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Après L’histoire de ta vie, je suis revenu au livre de Ted Chiang qui s’ouvre avec La tour de Babylone, où le ciel est une sorte de plafond retenant des masses d’eau qui descendent parfois quand s’ouvrent les vannes de la pluie : la tour peut-elle donc atteindre le ciel ? 

Plusieurs nouvelles se suivent où je retrouve d’abord l’intérêt de l’auteur pour le langage et pour les sciences. Il explore aussi les croyances sous l’angle du savoir. En d’autres termes : qu’est-ce qui se passe si on pousse le plus loin possible la croyance comme si elle était un savoir ? Et même la science peut prendre l’aspect d’une croyance. 

Ainsi, que faire si on s’aperçoit qu’une vérité mathématique devient une erreur ? Faut-il adapter son propre comportement à cette nouvelle donnée ? 

Et quand, à l’ordre donné « Comprends », on devine que cette compréhension est mortelle, parce que l’intelligence a trouvé une autre intelligence qui la domine. 

Il y a aussi ces automates à qui il convient de donner un nom et des qualificatifs qui les mettront en mouvement ; comment éviter que l’euonymie engendre l’eugénisme ? 

J’ai d’abord résisté quand j’ai vu des anges descendre du ciel et apporter malheur ou bonheur dans la foudre et les éclairs ; puis j’en ai accepté le principe narratif, comme on accepte les mêmes principes dans la Bible, d’autant plus que l’auteur, ici, imagine un personnage subissant les malheurs de Job et bien au-delà. 

Enfin, un « documentaire » conclut le livre : il y imagine un médicament qui fait oublier la notion de beauté, avec l’ambition de créer des relations entre les humains sur la base de leurs qualités réelles, contredisant cette phrase de Stendhal placée en exergue : « La beauté est une promesse de bonheur ».