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Le sel de la terre, le sel et la terre, le sel, le tissu et la terre. Je sortais de l’exposition de Gabrielle Wambaugh où des petits ballons de baudruche, parfois blanchis, étaient suspendus à des fils. Et me voici devant ces petits sacs formés de mouchoirs emplis de sel humide et filtrant les larmes qui en coulent, larmes tombant et creusant la terre. La lumière éclairant les mouchoirs jette au sol des ombres vivantes. Dans un coin, d’autres mouchoirs (de ceux qu’on utilisait avant les mouchoirs en papier, qu’on lavait et qu’on repassait) semblent attendre leur tour. Le cycle est infini. Perpendiculaire à la terre creusée, un lit de camp ploie sous le poids du sel dont « l’humeur » coule sous la toile gonflée. Je me souviens d’un évènement de mon enfance : d’un cercueil, pendant une cérémonie funèbre, a coulé un liquide. L’oeuvre de Juliana Góngora me le rappelle. Et mon regard se tourne à nouveau vers les petits sacs suspendus sous la lumière.

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