05 juillet 2017

Entre, de Philippe Jaffeux

C’est une invitation : « Entre ». Viens dans la page, ramasser des lettres, en faire un alphabet aléatoire. Entre, viens dans les mots répétés creuser le vide grâce auquel tu peux entrer. Entre donc sur les lignes et dans les interlignes, que les phrases laissent place aux formes géométriques, carré, triangle, cercle qui écartent les mots, les dilatent, les coupent sans se soucier des sens nouveaux que cela leur donne. J’écris « entre », mais on pourrait le conjuguer à toutes les personnes, l’une après l’autre,... [Lire la suite]
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03 juillet 2017

De sang et de lumière, poèmes de Laurent Gaudé

Quand Laurent Gaudé écrit des poèmes, c’est pour parler des gens. De ceux qu’il a rencontrés, en Haïti, en Irak, à Calais. C’est pour défier l’oubli. L’oubli qu’un arbre a planté dans les corps de ces femmes et de ces hommes avant qu’ils soient entassés à fond de cale pour un commerce triangulaire (Afrique, Europe, Amérique). L’oubli du nom de l’enfant, une fille née après le tremblement de terre et quatre jours avant que les siens soient chassés. L’oubli, une fois passé le pont, de l’espoir d’une ville qui accueillerait les Kurdes... [Lire la suite]
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01 juillet 2017

Hiatus virulents

Dans le livre de Jacques Roubaud dont je présente dans ce blog chaque mois quelques Remarques, on peut lire celles-ci : 1675 - L’hiatus le plus virulent est celui de deux voyelles identiques : nu ustensile. 1676 - contrainte - un sonnet saturé d’hiatus virulents. J’ai essayé : Toi, ta porte close ou ouverteclaque à AnnemasseUn livreur de pizza alertet’invoque : ô Horace ! Aujourd’hui, hier t’a-t-on vu chaussé, échassesprêtées à Alberte,la femme du kiné ? Ici, il masse.  Quand elle était à Avignonelle dansait sur un quai... [Lire la suite]
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30 juin 2017

Un phare dans la nuit profonde, de Jacques Kraemer

Dans ce petit livre, Jacques Kraemer a publié des « propos sur le théâtre recueillis par Karim Haouadeg » et parus précédemment dans la Revue Secousse. Karim Haouadeg insiste, tout au long de cet entretien, sur le sens, sur le fait de savoir si « le théâtre, ça a du sens ». Jacques Kraemer lui répond qu’il ne se pose jamais la question du sens au préalable, que le sens est à produire « non seulement par l’émetteur (le metteur en scène), mais aussi par le récepteur (le spectateur) ». Puis il évoque son... [Lire la suite]
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27 juin 2017

Rêves inachevés, poèmes de Sabine Sicaud interprétés par Michèle Bernard

Michèle Bernard un jour a chanté un poème de Sabine Sicaud. C’était en 2006, parmi d’autres textes. Une Éducation sentimentale dont on n’a pas pu lire les dernières pages, et, pour écrire une chanson, elle disait : « J’ prends la vie entière, j' la coupe en morceaux / L’amour, la colère et les petits oiseaux / C’est tout ce que j'aime, en concentré, / La musique et les mots emmêlés / Qui s’envolent ». Le poème de Sabine Sicaud, c’était Jours de fièvre : « Ce que je veux ? Une carafe d’eau glacée ». Elle le... [Lire la suite]
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26 juin 2017

POÉTIQUE : REMARQUES, de Jacques Roubaud - juin 2017

« Ce volume rassemble un demi-siècle de réflexions dans une forme particulière de prose que j’appelle remarques. », écrit Jacques Roubaud. Il ajoute qu’il se compose de 15 sections de 317 remarques chacune. 317 étant un nombre premier, comme l’est aussi 2017, ce sera notre rendez-vous mensuel : vous trouverez, chaque mois, quelques-unes des remarques de Jacques Roubaud dans ce blog, précédées du numéro qu’elles ont dans le livre. 1665 - Métrique et mur : sur un mur, à la peinture rouge, dans la rue de Moussy, cet... [Lire la suite]
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23 juin 2017

Passage au bleu, de Brigitte Giraud

J'ai cru, d'abord, que cette Brigitte Giraud était la romancière. Les poèmes que j'ai lu dans ce livre ne me rappelaient rien de l'auteur de Nous serons des héros, de Pas d'inquiétude, ou Avoir un corps. Et j'ai compris qu'il y avait une autre Brigitte Giraud. Voici un de ses textes : Trouver un ordreAssembler rassembler trierla pensée et les émotionsdans l'ordre des choses désordonnées,un aveugle clairvoyant du monde défait,des choses défaites,à remonter. Trouver une chose une seule chose,au moins une seule,un regard,un ligot des... [Lire la suite]
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20 juin 2017

Bernardo Schiavetta à la Rencontre poétique de juin 2017 chez Tiasci-Paalam

Abracadabra, formule magique intraduisible, nous introduit à la poésie de Bruno Gonzalvi, hétéronyme de Bernardo Schiavetta, dont nous retiendrons son goût pour la forme, et plus particulièrement ce soir-là, celle du miroir. Evidemment, nous ne sommes pas loin de la contrainte oulipienne et de cette règle : « un texte écrit suivant une contrainte parle de cette contrainte ». Mais ce qui est étonnant et captive l’auditoire, c’est l’apparition, à partir des formes même et des mots qu’elles utilisent, d’un personnage, non pas... [Lire la suite]
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17 juin 2017

Les mots cachés des soirs de juin

Dans un poème fameux, intitulé Roman, Arthur Rimbaud écrit : Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! Savait-il que, bien des années plus tard, juin serait un mois d’élections ? Et d’abstention… On peut en effet trouver ce mot en piochant des lettres dans ce vers. Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! Savait-il que, des années plus tard, juin serait un mois de ramadan ? Donc de jeûne… On peut en effet trouver ce mot en piochant des lettres dans ce même vers. Les tilleuls sentent bon dans les bons... [Lire la suite]
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12 juin 2017

Déshumania, une allégorie contemporaine

Invité par Nadine Bilong, j'ai participé le 25 mai à la Colonie (Paris 10e) à cette "discussion-performative" où nous avons échangé autour des questions que pose l'exhibition des corps de femmes noires au XIXe siècle et au début du XXe siècle : d'une part Sarah Baartman, venue d'Afrique du Sud pour être exposée dans des baraques foraines à Londres et à Paris, examinée et disséquée par Georges Cuvier qui dira d'elle qu'elle a tous les caractères de l'animalité et qu'elle est d'une éternelle infériorité, et d'autre part les soeurs... [Lire la suite]
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