sortir de l'enfer
/image%2F1015781%2F20240924%2Fob_2f3b62_leproblemedelherbiermpic-1.jpeg)
(Les cahiers du Musée national d’art moderne - automne 2021 n°157)
À quelques lignes de la conclusion de son article, Muriel Pic écrit :
« Manière de lutter contre les fantômes, le factuel garantit quelque chose d’une réalité et d’une vérité en vertu d’une magie matérialiste. L’obsession de la mémoire, qui peut conduire à la folie, motive donc le projet de L’Herbier, dont on ne sait quelle forme définitive il aurait pu prendre une fois édité. En l’état, c’est un objet magique qui, comme l’Herbarium de Rosa Luxemburg, nous rend palpables des éclats de la vie de Perec et nous restitue sa présence. Pharmacopée de la mémoire, il semble donner raison à Antonin Artaud, selon qui « nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l’enfer » (Van Gogh, le suicidé de la société). Sortir de l’enfer de la prison pour Luxemburg et du traumatisme de la disparition pour Perec grâce à un montage de traces naturelles ou culturelles, dont la vertu souveraine est de donner place aux manifestations du particulier, qu’il soit chiendent ou infra-ordinaire. »