20 janvier 2020

Bertrand Belin en concert

Tout commence, ce soir-là, avec un bec. L’oiseau, petit à petit, ne fait pas son nid mais son bec. Ce n’est pas rien : il se fabrique, n’accumule pas les briques. Et il chante. Dans cette chanson, il y a Bertrand Belin (photo Pierrick Delobelle), son goût pour les liaisons de prononciation qui suivent la dentale « t », son désir de dire quelque chose (même, parfois, « quelque chose rouge »), son désir ardent de s’exprimer, désir de volcan, et cette obsession du temps « car le temps existe ». C’était... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:36 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

14 janvier 2020

Un poème d'Adeline Baldacchino, extrait de son recueil Théorie de l'émerveil

GRÈVE CONTRE LA MORT En me levant ce matin j'ai regardé la merelle avait l'âme à l'enversj'ai regardé la lumièreelle avait de l'encre sur les paupières En me levant ce matin je ne voulais plus crier mais j'ai ditvoici venu le temps des maudits le temps d'avancer à pas de petitegéante En me levant ce matinj'ai dit ça ne fait riennous pouvons encore chantercontre la nuit qui nous enchanteet les sorciers qui s'enfoncentdans nos rêves de sept lieues avec leurs bottes qui crachentdes arrêtésdu feudes expulsionsdes éclatsde grenade ... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
27 décembre 2019

Lapetitegens d'Isabelle Pinçon, un texte extrait du livre

         Lapetitegens   n'est   pas   unexemple, elle est un brouillon, un gri-bouillis,  un grabouillage,  on  entenddes bruits de source, des cailloux quis'agitent,  on entend  une cascade etla course  des petits  animaux,  aussil'énervement   d'un   buisson   et  aubout de la colline, le duvet du silencequi glisse le long de nos cous.
Posté par onarretetout à 08:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
26 décembre 2019

Lapetitegens, d'Isabelle Pinçon

Lapetitegens, c’est trois mots collés. C’est en rapport avec l’enfance, avec l’écriture. Parfois lapetitegens va jusqu’au bord de la page et a peur du vide. C’est la poésie. Isabelle Pinçon, vous vous souvenez, elle avait écrit à propos de lhommequicompte. Si lhommequicompte était différent d’elle, lapetitegens est un peu elle, parfois cachée tout au fond, parfois traînant comme un fil détaché. C’est le secret. C’est l’indéfinissable, la curiosité, l’étonnement, le jeu, la colère aussi, qui traîne ou dessine des mots et qu’on porte... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
22 décembre 2019

Brigitte Brami, à la rencontre poétique chez Tiasci - Paalam, en décembre 2019

« Après la monstruosité immonde de mon arrestation, de mes différentes arrestations dont chacune est toujours la première, qui m’apparut avec ses caractères d’irrémédiable, en une vision intérieure d’une vitesse et d’un éclat fulgurants, fatals, dès l’emprisonnement de mes mains dans le cabriolet d’acier, brillant, comme un bijou ou comme un théorème, la cellule de prison, que j’aime maintenant comme un vice, m’apporta la consolation de moi-même par soi-même. » (Jean Genet - Notre-Dame-des-Fleurs) J’aime ma cellule comme... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
21 décembre 2019

Comme ses pieds

Faut être bête comme l’homme l’est si souventPour dire des choses aussi bêtesQue bête comme ses pieds gai comme un pinson Ça c’est de Prévert, et puis il part sur autre chose pour revenir à la maison, qui n’est pas ma maison. Dans un livre intitulé Con comme la lune, Catherine Guennec et Jean-Jacques Delattre ont collecté cent expressions bâties autour de la conjonction « comme ». Prenons, par exemple, « bête comme ses pieds ». Ils cherchent d’autres expressions, dans l’histoire, la littérature, l’usage... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:03 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

20 décembre 2019

L’heure leurre à Saint Lazare

J’étais hier dans le quartier de la gare Saint Lazare, à Paris. Un livre m'accompagnait : Mur Méditerranée, de Louis-Philippe Dalembert. Et je pensais à Guillaume Apollinaire.  Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrantsIls croient en Dieu ils prient les femmes allaitent les enfantsIls emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare C’était plutôt la foule des jours de grève. Insultes et menaces trahissaient l’énervement mais ne le calmaient pas. Dans un bar, j’ai pris un café, certes pas à deux... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:22 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
19 décembre 2019

Un voyage d'envers, de Robert Rapilly et Philippe Lemaire

Les voyages, pour qui travaille sans cesse les mots et leurs agencements, mènent au souvenir d’Hugo Vernier, auteur repéré par Georges Perec et désigné dans son fameux Voyage d’hiver. Les oulipiens lui ont inventé d’autres aventures, d’autres suites. Et Robert Rapilly l’a mis sur le chemin qui mène de Fives, dans le Nord de la France, en Argentine. Manuel Mauraens est un métallo, s’en allant construire une voie ferrée à l’autre bout du monde, entre rivière souterraine et forêt sacrée. Il y rencontre Abipone Lules, une Indienne qui... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:15 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,
18 décembre 2019

Un voyage d'envers, de Robert Rapilly et Philippe Lemaire (extrait)

Le voyage est long et exigeant. Un aller et un retour (il faut retourner le livre à la fin, qui devient, selon ce qu'on voudra, la suite ou le début). J'y creuse aujourd'hui dans un sous-sol pour en extraire ces mots : (Mauraens*) suit maintenant un torrent qui file. Éclats de cymbales, l'eau mousse contre la roche. Crescendo le registre grave s'amplifie, au point de couvrir les voix et les pas. Quelque chose mugit après la paroi ; dehors ça passerait pour un roulement d'orage lointain, mais ici sous terre ? Pour être source,... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
15 décembre 2019

Nous ne trahirons pas le poème, de Rodney Saint-Éloi (extrait)

Il écrit "la guerre n'est pas mon métier". Convoque les ancêtres, les fantômes. Poète, éditeur de poètes, Rodney Saint-Éloi est né à Cavaillon (Haïti) et vit à Montréal. Il écrit "la mort n'habite pas ma maison". Écrit que "parfois la mer se trompe de pays". les outardes ont parlé à mon coeurmiroir coup de désrésistons au verbe résister j'ai siphonné la merj'ai transfusé les îlesenvoûté les écorcesembrassé les flammes luciole j'appelle fleuveje vends les vallées noireset les savanes désolées je meurs aloèscorail je... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,