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Elle danse, Lys Martagon. Elle danse au rythme des listes : fleurs, mers, îles, verbes. Elle parle sans arrêt, c’est pour ça qu’elle psalmodie des listes, parce qu’elle parle. Aux arbres, à la Belledonne, la montagne. Comme Erri de Luca. La montagne, c’est aussi la ville tout en bas, celle où travaille la mère, celle où on ne gagne pas sa vie, mais la fatigue. La fatigue qui fait tourner les heures plus vite qu’il ne faudrait. Et s’il ne répond pas, l’arbre, il est patient, il écoute. Tous les arbres, si on leur parle, écoutent. Le choeur, que Lys Martagon n’entend pas, qui ne parle pas d’une seule voix, dit aux spectateurs ce qu’elle attend, ce qu’elle espère, un baiser de Démétrio. Mais Démétrio  aura-t-il peur du nouveau ? Peu importe, Lys Martagon en appelle au monde et à l’amour. Elle ira encore dans la montagne, là où il y a « un drap blanc. / Blanc à tomber par terre ». Dans le texte de Philippe Dorin, En attendant le Petit Poucet, qu’Émilie Le Roux a aussi mis en scène, les deux personnages cherchent un petit tapis où ils pourront enfin retirer leurs chaussures. C’est peut-être ça, le théâtre. C’est peut-être ça, l’amour. C’est peut-être ça, le monde.

J'ai vu ce spectacle interprété par Les veilleurs (compagnie théâtrale) au Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine (94)