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3 septembre 2026

Jonas

Jonas est mort. Mais avant de mourir, il a témoigné. C’est son petit-fils, jeune adulte, qui a recueilli ce témoignage. Jonas travaillait à la mine, comme les autres ; lui, on le surnommait « la Taupe ». Son physique s’était façonné à son travail sous terre. La mine a connu des accidents. Les mineurs, leurs familles ont été exposés à des maladies dont le narrateur rend compte, ayant eu accès au dossier médical de l’entreprise. Des années après l’abandon de la mine par l’entreprise et les habitants, Jonas témoigne donc et transmet un message qui s’installe dans mon esprit en y déposant un secret. Terrible secret. Qu’en faire ?

Dans ma maison sous terre, de Nicolas Martin (éd. Esquif)

2 septembre 2026

Monory

C’est dans la revue Chorus, dans les années 1970, que j’ai rencontré le nom de Jacques Monory. Près de cinquante plus tard, il peint le Centre de notre galaxie, que j’ai remarqué il y a quelques jours au Mac-Val, à Vitry-sur-Seine (94)

 

1 septembre 2026

Ulysse

Cinq ans ont passé. J’ai retrouvé Ulysse, le tableau d’Étienne Armandon, à peu de distance de la galerie où je l’avais découvert.

 

31 août 2026

le plancher de Jeannot

Découvert il y a quelques années dans un texte de Perrine Le Querrec, et jamais oublié depuis, j’ai vu, ce dimanche, Le plancher de Jeannot au MAC VAL, à Vitry-sur-Seine (94)

 

30 août 2026

Exilé.es

Jane Sautière publie chez Quidam éditeur un texte dont elle a trouvé le titre dans L'Enfer de Dante cité par Primo Levi : De la terre des pleurs un grand vent s’éleva. C’est l’accueil dont elle témoigne dans sa vie quotidienne. C’est l’humanité : une humanité « par le pain partagé ». Engagée bénévole dans l’association des « P’tits Déj’ Solidaires », elle évoque la rencontre, le partage, la mort, l’espoir et aussi la naissance. Un texte court, simple, un manifeste de vie, d’attention aux autres.

29 août 2026

fleuve

Gérard de Nerval écrit à Victor Hugo quelques tercets pour le remercier de lui avoir «  donné son livre du Rhin ». Je vous en propose les mots formant les rimes des deux premiers tercets :

preuve - fleuve - comparaison - sauvage - rivage - raison

Et je vous invite à écrire un court texte où ces mots apparaitront. Vous n’êtes pas obligés d’en faire un poème.

Exemple : Je suis arrivé à cet endroit sans raison qui m'oblige. Je voulais juste voir la Lorelei. Elle était sur le fleuve. J’avais mon appareil photo pour rapporter la preuve de ma venue. Mais l’appareil est tombé dans l’eau sauvage et je suis rentré bredouille de ce rivage. J’ai essayé d’en faire un dessin mais tout est flou, il ne supporte pas la comparaison.

 

28 août 2026

une tasse de café

(...)
 

Sur la balançoire de ce soir, le vent se tapit, hurle, sanglote.
Qui brûle les champs de coton ?
Qui réveille l’imaginaire du tyran ?
Bien des peuples ont traversé cet Orient avant nous
D’autres le traverseront après nous
Le hennissement de leurs chevaux meurtris par les distances
Est le nôtre.
Les contes relatent les contes
Et ce départ
D’un extrême à l’autre de la nostalgie
Est nôtre.

Et moi
Dans ces ruines, j’ai voulu
Ouvrir la porte
Et inviter ce matin solitaire
À une tasse de café.


extrait du recueil Une rose sur la photo de famille, de Hala Mohammad (éd. Bruno Doucey)
traduit de l’arabe (Syrie) par Antoine Jockey.

27 août 2026

langage

J’ai commencé la lecture du livre de Wendy Delorme, Viendra le temps du feu (éd. Cambourakis), sur une plage et je souhaite en partager ici les mots à l’endroit où j’ai suspendu ma lecture :
«  Les outils du langage viennent fixer ce qu’ils peuvent de l’expérience humaine. Souvent, c’est moins le sens des mots qui rend pleinement ce qu’ils tentent de décrire, que le rythme qu’ils prennent à l’oreille qui entend, sans même qu’on les prononce. Car les mots qu’on écrit présentent ceci d’étrange qu’ils s’égrènent en musique résonnant seulement pour l’être qui les lit. Et c’est cette musique silencieuse et secrète qui dessine le mieux la forme de ce qu’ils disent. » 

26 août 2026

Sumud

Dans les dernières pages du livre de Yara El Ghadban et Rodney Saint-Éloi, Les fascistes n’ont jamais compté les étoiles(éd. Mémoire d’encrier), il est question du sumud, un mot qui dit un certain rapport au temps pour les Palestiniens :

«  Le sumud découle du temps de l’olivier. La vie d’un être humain n’est ni le début ni la fin. Le commencement est toujours possible sans s’emprisonner dans les mythes d’origine, car tout commencement est en fait un recommencement. Il n’y a pas d’origine absolue, pas de point zéro que quiconque peut revendiquer à soi, en excluant les autres. C’est un mouvement. Comme le dit si bien Eddé de la pensée d’Edward Saïd : « Pour lui, le commencement est actif, l’origine passive, l’un s’inscrit dans l’histoire humaine, l’autre relève du mythe. » Plus loin, elle écrit que pour Edward Saïd, « l’origine est une fiction impénétrable, le commencement une amorce d’avenir. » 

image de Sergine André

25 août 2026

dépossédés, silenciés

Quand Yara El Ghadban et Rodney Saint-Éloi évoquent les fascistes, voici quels verbes arrivent : « Tuer. Piller. Haïr ».  Et je pense au slogan franquiste : « Vive la mort ». Cette sorte de culte associée aux deux autres verbes dit la volonté de puissance qui justifierait toute domination jusqu’à l’asservissement des êtres, à l’extermination des peuples et à  la possession de l’univers.
Les mots échangés entre Yara El Ghadban et Rodney Saint-Éloi s’engagent alors dans le récit des histoires des peuples oubliés, exterminés, rejetés, déshumanisés. Et chacune, chacun disent leur pays, leur peuple, les violences subies. Et chacune, chacun « recommencent l’utopie ».

 

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