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L'histoire de ta vie est le titre de la nouvelle qui sert de base au film de Denis Villeneuve, Premier contact. On peut, à la lire, noter les différences entre les deux oeuvres, voir ce que l’une apporte à l’autre, et réciproquement. Comme quand vous lisez une histoire à un enfant en la modifiant légèrement ici et là, et que l’enfant vous arrête en vous faisant remarquer qu’il connaît l’histoire et qu’il n’accepte pas que vous la changiez ; vous lui dites : « — Si tu connais déjà la vraie histoire, pourquoi veux-tu que je te la lise ? — Parce que je veux l’entendre ! » répondra l’enfant. C’est un peu de cela, justement, qu’il s’agit. Et de l’entendre au présent : « À ce stade de ta vie, il n’y aura pour toi ni passé ni futur. (…) Tu ne percevras que le MAINTENANT. Tu vivras au présent. Sous bien des aspects, c’est un état enviable. » Le texte écrit par Ted Chiang (traduit par Pierre-Paul Durastanti)  nous fait approcher peut-être de manière plus précise les différences de perception des lois physiques entre les extraterrestres et les humains, notamment les "principes variationnels ", mais aussi que la connaissance des « langues heptapodes » ne peut se développer « hors de la présence des heptapodes ». Et ce qui me touche dans la lecture (et ne m’était pas paru si évident quand j’ai vu - deux fois - le film), c’est la solitude de Louise au moment de son récit.

Les quelques indications de l'auteur, en fin de livre, signalent, entre autres, ce qu'il doit à Kurt Vonnegut et à son introduction de l'édition du 25e anniversaire du livre Abattoir 5.