Ballast poeme
Dans la revue Ballast n°12, Juliette Rousseau présente Anjela Duval (1905-1981), paysanne poétesse, qui écrivait le soir après sa journée de travail à la ferme. Voici un extrait d’un de ses poèmes :
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Si j’écris à l’ombre de ma lampe
Des vers maladroits et creux
Avec ce petit outil mal assuré dans ma main lasse
Si j’écris le soir au dos d'enveloppes
Des poèmes humbles : camelote
Où l’on ne trouve que des fleurs sauvages...
Et quelques miettes d’amour.
Car tout cela je le fais pour ceux que j’aime.
Mais j’écris, moi, d’autres poèmes
Et ce n’est pas à l’ombre de ma lampe
Mais à la lumière du soleil
Ce n’est pas au dos d'enveloppes
Mais sur la poitrine nue de Celui que j'aime
Sur la peau nue du Pays que j'aime
Ce n’est pas avec un outil que j'écris
Mais avec des instruments d’acier.
- Je ne parle pas de lance ou d'épée
Mes instruments sont de paix et de culture.
Je n’écris pas des vers de douze pieds
En comptant sur mes doigts
Mais de douze fois douze enjambées... et plus.
(extrait traduit du breton par Paol Keineg de Quatre poires, Peder berenn (éd. Coop Breizh)
(dessin de Claire Le Gal)