Aurélia
quelques lignes extraites du Livre des cabanes, de Jean-Marie Gleize (publié en 2015) :
dimanche 15 avril : descente en courant au pont Lagorce : au retour, sur le haut chemin à droite, le pré, ses ruisseaux, et la ligne des arbres. Relu les premières pages d’Aurélia, enfoncement, perte progressive, à mesure que le bruit de l’eau s’imposait, continu, tout en bas de la pente. Elle coule en moi comme de la lumière ; une eau noire et lumineuse.
(...)
mardi 17 avril : descente en courant au pont Lagorce. Les chiens se taisent ; c’est le bruit des arbres, un craquement discontinu : au retour, sur la dernière portion de route, un triangle de pierre. L’« opaque profond ». Traversée de l’opaque. Il me parle, il dit c’est un « triangle temporel ».
Oui c’était Nerval qui me parlait, c’était sa voix mélangée au bruit sourd des ruisseaux. Il pouvait lire tout ce que disait le sol.
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