arton17471

Très vite, dans la lecture de ce livre, ce qui m’intrigue c’est la première personne du singulier, ce « je » qui suit l’enfant qui fuit, qui part comme sa mère est partie, comme elle a disparu, à travers la forêt, ce lieu des mystères et des énergies. Parce que ce « je » n’est pas loin : « Je t’entends respirer ». La première personne du singulier suit donc un enfant à qui « je » parle. Il viendra bien un moment où ces deux-là se rencontreront, se regarderont dans les yeux.  N’est-ce pas la responsabilité de l’auteur de voir où vont ses personnages ? N’est-ce pas d’avoir vécu ce qu’à leur tour les personnages connaissent ? Et « il y a l’enfance et le monde », écrivait Jeanne Benameur dans un de ses ouvrages précédents. Et le monde n’est pas qu’un centre, c’est aussi toutes ses marges. Dans ce court roman où notre intimité est engagée, trois générations vont se débattre avec leur destin, celui qu’on ne lit pas dans les lignes de la main. Une rivière interdite, une forêt où poussent d’étranges maisons, un village qui garde enfouis ses secrets. Et, dans tout cela, devenir soi.