Oiseaux
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Un poème de Falmarès, extrait du Catalogue d’un exilé (éd. Flammarion)
Oiseaux,
Les gouttes de sang noir
Qui chantent vos coeurs meurtris
Brûlent d'incertitude
Et calcinent le nombre de vos années
Comme le feu ardent de brousse
Et les bruits amers des gazelles
Près des côtes maritimes
Font de belles chansons d'éternité
Et sous vos sanglots vastes et désolés
Respire discrètement un coeur de paix et de joie.
Et plus loin dans vos pays
Vos mères ensoleillées au grand lyrisme du soleil
Crient et pleurent discrètement
Comme le silence continu du poème de la nature
Comme le doux et fidèle amour d’un amant
Dans un beau soir de pleine lune
Où le jour n’existera point.
Oiseaux,
Haine sur toutes les frontières
Côtières de la mémoire
Haine en marteau-piqueur sur les toits rêveurs de toi
Au fond ce n’est pas l’hospitalité qu’on tue
Mais la libre circulation secrète
Au fond ce n’est pas la libre circulation secrète qu’on tue
Mais la liberté de l'oiseau
Au fond ce n’est pas l’oiseau qu’on tue
Mais la mort, l’âme et l'oiseau
Oiseaux,
Même au fond des profondeurs obscures de la mer Méditerranée
Gardez vos calmes
Gardez vos souffles
Gardez vos espoirs