Lamusique tunisienne est riche dans son ancrage populaire et savant, s'est enrichie des quatre vents, s'est attelée presque à tous les genres, s'est mélangée, Orient/Occident, a joint le rural au citadin, les instruments orientaux aux occidentaux, toutes les musiques du monde dans cette mosaïque féconde, son authentIcité n'est pas figée et tant de musiciens aujourd'hui comme Anouar Braham, Jasser, Haj Youssef, Emel Mathlouthi par exemple, réussissent la mondialité, sans se défaire de leurs héritages, mais leur innovation montre que la création est mobile, mutante, volontairement ouverte.
Jeune étudiant sans beaucoup d'argent, je courais pour acheter un disque de Beethoven ou Mozart, mon frère l'artiste-peintre, Abdelmajid en avait chez lui, en bon connaisseur. Mon autre frère regretté, Khemaïs qui a fait ses études en Russie, m'offrait des disques de musique classique qui m'ont initié à sa richesse de cet univers.
Je suis heureux que des artistes de mon pays rencontrent la musique occidentale , comme l'ont fait les voyageurs arabes du 19ème en Europe pour introduire ensuite opéra, symphonie, orchestre et piano.
Cette ouverture est une force.
L'occident de l'art n'est pas celui des tyrans, des empires, des colons, des agresseurs, des oppresseurs, il est celui des créateurs libres à la recherche de l'âme humaine, et qui ont souvent subi les foudres du pouvoir...