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20 avril 2026

tendresse

Fred Griot nous écrit de la ville, de la mer, de la montagne. Dans le silence, dans le présent. Il y a les corps, il y a les choses du quotidien, il y a la solitude. Et la perte, les deuils. L’amour et revenir à la mer. «  Écouter mieux. » 

la nuit
les yeux fermés
j'entends
j’écoute...

les oiseaux !

ils chantent.

c’est tout simple
c’est du vivant qui pépie
qui est donné là innocent
sans autre but que d’être là et de vivre
c’est puissant
et ça fait de la paix
qui coule dans les oreille
s.


La tendresse, de Fred Griot 
(éd. maelstrÖm reÉvolution)

 

 

19 avril 2026

à l'affût

Un message de Marie-Do Freval

Il y a quelque chose qui doit émerger c’est évident, il faut juste être à l’affût, il faut tendre l’oreille et quelque chose va sortir au grand jour, quelque chose va résonner renverser revisiter secouer étreindre, quelque chose se dira sur les histoires profondes que l’on est en train de vivre, il faut écouter fort fort. On ne peut pas se contenter de tous ces mensonges en bouillie qui tapent dans nos cervelles, de ces fausses nouvelles, de ces fausses vidéos, de ces fausses émotions, de ces fausses colères. Quelque chose va apparaître et ce seront des mots tout simples et gigantesques qui relieront la vie qui reliront nos peines, qui relieront sans trier les épis de maïs, les arbres centenaires, les voitures en panne, les enfants qui saignent du genou, les nouveaux nés, les vaches épuisées, les abeilles amoindries, les oies sauvages et les libellules, les derniers arrivés, les cabillauds et les truites,les enfants mutilés, les vieilles édentées, les ados révoltés, les femmes torturées, les éboueurs, les joueuses, les énigmatiques, les gazelles, les magnifiques, les amoureux et les oubliées. Ouvrons les oreilles ! 

18 avril 2026

piton de la fournaise

Du 13 février au 12 avril 2026, le Piton de la Fournaise, fameux volcan de l’Île de la Réunion, a connu trois phases éruptives. Si vous n’avez pas pu aller sur l’île, vous avez peut-être vu des images (photos ou vidéos).
Aujourd’hui, 18 avril, je vous propose 18 anagrammes fabriquées à partir du mot « fournaise » :

anoures - enfouis - fouiner - foraine - infuser - raison - farine - faner - fouines -
fournis - fuir - nouer - OURSiN - usine - enfuir - enfouir - soufre - oser


Il y en a d’autres ! Et certains verbes restent des anagrammes, même conjugués : fuir - fuiras-fuirons...

Je vous invite à raconter quelque chose du volcan en trois phrases contenant chacune au moins trois anagrammes de la Fournaise.

exemple : La puissante éruption du Piton de la FOURNAISE a craché le magma ENFOUI et libéré du SOUFRE. Les gens qui vivaient sur l’île ou qui s’y trouvaient ces jours-là , s’ils ne se sont ENFUIS, ont pu FLÂNER devant les coulées de lave qui tombaient dans l’EAU de l’océan. Dessiner ou filmer cet évènement, quelle qu’en soit la RAISON, ça ne se REFUSE pas, et même un enfant pouvait le FAIRE.


Merci de poster vos trois phrases dans les commentaires ci-dessous.

17 avril 2026

les pierres

poème extrait des Carnets de Gaza (2021-2023) publié dans le recueil Une forêt de bruit  de Mosab Abu Toha (éd. Julliard)

les pierres de la maison après l’explosion          perdent
     la mémoire
certaines oublient qu’elles étaient dans le mur d’une chambre
     d’une cuisine ou d’une salle de bains
d’autres dans le plafond
elles oublient qu’elles étaient derrière des cadres de photo
     pendant des années
quelques pierres
[oublient]                       qu’elles étaient des pierres
celles qu’a frappées                         la bombe

 

 

16 avril 2026

« l’âtre du théâtre »

La nuit juste avant le feu, d’Olivier Marboeuf (éd. atlantiques déchaînés)

Le titre fait penser à un texte de Bernard-Marie Koltès, et ce n’est pas un hasard. Olivier Marboeuf y reconnaît un rythme et une parole « déparlante ». Le texte nous emporte. Il nous annonce une école, un syndicat, quelque chose de fort, autrement dit un carnaval. L’homme qui parle « juste avant le feu » s’adresse à quelqu’un, un inconnu, dans la rue. Il évoque les violences de la rue, et je pense aux violences coloniales. Il propose des perspectives pour lutter partout, contre ces «  hommes politiques corrompus (...), ces milliardaires qui investissent leur argent pour rendre ce pays toujours plus raciste »... En ce pays et d’autres, certains agissent sur les ronds-points et c’est aussi important au niveau international, même « sous la pluie, la nuit... ». Il me semble entendre des voix, celle de René Depestre, d’Aimé Césaire, de James Baldwin, de Raoul Peck, de Jean d'Amérique.

