chantier
L’immeuble sera nommé « poésie ». C’est sans doute pour y semer des étoiles qu’au niveau du premier étage en chantier un escabeau semble un moyen d’attraper le ciel.
/image%2F1015781%2F20260917%2Fob_a6f435_ooapin-780.jpeg)
L’immeuble sera nommé « poésie ». C’est sans doute pour y semer des étoiles qu’au niveau du premier étage en chantier un escabeau semble un moyen d’attraper le ciel.
/image%2F1015781%2F20260917%2Fob_a6f435_ooapin-780.jpeg)
/image%2F1015781%2F20260917%2Fob_63a763_pas-le-chaos.jpeg)
Pablo est venu en France après avoir quitté le Chili où il a connu les prisons de Pinochet. Mais il n’en dit rien. Rien de son enfance, rien de ces prisons. Marion Brunet ne laisse pas les lecteur·ices sans information, mais c’est Pablo qui reste secret. Ce n’est pas qu’il ne transmette rien : une carte du Chili est accrochée au mur dans la maison qu’il a choisie, avec Florence, au bord de la mer. Il est inscrit dans un club de boxe, il accompagne sa fille, Victoria, au haras voisin. Mais il ne répond pas aux questions de ses proches. Sinon parfois avec des mots de poètes. Que pourrait-il dire ? Raconter, ce serait revivre un passé très douloureux.
À 18 ans, sa fille part, sans le prévenir, au Chili. Il doit la retrouver et risquer de se confronter à ce passé qu’il ne peut plus, désormais, taire.
Ce livre m’a bouleversé. Par son propos et par l’écriture de Marion Brunet qui sait nous garder au plus près des préoccupations de ses personnages.
Un autre poème de de Cheikh Tidiane Gaye
UNIVERSALE
Il mio nome è arabo
Il mio cognome è wolof
la mia nascita è scrittura che si legge in primavera quando l’estate suona alle mie porte
l’alfabeto sorride all’arcobaleno
che mi offre colori e coreografie.
Mi tuffo nell’alveare divento dolce, dolce docile
il mio dardo è sorriso.
Per me le frontiere sono come luci che mi guidano nella traversata verso altri alfabeti
nella traversata di dune discordanti
nella traversata di mari moribondi.
Sono la canzone che vivifica,
la collana che porto intorno al collo,
intorno al mio cuore colmo
la collana d’oro, la collana parlante
che cammina ai confini dei mari e degli oceani.
L’UNIVERSEL
Mon prénom est arabe
Mon nom est wolof
Ma naissance est une écriture qui se lit au printemps, Quand l’été sonne à mes portes
L’alphabet sourit à l’arc-en-ciel
Qui m’offre couleurs et chorégraphies.
Je m’abreuve dans la ruche
Je deviens doux, doux,
Docile,
Mon dard est le sourire.
Les frontières ne sont que des lumières pour me guider À la traversée vers les autres alphabets,
À la traversée des dunes discordantes,
À la traversée des mers moribondes.
Je suis la chanson qui revigore,
Le collier que je porte autour de mon cou Autour de mon coeur étendu
Le collier d’or, le collier parlant,
Qui marche aux confins des mers et des océans.
extrait de Ma terre Mon sang, poèmes de Cheikh Tidiane Gaye
(Kanaga Edizioni)
j’ai courtisé la beauté
de tes syllabes,
de ton ventre de mélodies est née l’aube
qui m’a nourri
et engraissé
et maintenant prête-moi ta flûte lisse
qui me glisse
sous ton ombre ombrageuse buvant
tes chansons,
forêts de paroles,
et tes paroles de poésie qui caressent
mon ouïe étourdie
mes yeux abusés
mais présents au ballet des chorégraphies
/image%2F1015781%2F20260914%2Fob_4d741c_cigale.jpeg)
Nicolas Pineau relève dans son livre La cigale par les ailes quelques mots du philosophe Alain, à propos du « Cimetière marin » de Paul Valéry :
« ... ce vers de dix syllabes est didactique ; je le sens maintenant plus que jamais ; mais comment l’expliquer ? J’ai quelquefois tenté d’allonger quelques-uns de ces vers à la mesure de l’alexandrin (...) ; si vous l’essayez, vous serez étonné sans doute comme moi de tomber dans un autre monde. L’alexandrin s’allonge, il nous entraîne, il nous jette au vers suivant ; il émeut, il raconte. »
Et voilà que je pense à Victor Hugo posant ce vers à l’aspect bancal (et plusieurs autres) dans Les contemplations : « J’ai disloqué ce grand niais d’alexandrin ».
Ne s’agit-il que de passer de dix pieds à douze, le plus souvent répartis en deux fois six, et puis casser ce rythme pour trouver autre chose et surprendre l’écoute ou la lecture ?
