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C’est par une énumération de « si… » que Brigitte Giraud fait revivre toute une période où les téléphones portables n’étaient pas encore dans la vie quotidienne (on laissait des messages sur des répondeurs), où on écoutait des musiques sur des CD ou des vinyles, ou à la radio (sans podcast), où les dépenses se faisaient encore en francs. Pas de nostalgie pour autant. Nous sommes dans cette tension extraordinaire qui précède un drame absolument imprévisible. Elle en cherche la cause dans la succession d’évènements dont elle se dit qu’il y en a peut-être un qui aurait pu tout changer. Faire que sa vie ne se brise pas en deux parties ce jour de juin 1999. Elle reconstitue les années, les moments, les joies, les désirs. Et c’est parce qu’elle doit quitter la maison qu’elle avait choisie avec Claude qui n’y a jamais vécu, parce qu’elle doit remplir les cartons, y ranger les disques, emballer les instruments de musique, vingt ans après l’accident. Son enquête, ses hypothèses, son récit font que tout est là, présent, passionnant.

J’ai lu d’une traite, je ne pouvais pas m’arrêter, c’est la vie qui déborde de ce livre, c’est le commencement, et c’est la fin d’un siècle et d’une époque mais on ne le sait qu’après, puisque la fin du monde n’a pas eu lieu mais que, comme Brigitte Giraud l’écrivait quelque temps plus tard dans une dédicace, « À présent nous savons que nous sommes mortels ».