. Je me demande aussi si mon raisonnement est juste.

Cela signifierait-il aussi que Victor Hugo a confondu « être allé » et « avoir été » ? Sans doute, et ce n’est pas le premier ni le dernier. « Force est de constater, écrit Bernard Cerquiglini, qu’avoir été et être allé sont en fait synonymes ». On peut certes nuancer cette affirmation. Ce que fait, d’ailleurs le dictionnaire Littré : il est allé signifie qu’il a fait le voyage ; il a été exprime qu’il en est revenu. La nuance se reconnaît peut-être plus facilement à d’autres formes de la conjugaison : je vais à Paris est différent de je suis à Paris. 

Je vous propose, aujourd’hui, d’écrire deux phrases, l’une construite avec le verbe aller au temps que vous voudrez ; l’autre reprenant les mêmes mots mais avec le verbe être à la place du verbe aller, au même temps que dans la précédente.

Exemple :
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers (Arthur Rimbaud)
Par les soirs bleus d’été, je serai dans les sentiers.

C’est à vous main tenant. Conjuguez être et aller au temps qu’il vous plaira. Et postez vos propositions dans les commentaires ci-dessous. Merci.

Posté par onarretetout à 08:02 - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : ,

22 avril 2016

Promenade printanière

Quelques pas sur la Coulée verte René Dumont, à Paris.

DSCN3270 DSCN3271

DSCN3272 DSCN3276

DSCN3279

DSCN3278

Cliquer sur les photos pour les agrandir.

 

Posté par onarretetout à 08:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

21 avril 2016

C'est un métier d'homme, d'après Autoportraits d'hommes et de femmes au repos - Mise en scène et jeu : D. Fouquereau, D. Migeot

IMG_7648

Comme cela arrive souvent à l’OULIPO (suivre le lien dans la colonne de droite), tout commence avec un texte, cette fois un texte de Paul Fournel, Le descendeur, où il développe un autoportrait du descendeur dont la première phrase est : « Mon métier consiste à descendre du haut de la montagne jusqu’en bas. » Suit l’ambition d’être le premier, le souci du détail pour y parvenir, jusqu’au moment de l’échec et du repos. D’autres oulipiens ont repris la structure du texte et fabriqué d’autres autoportraits dont se saisissent les deux comédiens, Denis Fouquereau et David Migeot, pour faire entendre et voir la subtilité, l’humour, la virtuosité de ces textes et de leurs auteurs. Ils utilisent pour cela quelques accessoires, n’hésitent pas à s’installer dans le public (pour l’autoportrait de l’écrivain), à changer de costumes et même à monter en chaire, jusqu'à finir avec une scène évoquant le début de l'humanité au pied d'un grand monolithe noir... On sort de la salle réjoui d'avoir passé cette heure dans la jonglerie des mots et des situations. C’était dans l’auditorium de la BNF, à Paris, à l’occasion d’une des soirées mensuelles de l’OULIPO.

Posté par onarretetout à 08:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

20 avril 2016

Antoine Mouton à la Rencontre poétique chez Tiasci - Paalam en avril 2016

DSCN3253

Il accueille les gens qui arrivent, disant son nom, serrant les mains… La main d’Antoine Mouton, qui accueillait quelques instants auparavant, accompagne ses mots, de gestes ronds, ou incisifs, de mouvements de vagues ou de nuages. Ce sont d’abord des nuages, en effet, photographiés pendant un  voyage en train, et ces mots simples, textes très brefs, évoquant celui-ci, celui-là, celui « qui / s’en va ». Puis sa lecture va nous emporter dans des textes inédits, assez longs, nous permettant d’en apprécier la période, la cadence. La poésie, chez lui, ne consiste pas à filer la métaphore. Elle est faite de la matière des mots qu’il tresse (trois verbes, trois brins), et s’apparente au modelage, à la danse. Dans la discussion qui suit cette lecture (que quelques pages des Chevals morts viennent conclure), Antoine Mouton raconte qu’il écrit des mots quand il se réveille dans la nuit, sans chercher alors à les agencer autrement que selon leur venue et que ces mots seront, plus tard peut-être, articulés ensemble et avec d’autres. Il dit aussi, plusieurs fois, écrire ou avoir écrit en voyage : le train pour Où vont ceux qui s’en vont ? la voiture pour Les Chevals morts. Une écriture, et une lecture, qui nous mettent en mouvement.

DSCN3266

Posté par onarretetout à 07:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :