Relation
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Après avoir cité Edouard Glissant, j'en viens spontanément à un texte signé de Patrick Chamoiseau et publié récemment dans la collection Libelle du Seuil :
La vie est Relation. Aucune existence ne peut (sans perdre ses devenirs) se bâtir sur la fermeture, la simplification, l'unicité. Il lui faut la conscience des potentialités qui la constituent. Celles-ci, en se reliant entre elles, lui dévoilent un entour d'autres potentialités dont sa vitalité devient inséparable. De ce fait, entrer en relations ouvertes dessous l'unicité du mode occidentalo-capitaliste, ce n'est plus seulement s'ouvrir à la différence, à l'Étranger : c'est s'ouvrir à sa propre complexité intérieure, et c'est s'ouvrir de manière célébrante à l'entièreté du vivant, dans ce que nous en savons et ce que nous n'en savons pas. Le principe de la Relation suppose que ce n'est pas le "même", que ce n'est pas la transparence d'un standard dominant, mais bien l'opaque générique de la "différence", qui est le mieux à même de nous nourrir, de nous grandir, de nous aider (de rencontre en rencontre, d'hospitalité en échange) à produire du nouveau, à nous maintenir en constant devenir. La différence initiale ne devient qu'une source et qu'une ressource qui ne saurait se voir essentialisée. Cela suppose que mon propre devenir (cette sédimentation de mes expériences successives) ne peut atteindre ses accomplissements que dans le soin apporté à l'accomplissement de l'Autre, tout l'Autre, cet infini des différences en devenir. (...) C'est la puissance de cet Imaginaire de la Relation que nous a proposé Edouard Glissant.