la guerre
Un poème ouvre le recueil de Mosab Abu Toha, traduit par Ève de Dampierre-Noiray, Une forêt de bruit (éd. Julliard). Le voici :
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Les chars avancent dans la poussière,
à travers les champs d’aubergines.
Lits défaits, éclairs dans le ciel, un frère
court à la fenêtre regarder les avions de guerre.
Nuages de fumée
après les frappes.
Les avions de guerre sont comme des aigles
qui cherchent une branche pour se percher.
Pas besoin de radio :
Nous sommes les nouvelles.
(...)
Les soldats entrent, brûlent les livres.
Certains fument des feuilles roulées dans les journaux d’hier
comme
quand ils étaient enfants.
(...)
Septembre 2000,
sorti acheter du pain pour le dîner
je vois un hélicoptère tirer une roquette
sur une tour,
du béton et du verre
dégringoler du ciel.
Déluge
de pains rassis.
J’ai sept ans alors
Des dizaines d'années
plus jeune que la guerre,
quelques années plus vieux que les bombes.