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main tenant

16 octobre 2026

le vivant

Car du vide de ma bouche est née une épée, de Rachel Adalbald (éd. Jou)
On lit en silence et le silence bruisse. « Comment on fait pour vivre ensemble maintenant ? » Cette question dit tout ce que contient le livre :
« comment », c’est la façon, ce sont les mots, leurs mutations (on les entend craquer), le désir, et ce n’est pas demain, c’est aujourd’hui, une actualité qui brûle (« sa fé peur 1 peu »). 
On entend la voix : « en vérité je fais ça pour arrêter de me sentir tout·e seul·e » : c’est être vivant·e, aimer, et « pas mal d’espoir pour la suite ».

 

15 octobre 2026

mur

Ce récit poétique, Je suis le mur, d’Elisabeth Chabuel, édité par Cheyne, porte en exergue ces mots d’Antonin Artaud : « Deux routes s’offraient à lui, celle de l’infini dehors, celle de l’infime dedans ».

Le mur sépare « machines et personnes » d’une part et « survivants » d’autre part ; il fait «  front au sud / pour protéger le nord ». Dans sa position entre les unes et les autres, il voit et entend. Et peu à peu choisira la brèche, aidé par les racines et le lierre, pour « redonner sens au voyage ». Il s’agit d’ouvrir, pas seulement les relations entre nord et sud, mais aussi de ce côté du mur comme de l’autre « juste au bord de ses fondements ». Ça ne se fait pas facilement. Mais il est urgent de faire vivre « une autre idée du monde ».

14 octobre 2026

il est temps

Quelques vers extraits du recueil de Kiyemis, redevenir temple (éd. le castor astral)

(...)
Elles sont généreuses, promis
Celles venues avant nous
Celles qui nous ont légué la braise

La rivière
La bise
Et le bambou

Les voilà qui murmurent à nos oreilles
Des secrets salvateurs
Nous pensions être seules
Nous nous étions trompées
Elles avaient jeté des ancres
Devant nous, des bouées

Traverse-moi dit la mer
Il est temps dit la terre
Et les filles obéirent
(...)

13 octobre 2026

cailloux

Autre trace d’art involontaire (quelques cailloux réunis au bord d’un chemin) : j’y vois un jeune chien couché, la tête surmontant le corps à peu près au milieu.

 

12 octobre 2026

art canin

Une nouvelle trace d’art involontaire (une couverture récemment remuée par un jeune chien); j’y vois un visage partiellement masqué et peut-être un peu plus.

 

10 octobre 2026

néflier

un poème de Thomas Vinau, extrait de son recueil Ça suffira merci (éd.Les venterniers)

Le néflier fleuri dans le givre
on l’a planté quand ma grand-mère est morte
il faudrait planter quelque chose
à chaque coup de grisou
chaque injustice
chaque perte
la peine est une terre
légère
sur laquelle tout pousse


le monde ne serait plus
qu’une immense forêt
emplie de fantômes
de serpents à sornettes
de papillons empoisonnés
de macaques mélancoliques
et de fleurs à néfliers

10 octobre 2026

détourner

Il y a des proverbes, détournons-les. 
Exemples :
 

Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle casse
Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin je n’ai plus soif

Donner c’est donner, reprendre c’est voler
Donner c’est donner, revendre c’est exploiter

​​​​​​​Ventre affamé n’a pas d'oreille
Ventre repu n’a pas d'oreille


C’est à vous main tenant. Merci de proposer dans les commentaires ci-dessous trois proverbes et leur version détournée.

 

9 octobre 2026

un chien

ça suffira merci, de Thomas Vinau (éd. les venterniers)

Près de deux ans qu’ils vivent côte à côte et que Thomas Vinau se promène avec son chien Tupac presque chaque jour, en marchant en écrivant, comme s’ils écrivaient à quatre mains ? pattes ?

Je ne sais pas où je suis
mais c’est là où il faut

tout est bien qui commence bien

 



                                                                 Cynorhodon
                                                                 arbousier
                                                                 pyracantha
                                                                 lierre et sureau
                                                                 toutes les couleurs
                                                                                              pour les oiseaux

8 octobre 2026

dessins

l’insensé, de manu larcenet (éditions dargaud)

Francis vit seul dans une maison un peu à l’écart du village, maison dont l’intérieur est décoré de multiples dessins, de ceux qui évoquent les peintures pariétales jusqu’à d’autres plus proches de notre siècle. Et il préfère la lumière naturelle, et la nuit donc aussi. Se nourrit de peu. La maladie l’oblige à se soigner : hôpital, médicaments en pilulier. Chaque mercredi, un enfant vient lui demander un dessin, un gros chat... Et Yannick, qu’il a rencontré à l’hôpital, prend de ses nouvelles et lui rend visite. Manu Larcenet aborde la solitude, la maladie, la fin. Yannick conseille à Francis d’écrire à ses enfants qu’il n’a pas vus depuis plusieurs années... Écrire et dessiner seront les principales activités de Francis. Et observer la nature, le soleil, les étoiles, les oiseaux... Et par ci par là, un ours court dans les pages, avec sa valise et son bâton de marche...

 

7 octobre 2026

jeunesse

À plusieurs reprises, dans ce blog, j’ai cité quelques poèmes de Nour Elassy, publiés par Les liens qui libèrent.
Aujourd’hui, je vous propose quelques mots de Karim Kattan extraits de sa postface à ce recueil :

Des profondeurs de désespoir et de sang qui inondent ses pages,Nour Elassy revendique aussi quelque chose d’autre ; quelque chose d’absent de ses chroniques, où elle se doit d’être intraitable, précise et habitée de rage politique : elle revendique sa naïveté. En fait elle réclame, car elle doit, une chose qui devrait être simple pourtant : sa jeunesse. Sa jeunesse, et son espoir, et ses rêves, qui constituent la naïveté essentielle au travail poétique.

 

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