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main tenant

10 septembre 2026

jardin

Extrait de Sido, de Colette :
 
Peut-être nos voisins imitaient-ils, dans leurs jardins, la paix de notre jardin où les enfants ne se battaient point, où bêtes et gens s’exprimaient avec douceur, un jardin où, trente années durant, un mari et une femme vécurent sans élever la voix l’un contre l’autre…
Il y avait dans ce temps-là de grands hivers, de brûlants étés. J’ai connu, depuis, des étés dont la couleur, si je ferme les yeux, est celle de la terre ocreuse, fendillée entre les tiges du blé et sous la géante ombelle du panais sauvage, celle de la mer grise ou bleue. Mais aucun été, sauf ceux de mon enfance, ne commémore le géranium écarlate et la hampe enflammée des digitales. Aucun hiver n’est plus d’un blanc pur à la base d’un ciel bourré de nues ardoisées, qui présageaient une tempête de flocons plus épais, puis un dégel illuminé de mille gouttes d’eau et de bourgeons lancéolés… Ce ciel pesait sur le toit chargé de neige des greniers à fourrages, le noyer nu, la girouette, et pliait les oreilles des chattes… La calme et verticale chute de neige devenait oblique, un faible ronflement de mer lointaine se levait sur ma tête encapuchonnée, tandis que j’arpentais le jardin, happant la neige volante… Avertie par ses antennes, ma mère s’avançait sur la terrasse, goûtant le temps, me jetait un cri :

- La bourrasque d’Ouest ! Cours ! Ferme les lucarnes du grenier !… La porte de la remise aux voitures !… Et la fenêtre de la chambre du fond !

(Lecture de ce texte entendue hier)

9 septembre 2026

l’un l'autre

(...)
Ô monde, monde étranglé, ventre froid !
Même pas symbole, mais néant, je contre, je contre, 
Je CONTRE, et te gave de chiens crevés.
En tonnes, vous m'entendez, en tonnes je vous arracherai ce que vous 
  m'avez refusé en grammes.

(
Henri Michaux La nuit REMUE)


 

​​​​​​​jusqu’à demain que fugue danse. les couteaux.
et les chevaux. s’il ne fallait que partir. à rôder le pays. de rien et saisissant nous en souvienne. pleine bouche et AGAINST. et rien de juste et rien de rien. saisissant comme ici et maintenant. rien qu’à. on dit oublier. s’il ne fallait que d’ailleurs on danserait. à rôder le pays ici est la rose. s’il ne fallait qu’un cadavre. ce sont corps très étranges. à hurler le silence ne restera qu’à. rien. rien. à toujours. à toujours ici et maintenant rien qu’à. ici à creuse langue ces lèvres qui REMUENT.
(...)

(Claude Favre sur l’échelle danser)

8 septembre 2026

Reboiser

Samedi 5 septembre, à l’occasion du Village associatif de la Ville d’Alfortville (94), la Librairie l’établi a proposé et accompagné la réalisation d’un arbre dont les feuilles portent, chacune, le titre d’un livre. Cet arbre est aujourd’hui exposé dans la vitrine de la librairie : un arbre, des feuilles, des livres.
Après cet été d’incendies de forêts et cette rentrée marquée par une tempête d’une grande violence qui a mutilé de nombreux arbres dans la ville, une même exigence : protégeons les arbres, protégeons les livres.

IL FAUT REBOISER L’ÂME HUMAINE (Julos Beaucarne)

7 septembre 2026

Figures

Dans un ouvrage intitulé Hypallages (Jean-Benoît Desnel éditions - collection « Qui ne sait rien de rien ne doute »), Suzanne Dracius présente des femmes, souvent méconnues, et, si elle commence par celles qui ont lu le poème inaugural de présidents des États Unis,Elizabeth Alexander pour Barack Obama, Maya Angelou pour Bill Clinton, puis Amanda Gorman pour Joe Biden, elle consacre plusieurs pages à Olympe de Gouges dont, sans cacher ses ambiguïtés, elle souligne que son combat pour les femmes allait de pair avec sa lutte contre l’esclavage. Elle revient aussi à Lumina Sophie dite Surprise, et aux «  figures féminines défigurées », Suzanne Césaire, Paulette Nardal. Dans un dernier texte de ce livre, elle présente Joséphine de Beauharnais, dont elle doute qu’elle soit à l’origine du rétablissement de l’esclavage aux Antilles, rappelant que «  le code Napoléon imposait le devoir d’obéissance de la femme envers le mari » et que c’est un autre Napoléon qui commença la colonisation de la Nouvelle Calédonie.
​​​​

6 septembre 2026

voir

De Victoire de Changy, je découvre un recueil de poèmes publié par L’arbre de Diane, Obliques.
Et, dans ce recueil, ce texte court :

 

J’écris les choses parce qu’il me semble que, sans
dénomination exacte, elles se fondent dans une 
matière indistincte, confuse, que rien n’éclaire à
mes yeux sinon les noms pour les dire.

J’écris pour voir.

5 septembre 2026

mouche

une MOUCHE Malicieuse Opère Une Courte Hydratation Enfin.

Cette phrase écrite en description d’une photo est construite à partir du premier nom commun qui y apparaît, « mouche ». Les mots qui le suivent ont pour initiales les lettres composant ce mot.

On peut aisément construire d’autres phrases selon le même procédé.

Exemples :
un VER Voyage En Rampant.

la CHAISE Cassera Hélas Avant l’Inutile Séance d'Essai

Vous pouvez intégrer des mots de liaison ou des articles à condition qu’ils soient très courts (maximum 3 lettres)


C’est à vous main tenant. Merci de poster vos phrases dans les commentaires ci-dessous.


 

4 septembre 2026

Marée

Mes vacances sont encore proches et j’ai commencé le livre de Marion Brunet récemment paru, Ne cherche pas le chaos (éd. Albin Michel). J’y trouve ces lignes :

«  Quand il découvre la marée pour la première fois, Pablo a du mal à croire qu’elle puisse partir si loin, laisser des kilomètres de sable mouillé, de rochers à nu qui dégoulinent d’algues et de crustacés, avant de revenir six heures plus tard, en rouleaux menaçants. Il se dit qu’elle est vivante, animée d’une volonté propre.
(...)
T’imagines ? Partir si loin et finalement revenir ? » 

3 septembre 2026

Jonas

Jonas est mort. Mais avant de mourir, il a témoigné. C’est son petit-fils, jeune adulte, qui a recueilli ce témoignage. Jonas travaillait à la mine, comme les autres ; lui, on le surnommait « la Taupe ». Son physique s’était façonné à son travail sous terre. La mine a connu des accidents. Les mineurs, leurs familles ont été exposés à des maladies dont le narrateur rend compte, ayant eu accès au dossier médical de l’entreprise. Des années après l’abandon de la mine par l’entreprise et les habitants, Jonas témoigne donc et transmet un message qui s’installe dans mon esprit en y déposant un secret. Terrible secret. Qu’en faire ?

Dans ma maison sous terre, de Nicolas Martin (éd. Esquif)

2 septembre 2026

Monory

C’est dans la revue Chorus, dans les années 1970, que j’ai rencontré le nom de Jacques Monory. Près de cinquante plus tard, il peint le Centre de notre galaxie, que j’ai remarqué il y a quelques jours au Mac-Val, à Vitry-sur-Seine (94)

 

1 septembre 2026

Ulysse

Cinq ans ont passé. J’ai retrouvé Ulysse, le tableau d’Étienne Armandon, à peu de distance de la galerie où je l’avais découvert.

 

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