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18 novembre 2024

Eurydice

Eurydice (éd. Delcourt)

Lou Lubie et Solen Guivre racontent une histoire d’Eurydice différente de celle qui nous a été racontée depuis très longtemps. En ce qui concerne Orphée, j’avais déjà lu des textes où le poète chanteur était loin d’avoir toutes les qualités. Que faisait-il, par exemple, sur le bateau des Argonautes sinon battre le rythme imposé aux rameurs, c’est-à-dire du côté de celui qui dirige ? Ici même s’il a effectivement une belle voix et s’il prétend ne pas se soumettre au pouvoir de Pygmalion, il ne résiste pas longtemps. Tandis qu’Eurydice se coupe les cheveux de plus en plus courts, sa façon à elle de résister, de refuser de se soumettre. « Les princes possèdent et les femmes se taisent », lui dit-elle, et elle ne veut pas être soumise. Elle préfère Hadès. Elle y croit, à ce dieu des morts que les gens du palais de papier ont inventé ici pour tromper les humains. Elle y croit, parce que « c’est son choix ». Plutôt mourir que de vivre dans le mensonge ou le silence.

La lecture de cette bande dessinée demande de l’attention : la quatrième de couverture nous égare, mettant l’accent sur le « talent quasi divin » d’Orphée et faisant, de ce fait, passer à l’arrière-plan le drame d’Eurydice dont le nom, pourtant, est le titre de l’album, un nom isolé, un nom qui n’existe que par lui-même, sans la conjonction du petit « et » qui l’associe d’habitude au poète.

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