quelques mots
Dans son recueil de poèmes, Schizo quelque chose (éd. cent mille milliards), Jérémie Balavoine fait bouger les mots. Ainsi, on lit à la page 7 :
"Qui aurait cru qu'aimer le velours puisse être si violent",
et, après avoir tourné cette page, apparaît une autre phrase :
"Qui aurait cru qu'aimer le velours puisse rendre si violent".
Presque la même, mais aux conséquences si différentes. Les mots ne disent pas toujours ce qu'on croit en faire ; ainsi "Mélancolie" est un "Mal en couleur" ; plus loin, "Mise à mort fausse" devient "Métamorphose". Il y a de la musique, un blues insistant. Et cette fleur, à la page 125 :
Il est sincère et doux
Le rire de Tchouang-Tseu
Devant tant d'évidence
Car dans tout ce qui s'est
Manifestement caché
Une chose ne cesse de t'appeler
T'étreint
T'attire en te fuyant
Te caresse sans te toucher
T'élève sans s'abaisser
P
O
U
R
T
E
C
U
E
I
L
L
I
R
/image%2F1015781%2F20241220%2Fob_607f28_shizoquelquechosejbalavoine.jpeg)