15 avril 2026

la guerre

Un poème ouvre le recueil de Mosab Abu Toha, traduit par Ève de Dampierre-Noiray, Une forêt de bruit (éd. Julliard). Le voici :


Les chars avancent dans la poussière,
à travers les champs d’aubergines.

Lits défaits, éclairs dans le ciel, un frère
court à la fenêtre regarder les avions de guerre.

Nuages de fumée
après les frappes.

Les avions de guerre sont comme des aigles
qui cherchent une branche pour se percher.

Pas besoin de radio :
Nous sommes les nouvelles.

(...)

Les soldats entrent, brûlent les livres.
Certains fument des feuilles roulées dans les journaux d’hier

comme
quand ils étaient enfants.

(...)

Septembre 2000,
sorti acheter du pain pour le dîner

je vois un hélicoptère tirer une roquette
sur une tour,

du béton et du verre
dégringoler du ciel.

Déluge
de pains rassis.

J’ai sept ans alors

Des dizaines d'années
plus jeune que la guerre,
quelques années plus vieux que les bombes.

14 avril 2026

Aurélia

quelques lignes extraites du Livre des cabanes, de Jean-Marie Gleize (publié en 2015) :

dimanche 15 avril : descente en courant au pont Lagorce : au retour, sur le haut chemin à droite, le pré, ses ruisseaux, et la ligne des arbres. Relu les premières pages d’Aurélia, enfoncement, perte progressive, à mesure que le bruit de l’eau s’imposait, continu, tout en bas de la pente. Elle coule en moi comme de la lumière ; une eau noire et lumineuse. 
(...)
mardi 17 avril : descente en courant au pont Lagorce. Les chiens se taisent ; c’est le bruit des arbres, un craquement discontinu : au retour, sur la dernière portion de route, un triangle de pierre. L’« opaque profond ». Traversée de l’opaque. Il me parle, il dit c’est un « triangle temporel ».

Oui c’était Nerval qui me parlait, c’était sa voix mélangée au bruit sourd des ruisseaux. Il pouvait lire tout ce que disait le sol.

 

 

13 avril 2026

cabanes

Jean-Marie Gleize est décédé le 12 mars de cette année. En 2015, il publiait Le livre des cabanes dont voici le premier texte :

Ils ne crèvent plus nos yeux avec des épingles, mais avec des images. Des murs d’images toxiques. « Le pouvoir est à nouveau divin puisqu’il peut agir invisiblement. »  Notre nom est écrit dans l’eau. Il a plu. Il pleut, il pleuvra, à la surface de la rivière. Bientôt nous n’aurons plus de nom. Nous deviendrons nous-mêmes. Nous serons libres. C’est la grève active. Il faut construire des cabanes.

12 avril 2026

Vous êtes l’étincelle #4

Ce samedi 11 avril s’est achevée la quatrième édition de la Manifestation « Vous êtes l’étincelle ».
 

La veille, Tom Lévêque a présenté la littérature ado qu’il analyse dans un livre écrit avec son frère Nathan, « En quête d’un grand peut-être » (éd. du grand peut-être). Pendant toute la semaine, plusieurs établissements scolaires ont reçu des auteur·ices, la médiathèque et la librairie l’établi ont vécu au rythme de ces rencontres, ateliers, tables rondes, enthousiasmantes.

Et c’est avec de la danse que la soirée s’est conclue : une déambulation de la médiathèque à la librairie, sous la pluie, avec des danseurs du Théâtre du corps puis un film de Milena Becquart, « Métamorphoses », à propos d’adolescence, d'Alice et de danse dans la Compagnie Grenade de Josette Baïz. 

11 avril 2026

métamorphose

Chenille et papillon, chacun de ces mots est une étape d’une métamorphose. Pour passer de chenille à papillon, le mot initial a perdu plusieurs lettres (chee) et en a gagné d’autres (papo). Dans cet exemple, les lettres communes à l’une et à l’autre sont « ill »  et « n ». 
Choisissez un élément vivant en qui vous aimeriez vous métamorphoser. Le nom de cet être vivant doit compter au moins quatre lettres communes avec vos prénoms. 
Exemple : En ce qui me concerne, j’aboutis au mot fleur, un être vivant.qui contient cinq lettres en commun avec mes prénoms. Je peux donc écrire ici : «  je souhaite me métamorphoser en fleur. »


Selon la même méthode, en choisissant d’autres lettres de mes prénoms, j’aurais pu écrire : « je souhaite me métamorphoser en crapaud », nom qui contient quatre lettres en commun avec mes prénoms.

Pour poster votre souhait dans les commentaires ci-dessous, vous n’avez pas à indiquer les prénoms à partir desquels vous avez choisi votre métamorphose.

Métamorphoses est le thème de la Manifestation des littératures ado et jeune adulte dont ce samedi est le dernier jour de la quatrième édition, élaborée par la librairie l’établi et les médiathèques d’Alfortville (94) avec les jeunes qui se sont engagé·es dans le club ado.
 

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