Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

main tenant

30 octobre 2026

besoins vitaux

L’économie de la mort, tel est le titre du livre de Françoise Vergès publié aux éditions La Fabrique.
Elle y montre comment « dans les camps de réfugiés, les camps de rétention, les logements temporaires, les refuges pour femmes, les foyers pour migrants, les prisons, les centres d’éducation pour la jeunesse, les services psychiatriques, les hospices pour personnes âgées », on constate une politique de négligence organisée par L’État. Elle démontre dans ce livre comment « les obstacles à la satisfaction des besoins vitaux élémentaires, imposés par la force ou par la loi, s’ancrent dans les politiques et pratiques consubstantielles à l’histoire esclavagiste et coloniale ». Sa démonstration est étayée d’exemples : Gaza et la difficile vie sous les tentes, et aussi les travailleurs et surtout travailleuses interdit·es de pauses dans certaines entreprises aux USA pour les toilettes et dont certain·es urinent et défèquent debout et portent des couches... Les exemples qu’elle cite sont expliqués par ce qu’elle désigne sous le nom de « punitif impérialiste et raciste » : l’histoire d’Haïti lui en fournit toute la palette, jusqu’à celle de la dette. 
Les politiques de l’eau, qui est un besoin vital élémentaire, révèlent ici et là qu’elle est une arme de guerre : en Haïti où une rivière a transporté il y a quelques années une épidémie de choléra, et en Palestine où les autorités militaires israéliennes ont instauré un contrôle total sur toutes les ressources en eau. Un chapitre du livre est consacré à Mayotte où, « deux ans après le passage du cyclone, l’eau est encore jugée non potable ou infectée ».
Françoise Vergès conclut son livre avec un chapitre intitulé « Respirer à nouveau » où elle évoque des réponses féministes antiracistes décoloniales à la satisfaction des besoins vitaux :  «  la terre, l’eau, l’air et la fin de la guerre permanente ».

29 octobre 2026

annulation

J’ai reçu ce message de l’association La Tannerie Regard Parole (Houdan):
Cher public,
Suite à une lettre anonyme reçue par la mairie et qui n’est pas sans rappeler les périodes les plus sombres de l’histoire de notre pays, nous sommes dans l’obligation d’ajourner les lectures musicales prévues le dimanche 1er novembre.

Ces lectures avaient pour titre  
Polyphonie pour la Palestine, livre publié par L’Harmattan et regroupant 102 poètes de trente et un pays.

28 octobre 2026

souche

Smaïl Chertouk, après « L’Algérie tu l’aimes ou tu la kiffes », a écrit « Étrangers de souche » (Orient éditions). Avec une pointe d’humour, il y révèle la source de l’expression « Français de souche », en signale l’à peu près, personne n’étant capable de la définir.  Son livre, l’auteur le commence avec l’Algérie, puis il va examiner tous les clichés concernant les « étranges étrangers », reprenant l’expression de Jacques Prévert. Son ton reste léger, sans être donneur de leçons, mais il démonte tous les préjugés, les mensonges, parlant des croyances, des habitudes alimentaires, des vêtements, de tout ce qui peut insister sur la différence plutôt que sur la richesse que représente la diversité, rappelant ces mots de Woody Allen : « Le monde est plein d’étrangers ».

27 octobre 2026

vespéral

Des plantes et leur ombre dans un éclairage artificiel, juste avant la nuit.
Art involontaire ?

 

26 octobre 2026

partage

Vers la fin de son livre Mathilde Boulay cite Sofiane, un jeune de la Génération Ascenseur (l’association où Mathilde s'est engagée) ; le jeune homme prend la parole lors d’un évènement « Génération discriminée ? » au Palais de la Porte-Dorée : « Voilà une classe qui se tient sage... » Je vous parle d’une scène que vous connaissez sûrement : une scène qui montre 151 jeunes à Mantes-la-Jolie, nassés, agenouillés, en rangs serrés, les mains sur la tête, encerclés par les forces de l’ordre, mis tour à tour après, des heures durant, en garde à vue. C’était un 6 décembre, où le froid mordant se mêlait à la fièvre des contestations. Ce jour-là, ce n’était pas simplement une réponse à des protestations ; c’était un miroir tendu vers la discrimination enracinée dans notre société. »

Sofiane, un peu plus tard, contacte Mathilde : « J’aimerais écrire, raconter mon parcours au plus grand nombre. Aurais-tu un peu de temps à m’accorder pour me conseiller ? » 
Elle poursuit : « Quand le désir d’écrire se transmet, quand un autre s’engage au service d’une cause et a la volonté de partager à son tour son récit, d’élever sa voix pour faire bouger les lignes en nourrissant notre société de son expérience (...), il ne s’agit plus de moi, ni de l’Ascenseur. Nos livres, nos médailles, nos engagements, notre mérite, nous amènent collectivement plus loin. » 

25 octobre 2026

mérite

Je suis revenu au livre de Mathilde Boulay.

J’y trouve ces définitions de mots dont je comprenais le sens imparfaitement :

« Les personnes racisées sont celles auxquelles on colle une étiquette raciale. (...) Le mot « racisé » a été inventé pour décrire un phénomène sociologique ».
«  Nous tous, moi y compris, nous pouvons tour à tour nous retrouver dans une situation d’essentialisation (réduire un individu à une seule de ses dimensions) ».

« Les discriminations ne relèvent pas uniquement de comportements isolés ; elles s’inscrivent aussi dans des structures sociales qui, parfois, malgré les intentions des individus, reproduisent des désavantages durables. » 

« La discrimation est une hydre, présente dans chaque regard fuyant, dans chaque mot qui blesse, dans chaque opportunité qui nous échappe, infiltrant le logement, l’éducation, l’emploi. » 

 

 

24 octobre 2026

trouver

Voici un poème de Thomas Vinau extrait de son recueil paru chez les Venterniers, ça suffira merci. 


