05 mai 2021

Décomposée, de Clémentine Beauvais (éd. L'iconoclaste - collection L'iconopop)

Goujats les poètes français, Ronsard, Corneille, Baudelaire, les deux premiers promettant la vieillesse et la décrépitude aux femmes qu'ils désirent, le troisième lui annonçant un avenir de charogne... Clémentine Beauvais a lu ce poème de Baudelaire et imagine ce qu'a pu être cette femme, si c'était une femme, forcément « lubrique » pour le poète, et ce qu'elle pourrait dire de son existence au milieu de ce XIXe siècle où être femme n'était sans doute pas une sinécure. Au hasard de cette promenade, « au détour d'un... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 09:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

04 mai 2021

La faim de leur monde, Akhenaton (éd. L'iconoclaste - collection L'iconopop)

Quinze ans ont passé depuis que le groupe IAM a écrit La fin de leur monde. Akhenaton et Shurik’n espéraient que ce serait pour bientôt. Ils pensaient que le monde allait bientôt réagir à toutes les injustices, les inégalités, les violences. C’était un an avant une élection présidentielle, celle de 2007… Et puis, quinze ans plus tard, c’est pire. Akhenaton a près de cinquante ans. Sa mère, qui a toujours lutté, politiquement et syndicalement, vient de mourir. Il lui adresse ce long poème, ce texte de colère. Il ne dit pas seulement... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:42 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
02 mai 2021

Alors Carcasse, de Mariette Navarro (éd. Cheyne), lu par Denis Lavant

Mariette Navarro a publié ce livre en 2011, Denis Lavant déjà en avait fait une lecture. Dix ans plus tard, à la Bibliothèque municipale de Lyon, pour l’anniversaire (40 ans) des éditions Cheyne, Denis Lavant revient à ce texte. Un pupitre, les feuilles sur le pupitre, et l’acteur dont dépassent la tête, au début coiffée d’un bonnet et d’un chapeau, les épaules, les bras et les mains de part et d’autre sur l’écran où je le vois.  « Plusieurs aussi sont là au beau milieu de leur époque mais Carcasse particulièrement est au... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
01 mai 2021

Le petit pois, l'orange, un légume, un fruit

Dans l’émission dominicale, aujourd’hui disparue, « Les papous dans la tête » (France Culture), Henri Cueco, artiste et écrivain, a, par deux fois, parlé du petit pois. (photo : Stéphanie Berlu - Maxppp) D’abord, ce fut « La leçon de peinture ou comment peindre un petit pois ». En voici quelques extraits : « À toutes les questions que pose le destin du petit pois,  vous pouvez au choix donner une réponse mystique (d’où vient-il ?), ou matérialiste (où va-t-il ?). Soyons réalistes : la... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:32 - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
30 avril 2021

Beaupré, d'Éric Sautou (éd. Flammarion)

Beaupré, c’est un lieu : une maison, un jardin (arbres, fleurs, feuilles, balançoire), un lac. C’est la maison de sa mère. « j’habite / seule ici et seule / je reste ». Les textes sont très courts, les mots apparaissent, disparaissent, reviennent, comme si on devait les répéter, une fois, plusieurs fois, pour qu’ils pèsent un peu de leur réalité. Ce sont bien les mots qui font le poème : ce ne sont pas les feuilles (« elles tombent »), pas les arbres (« bouleversés »), pas les choses (« elles... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
27 avril 2021

Rien du tout, d'Olivia Tapiero (éd. Mémoire d'encrier)

Rien du tout, ce n’est pas absolument rien, c’est plutôt le rien qui est dans le tout, le trou, le trou noir : « j’ai lu quelque part que, si chaque galaxie a pour centre un trou noir, il est possible que chaque trou noir contienne un univers ». C’est donc ce trou noir que cherche Olivia Tapiero. Un trou noir, un effondrement, d’où renaître. « Le trou se transmet dans le cœur des femmes, de mère en fille, d’une bouche à l’autre. » La dédicace à sa mère et cette phrase placent le texte du côté des femmes : la... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:38 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

24 avril 2021

Revenir nie le rêve ?

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme cestuy-là qui conquit la toison, Et puis est retourné, plein d’usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son âge ! Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village Fumer la cheminée, et en quelle saison Reverrai-je le clos de ma pauvre maison, Qui m’est une province, et beaucoup davantage ? Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux, Que des palais Romains le front audacieux, Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine : Plus mon Loire... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:39 - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , ,
23 avril 2021

EMEL - The Tunis Diaries

Depuis plusieurs jours, quotidiennement, j’écoute Emel Mathlouti. J’en étais resté aux premières chansons que j’avais entendues d’elle, il y a plus de huit ans. Sa voix a toujours cette amplitude que j’avais particulièrement appréciée. Aujourd’hui, en l’écoutant, j’ai l’impression de voir le soleil se lever et se répandre sur la ville. Et chaque jour je marche avec ses musiques dans la tête où se mêlent la mélancolie et l’espoir, l’attention à chaque chose et le sens de la liberté, et les chants des oiseaux, tout proches. Sa voix et... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
22 avril 2021

Je n'aime pas les ateliers d'écriture, de Thomas Flahaut (éd. La passe du vent)

Il y a dans ce recueil des portraits de participant.e.s aux ateliers d’écriture. Quelques lignes, un poème, quelqu’un.e. Ce sont des ateliers organisés dans des contextes différents, hôpital, collège, université, foyer, prison. Les résistances à l’écriture, le plaisir des mots qu’on trouve, le jeu, un peu de soi… Mais qui écrit ces poèmes ? Celui qui n’écrit pas pendant les ateliers ? Celui qui écrit « pour l’enfant enfermé en (lui) comme dans une tombe égyptienne ».
Posté par onarretetout à 07:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
19 avril 2021

Essai pour un paradis - Pour un moissonneur, de Gustave Roud (éd. Zoé)

Ce sont des mains qui se touchent, parfois blessées par les tiges coupées, des épaules l’une contre l’autre, les gestes de la moisson quand ce n’était pas encore ceux des machines, l’écume aux lèvres des chevaux, leurs pas sur les pierres des chemins, les fleurs, la poussière qui attrape la lumière dorée. Aimé au milieu de tout ça. Aimé qui donne un sens au lever du soleil, et au vent, le vent cru bu avec délice. Beauté des corps dans la lumière ou dans l’eau. Plénitude de l’été. Saison enfuie jusqu’à « perdre... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:07 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,