Fred Griot nous écrit de la ville, de la mer, de la montagne. Dans le silence, dans le présent. Il y a les corps, il y a les choses du quotidien, il y a la solitude. Et la perte, les deuils. L’amour et revenir à la mer. « Écouter mieux. »
la nuit
les yeux fermés
j'entends
j’écoute...
les oiseaux !
ils chantent.
c’est tout simple
c’est du vivant qui pépie
qui est donné là innocent
sans autre but que d’être là et de vivre
c’est puissant
et ça fait de la paix
qui coule dans les oreilles.
La tendresse, de Fred Griot
(éd. maelstrÖm reÉvolution)
Il y a quelque chose qui doit émerger c’est évident, il faut juste être à l’affût, il faut tendre l’oreille et quelque chose va sortir au grand jour, quelque chose va résonner renverser revisiter secouer étreindre, quelque chose se dira sur les histoires profondes que l’on est en train de vivre, il faut écouter fort fort. On ne peut pas se contenter de tous ces mensonges en bouillie qui tapent dans nos cervelles, de ces fausses nouvelles, de ces fausses vidéos, de ces fausses émotions, de ces fausses colères. Quelque chose va apparaître et ce seront des mots tout simples et gigantesques qui relieront la vie qui reliront nos peines, qui relieront sans trier les épis de maïs, les arbres centenaires, les voitures en panne, les enfants qui saignent du genou, les nouveaux nés, les vaches épuisées, les abeilles amoindries, les oies sauvages et les libellules, les derniers arrivés, les cabillauds et les truites,les enfants mutilés, les vieilles édentées, les ados révoltés, les femmes torturées, les éboueurs, les joueuses, les énigmatiques, les gazelles, les magnifiques, les amoureux et les oubliées. Ouvrons les oreilles !
Du 13 février au 12 avril 2026, le Piton de la Fournaise, fameux volcan de l’Île de la Réunion, a connu trois phases éruptives. Si vous n’avez pas pu aller sur l’île, vous avez peut-être vu des images (photos ou vidéos).
Aujourd’hui, 18 avril, je vous propose 18 anagrammes fabriquées à partir du mot « fournaise » :
Il y en a d’autres ! Et certains verbes restent des anagrammes, même conjugués : fuir - fuiras-fuirons...
Je vous invite à raconter quelque chose du volcan en trois phrases contenant chacune au moins trois anagrammes de la Fournaise.
exemple : La puissante éruption du Piton de la FOURNAISE a craché le magma ENFOUI et libéré du SOUFRE. Les gens qui vivaient sur l’île ou qui s’y trouvaient ces jours-là , s’ils ne se sont ENFUIS, ont pu FLÂNER devant les coulées de lave qui tombaient dans l’EAU de l’océan. Dessiner ou filmer cet évènement, quelle qu’en soit la RAISON, ça ne se REFUSE pas, et même un enfant pouvait le FAIRE.
Merci de poster vos trois phrases dans les commentaires ci-dessous.
poème extrait des Carnets de Gaza (2021-2023) publié dans le recueil Une forêt de bruit de Mosab Abu Toha (éd. Julliard)
les pierres de la maison après l’explosion perdent
la mémoire
certaines oublient qu’elles étaient dans le mur d’une chambre
d’une cuisine ou d’une salle de bains
d’autres dans le plafond
elles oublient qu’elles étaient derrière des cadres de photo
pendant des années
quelques pierres
[oublient] qu’elles étaient des pierres
celles qu’a frappées la bombe
La nuit juste avant le feu, d’Olivier Marboeuf (éd. atlantiques déchaînés)
Le titre fait penser à un texte de Bernard-Marie Koltès, et ce n’est pas un hasard. Olivier Marboeuf y reconnaît un rythme et une parole « déparlante ». Le texte nous emporte. Il nous annonce une école, un syndicat, quelque chose de fort, autrement dit un carnaval. L’homme qui parle « juste avant le feu » s’adresse à quelqu’un, un inconnu, dans la rue. Il évoque les violences de la rue, et je pense aux violences coloniales. Il propose des perspectives pour lutter partout, contre ces « hommes politiques corrompus (...), ces milliardaires qui investissent leur argent pour rendre ce pays toujours plus raciste »... En ce pays et d’autres, certains agissent sur les ronds-points et c’est aussi important au niveau international, même « sous la pluie, la nuit... ». Il me semble entendre des voix, celle de René Depestre, d’Aimé Césaire, de James Baldwin, de Raoul Peck, de Jean d'Amérique.
