Christophe Tarkos (1963-2004). Deux dates entre parenthèses, ça donne l’impression que c’est fini, limité, coincé entre deux, et pourtant, la vie (même si on ne l’a qu’en plus de la mort, comme l’écrit Attila Jozsef – voir dans ce blog, le 21 janvier) ne s’arrête pas. C’est la vie posthume. Publication pour Christophe Tarkos d’Ecrits Poétiques (éditeur P.O.L.).

isabelle_brillantJ’avoue que ma première lecture de cet auteur (c'était en 2000) m’a stupéfait. Je suis d’abord resté sur la marge, sur la rive de ce fleuve, de ces répétitions, de ces avancées faites de mouvements apparemment désordonnés. Et puis, je suis rentré dans le fleuve, emporté dans les mots et j’y reviens régulièrement. Je ne pense pas que ce poète me donne à voir quelque chose, il me donne à sentir, à toucher la langue vivante, à entrer dans sa fabrique.

Ma langue est poétique. Elle n’est pas un mécanisme ferroviaire installé devant la maison du garde-barrière aux côtés des deux manettes d’aiguillage. Elle ne subit pas la logique thermodynamique de la machine à vapeur, elle n’est pas électrifiée, elle ne possède pas de plan de montage et de démontage annuel pour la huiler, elle ne se dirige pas par va-et-vient et par rotation. Elle est fluide. Comme un ruisseau de montagne. Elle court, elle descend, elle se retourne et continue, elle court dans les pierres.

Cliquer sur l’image (une toile d'Isabelle Brillant) pour écouter un poème de Christophe Tarkos interprété par la Troupe Eolie Songe