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51hudjEq+eLau-dessus des gibets des croix et des statues
au-dessus des micros des codes et des prières
quand les dieux n’ont pas l’oeil sur leurs écritures
on délivre des paroles de pollen de sang de sève et de sisal
imaginant l’avenir pour l’horizon et la vigie

on meurt alors c’est vrai d’attiser les alarmes
au son de l’oud et du violon
au rythme du blues, des conques et des tambours

on meurt d’attiser la mémoire
une et mille nuits de cauchemars sans les contes pour imager les rêves
on meurt de désigner son nom au livre ouvert aux yeux des assassins
on meurt face au mur anonyme poseur de graffitis
(poètes de vingt ans d’avance assassinés)
on meurt d’abriter les enfants, la justice et l’amour
on meurt de viser l’injustice dans le journal d’Alger de Prague de Bogota le Crisis de Harlem Tropiques la dissidente le Drum de Soweto les Feuilles de Tarussa
on refuse d’être survivant si la mort propose la survie
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