Plus je vieillis
et plus je vais marcher
comme ça
pour rien
juste pour marcher
quand tu ne sais plus quoi faire de toi
marcher c’est déjà bien
et la plupart du temps
il vient marcher avec moi
on marche ensemble
une importante partie de la vie
consiste je crois
à trouver
avec qui marcher


Aujourd’hui, c’est très simple : il suffira de recopier ce poème en remplaçant le verbe marcher par un autre verbe (à l’infinitif) de votre choix, par exemple commençant par l’initiale d'un prénom. 
Exemple :

Plus je vieillis
et plus je vais jouer
comme ça
pour rien
juste pour jouer
quand tu ne sais plus quoi faire de toi
jouer c’est déjà bien
et la plupart du temps
il vient jouer avec moi
on joue ensemble
une importante partie de la vie
consiste je crois
à trouver
avec qui jouer

C’est à vous main tenant. Merci de poster votre texte dans les commentaires ci dessous.
Juste pour vous : lisez votre texte à voix haute. 

23 octobre 2026

réussir

Mathilde Boulay interroge la notion de mérite sous le titre « Nous méritons mieux » (éd. Calmann Lévy). 
Dans les premières pages de son livre, elle cite Agathe Cagé, « directrice d’étude à l’ENS, lors de son audition par la délégation à la prospective en février 2026. Celle-ci y explique que dans la France des années 1970, il fallait à un ouvrier vingt ans pour rattraper le niveau de vie d’un cadre ; aujourd’hui il lui faut plus de cent ans. (...) Pour Agathe Cagé, le niveau de tolérance à ces chiffres aujourd'hui dans la société française et dans les prochaines années sera déterminant pour le modèle social français et son avenir. » 
À la page suivante, Mathilde Boulay indique : « Cela ne repose pas seulement sur les individus, mais sur la force du collectif. Car lorsqu’une personne réussit, quand elle a le choix de son avenir et conscience de ses possibilités, c’est toute la société qui réussit avec elle. » 

Je reviendrai dans quelques jours sur ce livre qui porte les valeurs de la vie associative et, interrogeant la notion de réussite et de mérite résonne particulièrement dans les semaines que nous vivons.

22 octobre 2026

voix

C’était le 20 octobre, à la Maison de la Poésie de Paris : Nour Elassy, palestinienne de Gaza, et Karim Kattan, palestinien et français ayant vécu en Cisjordanie, l’une et l’autre vivant en France, ayant l’une et l’autre publié récemment un livre : poésie pour Nour (Ceci est ma maison - éd. Les liens qui libèrent), récit de fiction pour Karim (Septentrionale - éd. Les Liens qui Libèrent). Leur échange devant une salle pleine est modérée par Carole Boidin, et Dalal Richa est interprète.
Nour et Karim se connaissent, le second ayant écrit une postface au recueil de la première. La rencontre s’est articulée autour d’une sorte de dialogue par textes extraits de leurs livres. Les poèmes de Nour font un lien avec le réel, par la mémoire, par l’introduction d’une nature souffrant de la séparation forcée ; les chapitres de Karim évoquent une sorte de monde post-apocalyptique, nocturne. On ne peut pas dire que l’un répond à l’autre mais je suis sensible à cette double lecture, au timbre de ces voix que je n’avais jamais entendues et qui atteignaient en moi des zones différentes.
La fin de la rencontre est concentrée sur la question de la langue : Nour écrit en anglais, qu’il s’agisse de ses chroniques journalistiques ou de ses textes plus intimes, et ce premier recueil n’est publié, jusqu’à ce jour, que traduit en français. Les poèmes sont introduits par un titre en arabe et en français sur une page divisée en deux parties égales. Karim estime, pour ce qui le concerne, que la langue arabe, qui s’écrit de droite à gauche, éprouve une difficulté à trouver concrètement une place dans un texte en français.

J’ai lu plusieurs livres de Karim Kattan : Hortus conclusus  Préliminaires à un verger futur

J’ai lu le recueil de Nour Elassy. Vous en trouverez plusieurs textes dans ce blog entre le 25 septembre et le 7 octobre.

21 octobre 2026

Ouvrant un livre de Kettly Mars au hasard, à la page 89, Je ne te trouverai pas deux fois dans ce même corps (éd. Mémoire d’encrier), je lis ces phrases :

 

J’irai à la manif demain, Saïka. Mon amie me regarde et je comprends qu’elle a peur pour moi. Pour une fois je ne te comprends pas, Zi. Tu n’as jamais manifesté d’ardeur politique, même pas de penchant… Quand je te parle du Parlement ou des choses que je sais de nos politiciens, tu ne m’écoutes même plus… Cette fois c’est différent, lui réponds-je. Elle est forte, la nouvelle conscience qui se réveille, elle fascine, je m’y accroche. (…) Quand je suis dans la rue avec tous ces gens qui en ont marre, qui hurlent et transpirent leur rage et leurs frustrations, j’ai l’impression de me purifier de l’intérieur, de rejeter mes angoisses par la plante de mes pieds sur le bitume qui fait quarante degrés parfois.

 

(L’action se passe en Haïti : « Il faut tout faire pour oublier Chávez et son programme de solidarité atlantique qui a fait une nouvelle poignée de millionnaires et deux ou trois millions de désespérés en plus. »)

main tenant
main tenant
Derniers commentaires