CVT_Les-jurons_6680

Vous qui entrez dans ce livre, attendez-vous à vous y perdre. L’accessoiriste fait un test sur les serviettes : la première qui réagira aura son rôle dans le film. Mais les éléments vont prendre le dessus. La serviette, puis le sosie, puis un costume qui a des airs de Frida Kahlo mais que les cinéastes nomment Audrey. Et le film ne sera désormais plus celui des réalisateurs mais celui d’une accessoiriste dépassée par ses accessoires qui parlent beaucoup. Des textes courts comme des prises de vue (aujourd’hui, rares sont les films où la caméra reste fixe plus de dix secondes). Des surprises  qui s’enchaînent les unes aux autres. Un monteur sympathique qui s’intéresse à l’accessoiriste ; c’est le monteur qui fait le film, et il prend tout, les sons, les images, l’accessoiriste, tout. Même les fleurs parce qu’« une fleur, elle s’en fout que tu la filmes ». Et, tout le temps, dans tout le décor qui est un long tunnel, on entend des oiseaux.