Il est six heures trente à la ferme. Une lueur rosée monte derrière le coteau et Sorna éteint les bougies pour faire place au grand soleil. Aujourd’hui, la cohorte des simples met fin au secret de la Révolution sensible et se présente, pour la première fois réunie aux gens de la cité. Le moment est venu de faire corps commun. Disposée en cercle, la cohorte impatiente se colore des premiers rayons qui s’élèvent et les peaux se parent d’or.
(extrait de La cohorte des simples, de Mélanie Jouen, dans Les Utopiennes - Bienvenue en 2044)
/image%2F1015781%2F20260913%2Fob_8b1583_numeriser-6.jpeg)
/image%2F1015781%2F20260911%2Fob_1e97f0_ooapin-779.jpeg)
Par-dessus le toit, j’ai aperçu une tête dans les nuages.
L’expression m’a poursuivi : avoir la tête dans les nuages.
Et d’autres expressions ont rejoint celle-ci tandis que je marchais : avoir l’estomac dans les talons, ne pas avoir les yeux dans les poches.
Il n’a pas fallu longtemps pour que j’en fasse une petite histoire :
Il avait la tête dans les nuages et, chemin faisant, il passa devant la vitrine d'une pâtisserie ; il avait l’estomac dans les talons mais n’avait pas les yeux dans ses poches. Il entra.
Je vous invite à trouver des expressions composées comme celles que j’ai utilisées et utilisant des mots du corps. Avec trois de ces expressions, vous pouvez raconter une petite histoire.
Merci de la poster dans les commentaires ci-dessous.
Le CAEL, Centre d’Animation, d’Expressions et de Loisirs, est situé rue des Rosiers à Bourg-la-Reine (92). Tout près de ce bâtiment, dans un square nommé Îlot des rosiers, une sculpture de Marc Vellay a été installée, intitulée Les premiers pas, titre qui résonne si près d’un lieu de loisirs, d’expressions et d'apprentissages.
/image%2F1015781%2F20260910%2Fob_1809a9_ooapin-777.jpeg)
/image%2F1015781%2F20260910%2Fob_978dc6_ooapin-775.jpeg)
/image%2F1015781%2F20260909%2Fob_68dfaa_images-11.jpeg)
Extrait de Sido, de Colette :
Peut-être nos voisins imitaient-ils, dans leurs jardins, la paix de notre jardin où les enfants ne se battaient point, où bêtes et gens s’exprimaient avec douceur, un jardin où, trente années durant, un mari et une femme vécurent sans élever la voix l’un contre l’autre…
Il y avait dans ce temps-là de grands hivers, de brûlants étés. J’ai connu, depuis, des étés dont la couleur, si je ferme les yeux, est celle de la terre ocreuse, fendillée entre les tiges du blé et sous la géante ombelle du panais sauvage, celle de la mer grise ou bleue. Mais aucun été, sauf ceux de mon enfance, ne commémore le géranium écarlate et la hampe enflammée des digitales. Aucun hiver n’est plus d’un blanc pur à la base d’un ciel bourré de nues ardoisées, qui présageaient une tempête de flocons plus épais, puis un dégel illuminé de mille gouttes d’eau et de bourgeons lancéolés… Ce ciel pesait sur le toit chargé de neige des greniers à fourrages, le noyer nu, la girouette, et pliait les oreilles des chattes… La calme et verticale chute de neige devenait oblique, un faible ronflement de mer lointaine se levait sur ma tête encapuchonnée, tandis que j’arpentais le jardin, happant la neige volante… Avertie par ses antennes, ma mère s’avançait sur la terrasse, goûtant le temps, me jetait un cri :
- La bourrasque d’Ouest ! Cours ! Ferme les lucarnes du grenier !… La porte de la remise aux voitures !… Et la fenêtre de la chambre du fond !
(Lecture de ce texte entendue hier)
/image%2F1015781%2F20260909%2Fob_926af1_1417329-11dpvz06-1.jpeg)
(...)
Ô monde, monde étranglé, ventre froid !
Même pas symbole, mais néant, je contre, je contre,
Je CONTRE, et te gave de chiens crevés.
En tonnes, vous m'entendez, en tonnes je vous arracherai ce que vous
m'avez refusé en grammes.
(Henri Michaux La nuit REMUE)
/image%2F1015781%2F20260909%2Fob_ee4f61_surl-echelledanser.jpeg)
jusqu’à demain que fugue danse. les couteaux.
et les chevaux. s’il ne fallait que partir. à rôder le pays. de rien et saisissant nous en souvienne. pleine bouche et AGAINST. et rien de juste et rien de rien. saisissant comme ici et maintenant. rien qu’à. on dit oublier. s’il ne fallait que d’ailleurs on danserait. à rôder le pays ici est la rose. s’il ne fallait qu’un cadavre. ce sont corps très étranges. à hurler le silence ne restera qu’à. rien. rien. à toujours. à toujours ici et maintenant rien qu’à. ici à creuse langue ces lèvres qui REMUENT.
(...)
(Claude Favre sur l’échelle danser)