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29 septembre 2024

le préau

Au bout du compte, de Christophe Mahy (éd. Gallimard)

Ce livre, paru en mai 2024, porte la mention « pour Guy Goffette ».

 

L’écriture de Christophe Mahy est séduisante. On pourrait espérer avec les premiers mots de chaque poème — « Tout monte à l’assaut du paysage / avec l’oiseau » — mais « la vie quoi qu’on en dise / écrit sans fin pour elle-même / un poème / que le silence élude ». On y voit « des trains à jamais sans voyageurs », « des forêts aux abois », « l’impasse de vivre ». Et ce n’est pas d’une expérience solitaire qu’il s’agit ; le poète parle de « nous », « ce que nous croyons atteindre », « nous restons à distance », « les beautés du monde / nous égarent », « nous demeurons / à chaque pas plus seuls ». C’est que nous avons perdu l’enfance. Définitivement. Et « nous laissons / pour ce qu’ils sont / les mots éparpillés / dans la vierge lumière / des pages à venir ».

 

Ce que nous laissons en route
est peut-être un peu plus
que des lambeaux d’horizon
dans la croisée
et des gares sans voyageurs
hors quelques hirondelles
de passage

 

Ce que nous laissons en route
est un peu d’enfance volée
à l’étal de la nuit
ou maraudée dans les terrains vagues
de la mémoire

 

Ce que nous laissons en route
ne vous déplaise
résonne encore malgré tout
sous le préau
vide maintenant
du rire lointain
des martinets.

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