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Diana, déclarée mort-née, puis reconnue par sa mère qui avait d’abord accouché sous x. Diana va subir pendant huit ans des sévices. Alexandre Seurat rend compte, non seulement de la maltraitance dont elle a été victime, mais surtout des points-de-vue de l’entourage de la petite. Le roman, car c’est un roman, ne raconte pas les faits dont on ne sait rien au fond, dont les seuls témoins ne peuvent parler, que les auteurs cachent prétendant que Diana est maladroite, tombe tout le temps, se fait mal elle-même. L’auteur du roman ne va pas chercher d’explications à ces comportements des parents à l’égard de l’enfant. Il ne leur donne jamais la parole, comme si c’était au-delà de son imagination. Une seule fois, ils sont qualifiés d’ogres. Il donne la parole aux autres : l’institutrice qui, la première décèle les traces, la directrice de l’école, et tous ceux, toutes celles qui vont être peu ou prou mobilisés par ces signalements. Comme dans un procès. Il ne juge pas, il n’ajoute pas de sensationnel, il ne fait pas ce que font trop souvent les médias, cherchant à susciter notre curiosité malsaine. Nous ressentons une grande impuissance. C’est un livre épouvantable, où il n’est pas question de dire le pourquoi mais de chercher à comprendre comment on n’a pas été capable d’éviter ce crime. Nous pourrions être cette tante, cette gendarme, cette assistante sociale. Manipulés par des gens qui sont présentés comme courtois, affables, et qui trouvent leur salut (provisoire) dans la fuite. C’est aussi une histoire où les coupables sont condamnés. Mais l’auteur de ce roman donne le dernier mot au frère de Diana qui n’a jamais pu dire sa vérité et se demande ce qu’aurait pu être une relation de frère et soeur.