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On entre dans une affaire judiciaire grâce au personnage de Nora (Marina Foïs), quelqu’un comme vous et moi, qui s’occupe de son garçon, exerce un métier, a une vie sentimentale. Ce personnage fictif nous permet de trouver une place dans cet imbroglio judiciaire. Elle connaît les enfants dont la mère a disparu et dont le père est accusé de l’avoir assassinée. Elle est convaincue de l’innocence du père. Que les éléments de ce film, à l’exception du personnage de Nora, soient réels, là n’est pas son intérêt. C’est plutôt de montrer comment fonctionne la justice, qui n’est qu’une institution humaine quand elle porte le nom d’une qualité morale. Institution humaine, comme la police, qui peut être manipulée et dont on peut oublier l’objet. Pourtant, l’accusé a déjà été acquitté. Le second procès en appel va dérouler à nouveau les éléments et c’est l’avocat Éric Dupont-Moretti (Olivier Gourmet) qui va défendre Jacques Viguier (Laurent Lucas). Il n’aura de cesse de résister à l’obsession de Nora, de rappeler que la justice n’est pas réglée par la haine, et que l’objet du procès que nous suivons n’est pas de désigner un coupable mais bien de dire s’il y a des preuves de la culpabilité de l’accusé. Marina Foïs, Olivier Gourmet et Laurent Lucas nous saisissent, chacune et chacun dans son registre et donnent une puissante crédibilité à leurs personnages. Antoine Raimbault, le réalisateur qui signe là son premier long métrage, réussit à nous tenir en haleine jusqu’à la toute fin du film qui libère Nora et les spectateurs que nous sommes. Bien qu’on n’assiste pas à la discussion des jurés, on pense à un autre film, Douze hommes en colère, mais ici, c’est, pour une des rares fois, l’exercice de la justice française, et non américaine, que nous voyons à l’oeuvre, notamment par la parole d’Éric Dupont-Moretti.