12 février 2011

Ici, là-bas

Là-bas, c’est toujours où l’on n’est pas, c’est ailleurs. On peut en avoir la nostalgie si on en vient, le désir si on rêve d’y aller ; on peut simplement l’imaginer. Ici, c’est toujours où l’on est, comme si cet ici collait à la plante de nos pieds. On l’apprécie, on s’y ennuie, on s’y amuse, on y vit. On peut aussi l’imaginer. Il n’y aurait peut-être que deux mots, deux mots pour se déplacer :ici : qui accueille,là-bas : qui raccompagne.Thierry Metz(L’homme qui penche)   Aujourd’hui, nous allons passer de l’un à l’autre... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 06:47 - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , ,

11 février 2011

Février, le prunier

Je vous donne aujourd’hui rendez-vous avec le mois de Février, tel qu’il est évoqué dans Le jeu des fleurs Hanafuda (Véronique Brindeau, Frédéric Clément). « Fleur des calligraphes et des poètes, tous épris d’encre de Chine et de neige, la prunier sait annoncer, comme le rossignol, uguisu, auquel il est associé dans de nombreux poèmes, les couleurs vives du printemps proche. (…) Le rossignol, dit-on Tisse une couronne Avec les fleurs du prunier J’en cueillerai et m’en ornerai la tête Pour cacher ma vieillesse. Minamoto no Tokiwa,... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
09 février 2011

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, de Mathias Enard

J’avais abandonné Zone. Mais Mathias Enard est revenu avec un titre en forme de phrase, avec trait d’union et virgule. Je l’ai donc lu. J’ai, bien sûr, retrouvé l’historien. Et une autre écriture qui ne m’a pas perdu en route. Pourtant, il nous emmène loin, aux confins de l’Europe et de l’Orient, à Constantinople, au début du seizième siècle, où il fait voyager Michel-Ange, entre les religions, entre les arts (poésie, peinture, architecture, musique), entre les amours et les trahisons. Quelques indiscrétions, quelques listes... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
07 février 2011

Une anthologie de la poésie du tout-monde, d'Edouard Glissant (1)

Comment lire cette anthologie proposée par Edouard Glissant ? Quand on y entre, on a le sentiment de prendre en plein visage les vents alizés. Et on ne sait pas où tourner le regard, il y a tant à lire ! J’ai essayé une première fois. J’ai reposé le livre. Une seconde fois. Pas mieux. Et puis, allez savoir pourquoi, la troisième fois m’a porté sur sa vague. Comme si j’avais trouvé la clé, la méthode, qui est de se laisser porter. Parfois on trouve un poème, une phrase, un mot qui invite à s’arrêter ; parfois il suffit de lire une... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
03 février 2011

Murs en Martinique

Depuis un peu plus d'une semaine en Martinique (où j'accompagne la Compagnie Difé Kako qui présente ici le solo de Chantal Loïal, On t'appelle Vénus), et avant d'en repartir dans quelques jours, voici quelques images de murs peints, saisies à Fort de France et à proximité.                 Alors que je suis en Martinique, j'apprends aujourd'hui, de la bouche d'une enfant chez des amis qu'Edouard Glissant est mort aujourd'hui même. Dans l'atelier d'écriture que j'ai animé ce matin dans... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
28 janvier 2011

Création au Théâtre Aimé Césaire

Aujourd’hui, a lieu à Fort de France la création du solo de danse interprété par Chantal Loïal, On t’appelle Vénus. C’est au Théâtre Aimé Césaire. L’occasion de revenir au Cahier d’un retour au pays natal de ce poète, et à cet extrait : Partir. Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-panthères, je serais un homme-juif un homme-cafre un homme-hindou-de-Calcutta un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas l’homme-famine, l’homme-insulte, l’homme-torture on pouvait à n’importe quel moment le saisir le rouer de coups, le tuer –... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

26 janvier 2011

Rivages d'outre-monde, par la Compagnie Praxinoscope

Avant de naître, on est. Séparé de ce monde par une mince paroi que les rivières du sang vont nous aider à franchir. Avant de naître, on est. Pas question de jouer avec le verbe, avec la négation originelle. Qui ferait qu’avant, on n’est pas. Les rivières du sang qui nous portent sont dans nos veines. Les rivières du sang sont aussi des rivières de sève, et la mise en scène du spectacle de la Compagnie Praxinoscope dessine sur le corps du danseur, et sur les voiles qui tomberont un à un, les branches des forêts où circule le vent, où... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
25 janvier 2011

Ma langue est poétique (extrait), de Christophe Tarkos

Plusieurs fois, dans ce blog, vous avez pu rencontrer l'écriture de Christophe Tarkos. Voici encore un extrait d'un texte de ce poète. Ma langue est poétique, est naturelle, est sonore, est bruitée, est féconde, est douce, est inondée de soleil, ma langue a des sons d’herbes et d’été, les herbes sont sonores, l’été est sonore d’herbes, l’herbe bruit dans ma langue, l’herbe sèche de l’été, en été, l’herbe sèche est bruyante, bruisse et cingle, ce sont les herbes, les bruits viennent de l’herbe, ce sont des bruits d’herbes sèches, ma... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:04 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
24 janvier 2011

Le jeu des fleurs Hanafuda, de Véronique Brindeau et Frédéric Clément

Avant Le jeu des fleurs, il me faut écrire à propos de Frédéric Clément. Mais je me contenterai de dire que sont exposés chez moi quelques-uns de ses livres. Exposés, oui, parce que rangés sur une étagère, on n’en verrait que le dos. Je dois avouer que, s’ils sont exposés chez moi, ils sont peu visibles. On voit à peine Les belles endormies de Kawabata, le jaune et les pinceaux du Magasin Zinzin et il faut se pencher pour découvrir Le livre épuisé. C’est comme si j’avais besoin de les savoir là, à portée de main, contenant tous ces... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
21 janvier 2011

Haïkus de prison, de Lutz Bassmann

Lutz Bassmann est une des voix du post-exotisme, comme l’est également Manuela Draeger. On trouve chez l’un le même monde que chez l’autre. D’autres noms se revendiquent aussi du post-exotisme mais je n’ai pas encore lu leurs livres. J’ai voyagé ces jours-ci avec les Haïkus de prison de Lutz Bassmann. C’est un peu comme si l’auteur inventait une nouvelle contrainte du prisonnier. Vous savez, cette règle du jeu oulipienne où l’on ne peut utiliser que les lettres sans hampe et sans jambage. Sous prétexte qu’on n’a pas assez de papier... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:36 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,