un poème de Thomas Vinau, extrait de son recueil Ça suffira merci (éd.Les venterniers)
Le néflier fleuri dans le givre
on l’a planté quand ma grand-mère est morte
il faudrait planter quelque chose
à chaque coup de grisou
chaque injustice
chaque perte
la peine est une terre
légère
sur laquelle tout pousse
le monde ne serait plus
qu’une immense forêt
emplie de fantômes
de serpents à sornettes
de papillons empoisonnés
de macaques mélancoliques
et de fleurs à néfliers
ça suffira merci, de Thomas Vinau (éd. les venterniers)
Près de deux ans qu’ils vivent côte à côte et que Thomas Vinau se promène avec son chien Tupac presque chaque jour, en marchant en écrivant, comme s’ils écrivaient à quatre mains ? pattes ?
Je ne sais pas où je suis
mais c’est là où il faut
tout est bien qui commence bien
Cynorhodon
arbousier
pyracantha
lierre et sureau
toutes les couleurs
pour les oiseaux
Francis vit seul dans une maison un peu à l’écart du village, maison dont l’intérieur est décoré de multiples dessins, de ceux qui évoquent les peintures pariétales jusqu’à d’autres plus proches de notre siècle. Et il préfère la lumière naturelle, et la nuit donc aussi. Se nourrit de peu. La maladie l’oblige à se soigner : hôpital, médicaments en pilulier. Chaque mercredi, un enfant vient lui demander un dessin, un gros chat... Et Yannick, qu’il a rencontré à l’hôpital, prend de ses nouvelles et lui rend visite. Manu Larcenet aborde la solitude, la maladie, la fin. Yannick conseille à Francis d’écrire à ses enfants qu’il n’a pas vus depuis plusieurs années... Écrire et dessiner seront les principales activités de Francis. Et observer la nature, le soleil, les étoiles, les oiseaux... Et par ci par là, un ours court dans les pages, avec sa valise et son bâton de marche...
À plusieurs reprises, dans ce blog, j’ai cité quelques poèmes de Nour Elassy, publiés par Les liens qui libèrent.
Aujourd’hui, je vous propose quelques mots de Karim Kattan extraits de sa postface à ce recueil :
Des profondeurs de désespoir et de sang qui inondent ses pages,Nour Elassy revendique aussi quelque chose d’autre ; quelque chose d’absent de ses chroniques, où elle se doit d’être intraitable, précise et habitée de rage politique : elle revendique sa naïveté. En fait elle réclame, car elle doit, une chose qui devrait être simple pourtant : sa jeunesse. Sa jeunesse, et son espoir, et ses rêves, qui constituent la naïveté essentielle au travail poétique.
Inventaire de ce qu’il reste après que la forêt a brûlé, de Michele Ruol (éd. Le Tripode)
La mère, le père, les garçons, une famille. On sait qu’il y a eu un incendie et un accident. Peu à peu, à la manière d’un inventaire qui remue les souvenirs, on en apprend plus sur la famille, les relations qui s’y sont établies, l’accident et ses conséquences. La façon d’écrire de Michele Ruol nous fait entrer dans l’intimité de cette famille, et nous attache aux sentiments de la mère, et, à travers elle comme si c’était elle qui racontait, à ceux du père puis des garçons. Sous cette forme d’inventaire, chaque chapitre ayant pour déclencheur un objet de la maison ou de la famille, c’est un roman dont l’écriture fait de nous des témoins proches qui découvrons peu à peu les évènements, si l’on peut y survivre, et comment. Certes, le livre a une fin mais il peut être lu comme un conte d’aujourd’hui, laissant espérer que la forêt qui a brûlé puisse encore renaître à une vie nouvelle et différente.
Pour inaugurer la Troisième Biennale Franco-Algérienne, après la conférence d’Ahmed Bedjaoui sur le cinéma algérien, c’est Kamel El Harrachi qui a emporté dans ses rythmes, ses musiques tour à tour entraînantes, nostalgiques, poétiques, un public ravi d’être là, invité par un mot, un accord, une chanson-fleuve à taper dans les mains, à venir danser sur scène. Quatre instruments à cordes, deux instruments à percussion, un clavier, et la musique chaâbi se développe, séduit une salle qui l’accompagne, et fait le voyage.
À l’occasion de la troisième biennale franco-algérienne, à Alfortville (94), Ahmed Bedjaoui a présenté, devant une salle pleine, l’histoire du cinéma algérien à la fois dans son contexte historique et dans ses exigences de qualité. Il a cité de nombreux films et cinéastes, évoquant les influences, notamment italiennes, la lutte anticoloniale et la place des femmes dans l’aventure du cinéma algérien.
Après cette conférence, Ahmed Bedjaoui a dédicacé son livre, « Le cinéma algérien en 44 leçons » (éd. Meziani Mohamed-Walid), un ouvrage riche en analyses de films, replacés dans leur histoire et révélant ou soutenant des noms qui inscrivent le cinéma algérien dans le cinéma mondial et la littérature.
Sur un parterre fleuri, une plume blanche a stoppé mes pas, le temps pour moi de prendre une photo.
J’ai commenté cette photo en une phrase contenant six mots commençant par la lettre « p ».
Je vous invite à la poursuivre d’une autre phrase contenant elle aussi six mots commençant par la lettre « p ».
Exemple :
Et puis je suis allé présenter la photo à plusieurs personnes pouvant nommer ces fleurs.
C’est à vous main tenant. Merci de poster votre phrase dans les commentaires ci-dessous.
La librairie l’établi et la Maison de la Culture Arménienne, à Alfortville (94), présentaient, ce 1er octobre, Edgar Hilsenrath avec Agathe Pin, autrice d’une biographie de cet auteur, dans une rencontre animée par Sevan Ananian.
Voici les couvertures réunies des livres d’Edgar Hilsenrath publiés par le Tripode :