27 mars 2016

Nos serments, de Julie Duclos

« Les films ça sert à ça, à apprendre à vivre, à apprendre à faire un lit. » C’est une phrase dite par Alexandre, interprété par Jean-Pierre Léaud, dans le film La maman et la putain, de Jean Eustache. Le théâtre aussi ? Julie Duclos n’a pas cherché à refaire le film. Pourtant elle s’y réfère. On peut cependant voir le spectacle sans avoir vu le film. La question de l’amour y est centrale, bien sûr. Est-ce qu’on peut aimer et rester libre ? Qu’est-ce qui change quand on vit avec quelqu’un ? Qu’est-ce qui change pour... [Lire la suite]
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25 mars 2016

Finir en beauté, de Mohamed El Khatib

Je retiens, du texte de Mohamed El Khatib, une phrase : « J’ai du chagrin ». C’est une phrase toute simple, à l’image de ce spectacle où nous sommes invités à accompagner sa mère, qui va mourir d’un cancer. J’ai l’impression qu’à chaque fois que l’auteur dira ce texte, il redonnera un peu de vie à sa mère : des paroles enregistrées (il a l’appareil dans la main), un récit sans fioritures, une caméra posée sur la table, un livre, un carnet, et des documents. La vie ne se résume pas à des dates, d’autant que certaines sont... [Lire la suite]
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24 mars 2016

Laurent Colomb a lu « Autochtonies » à la Rencontre poétique chez Tiasci-Paalam, en mars 2016

Ce ne sont pas des monologues. Ce sont des propos que Laurent Colomb a écoutés, des récits de la vie quotidienne, et il nous invite à les écouter à notre tour. L’accent (« Mon assent l’est tranzer »), c’est tellement facile de s’en moquer comme le font certains sur d’autres scènes. Comme si un seul accent était autorisé, un accent dominant. Avec Laurent Colomb, l’accent est une façon d’entrer en relation, de faire entendre l’autre, celle qui est « coumanenfan », obligée de tout faire avec sa fille parce qu’elle... [Lire la suite]
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23 mars 2016

Primo amore, de Letizia Russo, par Telegram Cie

Le premier amour, celui qui ne s’est pas effacé, pas oublié et qui ressurgit au hasard d’une rencontre dans un café. C’est lui, qui ne vous reconnaît pas, et à qui vous voudriez dire combien cet amour est toujours présent, mais à qui vous demandez seulement : « un café, s’il-vous-plaît ». Letizia Russo a écrit un texte envoûtant dans lequel on s’enfonce comme on s’enfonce dans la mémoire qui nous déborde peu à peu et nous bouleverse soudain. Mathieu Montanier, assis comme pour une lecture, ne tournera pas les pages : il... [Lire la suite]
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22 mars 2016

Clôture de l'amour, de Pascal Rambert, avec Audrey Bonnet et Pascal Rambert

« Je suis sûr qu’on va au théâtre parce qu’on aime voir les autres souffrir. C’est le principe de la catharsis. » Pascal Rambert dit cela dans un entretien à propos de cette pièce. Et pour souffrir, on voit souffrir.  Le combat s’engage dès que l’homme a traversé le ring et atteint son coin. Car il s’agit bien d’un combat où tous les coups seront permis, tous les mots qui font mal. Pour justifier une séparation. L’homme balaie les défenses de la femme d’une phrase, avant même qu’elle ne parle, puis d’une autre et... [Lire la suite]
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17 mars 2016

La devise, de François Bégaudeau

Il a d’abord dit non, François Bégaudeau. Et puis il s’est demandé ce qu’il pourrait dire, parce que la devise de la République française vaut bien qu’on s’y arrête un peu. Mais il faut éviter les mots cuits, ceux qui ne signifient plus grand-chose à force d’être dits et répétés à tort et à travers. Ces mots qui, à terme, font la langue de bois : « valeurs », par exemple, « vivre ensemble », « diagnostic partagé », etc. Comment on s’y retrouve ? Qu’est-ce qu’on peut en dire ? Qu’est-ce que ces trois... [Lire la suite]
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14 mars 2016

Alcool, de Nadège Prugnard

Non, je ne me retournerai pas. Elle ne veut pas montrer son visage. Son visage d’alcoolique. C’est sa pudeur. Elles sont deux, l’une boit des verres, l’autre écrit des vers. Et l’une et l’autre ne peuvent s’arrêter. L’une est accoudée au bar et parle, parle. L’autre prend des notes, fait un portrait. Un portrait sans visage. La voix pénètre en nous, douloureuse, curieuse. Le vulgaire côtoie le sublime. Elle se cogne la tête dans ce coin de la scène, inatteignable dans son propos violent, profondément triste et pourtant volontaire.... [Lire la suite]
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28 février 2016

Dieu est mort, de et avec Régis Vlachos - mise en scène de Franck Gervais

Régis Vlachos est seul en scène, seul avec une multitude de personnages comme on peut l’être quand on se raconte des histoires faisant du moindre tissu un décor et de la moindre lumière un instrument de l’ombre. La lumière… C’est dans la Genèse qu’elle survient, peu de temps après le « commencement ». Sauf que ces premiers mots (« Au commencement ») sont aussitôt mis en doute. S’il y a eu un commencement, qu’y avait-il avant ? Le père ? Mais il était absent ! Et il est mort. Alors la mère. Qui y croit, elle, dans... [Lire la suite]
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14 février 2016

Deux textes de Natalie Rafal

Où étais-tu ? C’est un texte de théâtre, c’est une question adressée. À qui ? À celle-là même qui écrit ? Ou à celles et ceux qui vont sur son chemin, à travers le monde. Car elle voyage, Natalie, et, dans chaque pays, chaque moyen de transport, elle rencontre en français, en anglais. Elle y croit, elle y a cru à chaque fois, et bien souvent, elle devait recommencer. Façon très particulière de parler d’amour, de l’amour, de la quête, de l’autre, des autres. Et d’aimer. Ailleurs, l'herbe est plus verte... ?... Le second titre de... [Lire la suite]
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03 février 2016

Les Chants de Maldoror (extraits), par Cécile Duval

Elle était assise au milieu de l’escalier qui descend dans la salle de lectures, de rencontres, d’échanges, une salle dont les murs sont couverts de livres sur des étagères. Certains s’arrêtaient pour la saluer, d’autres n’osaient déranger la concentration solitaire qui allait la jeter dans les mots de Lautréamont. Des Chants de Maldoror, elle a choisi celui qui m’avait fortement marqué quand je l’avais lu pour la première fois, ne sachant pourtant s’il fallait en rire ou y puiser de la colère. C’est à la fin du Troisième Chant, la... [Lire la suite]
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