quelques lignes extraites du Livre des cabanes, de Jean-Marie Gleize (publié en 2015) :
dimanche 15 avril : descente en courant au pont Lagorce : au retour, sur le haut chemin à droite, le pré, ses ruisseaux, et la ligne des arbres. Relu les premières pages d’Aurélia, enfoncement, perte progressive, à mesure que le bruit de l’eau s’imposait, continu, tout en bas de la pente. Elle coule en moi comme de la lumière ; une eau noire et lumineuse.
(...)
mardi 17 avril : descente en courant au pont Lagorce. Les chiens se taisent ; c’est le bruit des arbres, un craquement discontinu : au retour, sur la dernière portion de route, un triangle de pierre. L’« opaque profond ». Traversée de l’opaque. Il me parle, il dit c’est un « triangle temporel ».
Oui c’était Nerval qui me parlait, c’était sa voix mélangée au bruit sourd des ruisseaux. Il pouvait lire tout ce que disait le sol.
Jean-Marie Gleize est décédé le 12 mars de cette année. En 2015, il publiait Le livre des cabanes dont voici le premier texte :
Ils ne crèvent plus nos yeux avec des épingles, mais avec des images. Des murs d’images toxiques. « Le pouvoir est à nouveau divin puisqu’il peut agir invisiblement. » Notre nom est écrit dans l’eau. Il a plu. Il pleut, il pleuvra, à la surface de la rivière. Bientôt nous n’aurons plus de nom. Nous deviendrons nous-mêmes. Nous serons libres. C’est la grève active. Il faut construire des cabanes.
Ce samedi 11 avril s’est achevée la quatrième édition de la Manifestation « Vous êtes l’étincelle ».
La veille, Tom Lévêque a présenté la littérature ado qu’il analyse dans un livre écrit avec son frère Nathan, « En quête d’un grand peut-être » (éd. du grand peut-être). Pendant toute la semaine, plusieurs établissements scolaires ont reçu des auteur·ices, la médiathèque et la librairie l’établi ont vécu au rythme de ces rencontres, ateliers, tables rondes, enthousiasmantes.
Et c’est avec de la danse que la soirée s’est conclue : une déambulation de la médiathèque à la librairie, sous la pluie, avec des danseurs du Théâtre du corps puis un film de Milena Becquart, « Métamorphoses », à propos d’adolescence, d'Alice et de danse dans la Compagnie Grenade de Josette Baïz.
Chenille et papillon, chacun de ces mots est une étape d’une métamorphose. Pour passer de chenille à papillon, le mot initial a perdu plusieurs lettres (chee) et en a gagné d’autres (papo). Dans cet exemple, les lettres communes à l’une et à l’autre sont « ill » et « n ». Choisissez un élément vivant en qui vous aimeriez vous métamorphoser. Le nom de cet être vivant doit compter au moins quatre lettres communes avec vos prénoms. Exemple : En ce qui me concerne, j’aboutis au mot fleur, un être vivant.qui contient cinq lettres en commun avec mes prénoms. Je peux donc écrire ici : « je souhaite me métamorphoser en fleur. »
Selon la même méthode, en choisissant d’autres lettres de mes prénoms, j’aurais pu écrire : « je souhaite me métamorphoser en crapaud », nom qui contient quatre lettres en commun avec mes prénoms.
Pour poster votre souhait dans les commentaires ci-dessous, vous n’avez pas à indiquer les prénoms à partir desquels vous avez choisi votre métamorphose.
Métamorphoses est le thème de la Manifestation des littératures ado et jeune adulte dont ce samedi est le dernier jour de la quatrième édition, élaborée par la librairie l’établi et les médiathèques d’Alfortville (94) avec les jeunes qui se sont engagé·es dans le club ado.