03 juin 2020

Sauf : Le dernier poème, de Daniel Maximin

(…) au-dessus des gibets des croix et des statuesau-dessus des micros des codes et des prièresquand les dieux n’ont pas l’oeil sur leurs écritureson délivre des paroles de pollen de sang de sève et de sisalimaginant l’avenir pour l’horizon et la vigie on meurt alors c’est vrai d’attiser les alarmes au son de l’oud et du violon au rythme du blues, des conques et des tambours on meurt d’attiser la mémoire une et mille nuits de cauchemars sans les contes pour imager les rêves on meurt de désigner son nom au livre ouvert aux yeux des... [Lire la suite]
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02 juin 2020

Requiem pour une ville perdue, d'Aslı Erdoğan (Actes Sud)

Très vite, on se laisse porter par le rythme des phrases de ce livre. peut-être à cause du Livre des morts des anciens Égyptiens par où elle arrive. Mais non, c’est autre chose. C’est une attente infinie, sous l’aile des mouettes, le regard des chats, la mer et les coquillages vides « où le vent s’engouffre et gronde ». Les ombres et la lumière, les bandelettes d’une momie et tout qui commence de commencement en commencement. Elle vit ainsi dans un monde qui « s’écoule et fuit hors des plaies de sa propre... [Lire la suite]
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31 mai 2020

Gigantexte de Michèle Métail

Dans le livre consacré à Michèle Métail, La poésie en trois dimensions (éd. Les presses du réel), j’ai découvert cette oeuvre intitulée Gigantexte n°4 Les lettres sont des insectes pris dans le filet des mots. Vingt-six boites contiennent chacune 25 lettres en papier noir épinglées sur le fond en velours noir, et une lettre en papier rouge. Ces 26 lettres forment un vers mettant en valeur la lettre rouge. Cela donne une exposition qui, de loin, met en évidence l’alphabet, puisque les lettres rouges sont les 26 lettres de l’alphabet,... [Lire la suite]
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27 mai 2020

dit la femme dit l'enfant, de Christiane Veschambre (éd. Isabelle Sauvage)

Soudain mises en présence, l’enfant, « à quelques pas du seuil », et la femme, « assise à l’autre bout de la grande pièce ». Tout de suite on sait que ce n’est pas la rencontre imaginée par Erri de Luca avec un enfant qui ne serait pas né. Il s’agit ici de tout autre chose. L’enfant, la femme, ce serait la même, une qui parle au futur et au « présent parfait », une qui interroge le passé dans un autre présent. Une qui parle de la vie, du goûter chez Juliette Verdun, une qui l’écrit : « Dans tout ce... [Lire la suite]
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24 mai 2020

Deux poèmes d'Alain Veinstein

Une chance Enfant, toujours, je vivaisdans l'imminence de la mort ;pas d'autre attente, finalement,quel que soit le cas de figure,mais l'espoir, malgré tout,que la mort me laisse une chance,qu'elle soit, si je puis dire,bonne joueuse,qu'elle ne s'abatte pas sur moi,d'un instant à l'autre,comme une force écrasante,sans même me laisser le tempsde pousser un cri :vivre sa vie, au fond,ce n'était peut-être pas trop demander.             Si j'ai écrit le mot fin,c'était dans un moment de... [Lire la suite]
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18 mai 2020

Un poème d'Andrée Chédid

TERRE DES PUISSANTS Mycènes Rien n'altérait le ciel ;À travers roche, l'herbe se saisissait du jour ;La bête cherchait à survivre,Seul l'homme inventa le crime. L'envie éroda la tendre chair de son coeur ;L'eau, native de son regard, se troublait ;Son bras devint esclave.Pensant que les murs, complices du sang versé,Décourageraient l'implacable ;Il mit des peuples à les bâtir. Mais la haine leva des sarments amers,Il ne devait plus y avoir de fin à ce talion. La mort, qui a le temps, se divertitDe ceux qui croient asservir la... [Lire la suite]
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15 mai 2020

Les Métamorphoses, d'Ovide, traduit du latin par Marie Cosnay

C’est un travail de plusieurs années, traduire Les métamorphoses d’Ovide. Souvent on n’en a que des extraits, une métamorphose, une autre, neuf, douze… Marie Cosnay en a réalisé la traduction intégrale et publié aux éditions de l’Ogre en 2017. Bien sûr, on peut lire ce livre comme une épopée, ou par morceaux. Mais le travail de la traductrice permet de comprendre les enjeux de cette oeuvre. De la replacer dans le contexte de la création littéraire d’une époque (Lucrèce, Virgile) et, par delà, de notre époque même. En effet, Marie... [Lire la suite]
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08 mai 2020

La vie vagabonde, de Lawrence Ferlinghetti

Il est né un 24 mars, en 1919. Lawrence Ferlinghetti, poète, éditeur, co-fondateur en 1953 de la librairie City Lights à San Francisco, librairie où s’est développée la littérature de la Beat Generation. Dans cet ouvrage, La vie vagabonde, Lawrence Ferlinghetti raconte ses voyages, ses rencontres, nombreuses à travers le monde, « défenseur des libertés civiles aux sympathies anarchistes », en France ( dès 1920), en Espagne, en Haïti, à Cuba, dans plusieurs pays d’Amérique latine, en Afrique, la liste est longue et... [Lire la suite]
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24 avril 2020

Toi alors, un poème d'André Velter

toi alorsje ne t'attendais pas tu es sortie d'un air de saxqui me tenait la têted'une insomniequi traversaitle petit jour toi alorsje te voyais à peine tu es venuecomme l'ombredes heures sans heurecomme la passantede ce qui passeau petit jour toi alorsje ne t'écoutais pas tu es restéesur la riveà murmurer tout baset la peur au coeurà faire le sautdu petit jour toi alorsje ne t'inventais pas tu as dansépour toi-mêmeun pas de chanceà bout de souffleen donnant mes brasmes yeux et ma boucheau petit jour toi alorsque je... [Lire la suite]
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16 avril 2020

Pour une poignée de ciel, poèmes au nom des femmes dalit (éd. Bruno Doucey)

Jiliane Cardey a traduit de nombreux poèmes d’une anthologie en langue hindi parue en 2013 à Delhi. Cette anthologie est déjà un évènement puisqu’elle donne la parole à des « intouchables », Dalit, et des autochtones, Ādivāsī, de l’Inde. L’excellent travail de traduction, les notes  qui permettent d’en comprendre le contexte et les enjeux sont à leur tour un évènement pour les francophones. « Nous avons donné naissance à des diamants bruts qui peuvent soulever la terre sur leurs épaules ». C’est Bruno Doucey... [Lire la suite]
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