26 mars 2018

L'établi, de Robert Linhart, lu par Guillaume Gilliet dans la Librairie L'établi d'Alfortville (94)

L’incipit donne le ton : « Montre-lui, Mouloud ». L’usine est un lieu où on donne des ordres, où on adapte les corps aux besoins de la production. Ici, c’est la chaîne des 2CV de Citroën, années 1970. Robert Linhart s’est fait embaucher pour découvrir la condition ouvrière et, sans doute aussi, pour lui donner une conscience de classe. C’est un « établi ». Un de ceux qui ont choisi de quitter leur confort intellectuel pour se confronter à un réel qu’ils ne soupçonnaient pas. Ils avaient construit leur pensée, ils... [Lire la suite]
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25 mars 2018

POÉTIQUE : REMARQUES, de Jacques Roubaud - mars 2018

« Ce volume rassemble un demi-siècle de réflexions dans une forme particulière de prose que j’appelle remarques. », écrit Jacques Roubaud. Il ajoute qu’il se compose de 15 sections de 317 remarques chacune. Je pensais d’abord citer quelques remarques chaque mois de l’année 2017, mais j’ai choisi de les présenter par section ; il y en a 15, cela dépasse l’année. Ou bien, nous dirons qu’une année Roubaud vaut plus que douze mois. Vous trouverez, dans chacun des trois mois suivants (février, mars, avril), quelques-unes des... [Lire la suite]
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23 mars 2018

Mauvais sang, Arthur Rimbaud

Le titre de la pièce du Nimis Groupe présentée hier est extrait d'un texte de Rimbaud : Mauvais sang. Le voici.  Encore tout enfant, j'admirais le forçat intraitable sur qui se referme toujours le bagne ; je visitais les auberges et les garnis qu'il aurait sacrés par son séjour ; je voyais avec son idée le ciel bleu et le travail fleuri de la campagne ; je flairais sa fatalité dans les villes. Il avait plus de force qu'un saint, plus de bon sens qu'un voyageur — et lui, lui seul ! pour témoin de... [Lire la suite]
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18 mars 2018

Lait et miel, poèmes de Rupi Kaur

Le livre a quatre chapitres. Voici un poème de chaque chapitre. SOUFFRIR tu as une tristesse qui vit dans des endroits où la tristesse ne devrait pas vivre AIMER je sais que je devrais m’effondrer pour de meilleures raisons mais avez-vous vu ce garçon il fait capituler le soleil tous les soirs ROMPRE je suis un musée rempli d’oeuvres d’art mais tu avais les yeux fermés GUÉRIR la prochaine fois qu’il te fait remarquer que les poils sur tes jambes repoussent rappelle à ce garçon que ton corps n’est pas sa maison il est un... [Lire la suite]
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17 mars 2018

En attendant, album de Caro et Rochier

Dans cet album, Fabcaro et Gilles Rochier cultivent une forme de mélancolie qui, parfois, peut faire sourire. L’un des deux personnages qui échangent leurs « en attendant » vient de vivre une rupture, mais les petites phrases qui se suivent de page en page pourraient trouver un écho dans bien d’autres situations. Par exemple :  EN ATTENDANT, C’EST MÊME PLUS LE TRAIN QU’ON REGARDE PASSER, C’EST LES TYPES QUI DÉMONTENT LES RAILS. LAISSE TOMBER JE ME COMPRENDS. Est-ce que ça ne vous fait pas penser à la réforme engagée... [Lire la suite]
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14 mars 2018

Cantique des plaines, de Nancy Huston (2)

Derrière le titre Cantique des plaines, j’entends « plain chant », et quand il y a plain chant, bien qu’il n’y ait qu’une voix, cela déborde l’individu. Un individu qui agonise peut croire que le monde s’écroule (certains auteurs écrivent, à la fin de leur vie des récits eschatologiques) mais son souvenir le dépasse : tant qu’on parle de lui, il existe. Penser à quelqu’un qui nous a précédés c’est aussi observer sa descendance, sa multiplication, la diversité qu’il a générée. C’est ce à quoi s’attache Paula, avec l’aide de son... [Lire la suite]
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13 mars 2018

Cantique des plaines, de Nancy Huston (1)

C’est un cantique, si l’on en croit le titre. Et, en effet, le texte est ponctué de refrains religieux ou patriotiques, mais de quelle patrie s’agit-il ? Quelle identité est mise en jeu dans ce livre ? Celle des plaines de l’Alberta, au Canada, où des hommes et des femmes sont venus s’installer au XIXe siècle, croyant trouver de l’or et découvrant une vie difficile, dans la misère et le froid. L’alcool, la violence, le sentiment du temps perdu. Le temps, à propos duquel le grand-père de la narratrice aurait voulu écrire et dont il... [Lire la suite]
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09 mars 2018

Naître quelque part

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa familleOn choisit pas non plus les trottoirs de ManilleDe Paris ou d'Alger pour apprendre à marcherÊtre né quelque partÊtre né quelque part, pour celui qui est néC'est toujours un hasard(Nom'inqwando yes qxag iqwahasa)(Nom'inqwando yes qxag iqwahasa) Y a des oiseaux de basse cour et des oiseaux de passageIls savent où sont leur nidsQu'ils rentrent de voyage ou qu'ils restent chez euxIls savent où sont leurs oeufsÊtre né quelque partÊtre né quelque part, c'est partir quand on veutRevenir... [Lire la suite]
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08 mars 2018

Un loup pour l'homme, de Brigitte Giraud

Ne vous arrêtez pas au titre : Brigitte Giraud en déplace le sens proverbial. L’homme est un loup pour l’homme, dit-on, mais sait-on ce qu’est un loup pour cet homme blessé qui ne s’en remettra pas. De quoi devrait-il se remettre ? De la guerre qui n’est pas officiellement une guerre ? De sa maladresse ? De sa honte ? Et pourquoi devrait-il avoir honte ? Dans le livre de Laurent Mauvignier, Des hommes, la guerre d’Algérie rattrape les appelés qui sont partis et ont vu, vécu les horreurs qui ont profondément modifié leur... [Lire la suite]
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02 mars 2018

Sur quelques films vraiment sonores, d'Aimé Agnel

Avec une centaine de films présentés dans ce livre, Aimé Agnel, qui enseignait le son et la musique à l’IDHEC, explore les rapports entre le son et l’image au cinéma. Entre l’oreille et l’oeil. Coïncidence : j’ai découvert ce livre quasi simultanément à la projection à laquelle j’ai assisté de Jusqu’à la garde. Dans sa préface, Aimé Agnel écrit : « (…) la mise en tension des images et des sons lorsque l’on a une claire conscience de leurs différences et de leurs oppositions. Le modèle de cette mise en tension a longtemps été,... [Lire la suite]
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