prison
Nancy Huston, qui a publié en 2022 une Lettre à Grisélidis Réal (Nil éditions), préface cette publication des éditions Seghers des Poésies complètes de Grisélidis Réal, qui a fait inscrire sur sa pierre tombale : Grisélidis Réal - Écrivain - Peintre - Prostituée. À cette liste, Nancy Huston suggère d’ajouter « son quatrième métier, celui qui la définit peut-être le mieux : Poète ».
Voici le début d'un des poèmes qu’elle écrivit en prison, à Munich en 1963 :
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Die Gefangenen in den Zellen
Könnte sich die Türen
Öffnen wie ein Schrei
Und die Stimme verkünden :
Ihr seid frei, ihr seid frei !
Könnte sich der Boden
Vertiefen wie ein Meer
Und die Zellen erschüttern
Was das Haus in sich Zerrt :
Die Verzweiflung, die Krankheit
Die alten müden Masken !
- Allein allein allein
Soll jeder einzelne sein
Nirgends eine Zuflucht
Ihr seid euch selbst gesperrt
Unser Körper sind Gitter !
(...)
Les prisonnières dans leurs cellules
Si les portes pouvaient
S’entrouvrir comme un cri
Et la voix annoncer :
Vous êtes libres, vous êtes libres !
Si le sol pouvait s'enfoncer
Profond comme la mer
Et les vagues abattre
Ce que la maison renferme :
Le désespoir, la maladie
Tous ces vieux masques fatigués !
- seule seule seule
Chacune doit le rester
Aucune échappatoire
Vous vous êtes enfermées vous-mêmes
Nos corps sont des barreaux !
(...)