22 octobre 2018

Patricia Castex Menier, à la rencontre poétique chez Tiasci Paalam, en octobre 2018

Patricia Castex Menier nous dit qu’elle commence par la fin, les épitaphes. Textes courts comme elle le fait souvent parmi lesquels j’entends qu’elle souhaite à la terre même de reposer en paix. De la terre, elle en vient au village, « il attend / un lieu reste immobile ». Un lieu avec ses morts qui « parlent trop bas », mais aussi une maison où venir « avec toi c’est mieux ». Et « si on doit toujours nommer la nuit / par le mot nuit », que dire de l’éternité, de l’infini ?... [Lire la suite]
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18 octobre 2018

Ça raconte Sarah, de Pauline Delabroy-Allard

La référence à India Song arrive très vite dans ce récit d’un amour dévorant. Voilà, toi qui me parles d’elle, « de ses nuits de nos nuits / de ce désir-là / de ce désir mort ». L’écriture de ce roman nous saisit et nous entraîne dans l’excès, la passion, qui donne tout et le reprend jusqu’à éteindre le corps qui n’en peut plus, l’esprit qui perd la mémoire tant cet amour-là a pris toute la place, ne laissant rien aux autres, à la vie même. Aimer c’est donc mourir, pas d’autre issue, pas d’exil possible hors de l’amour. La... [Lire la suite]
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13 octobre 2018

Homophonies

Un bon appartement chaud et un Bonaparte manchot sont deux énoncés homophoniques, c'est-à-dire qui ont une prononciation identique.  La variation homophonique À partir d’un énoncé donné (un nom propre, une phrase), trouver le plus grand nombre possible d’énoncés qui soient entièrement ou partiellement homophones.  Les oulipiens (suivre le lien dans la colonne de droite) ont ainsi joué, en 1973, avec le nom de Montserrat Caballé, inventant plus de cent occurences dont la plus souvent citée est sans doute : Mon... [Lire la suite]
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11 octobre 2018

Frère d'âme, de David Diop

L’évènement qui déclenche le livre est la mort de Mademba Diop, refusée par Alfa Ndiaye qui va le regretter tout le reste de sa vie, tout le reste de la guerre d’abord, et ensuite. Mademba Diop a imploré trois fois Alfa Ndiaye de l’égorger pour en finir avec les souffrances atroces qu’il endurait, « le dedans dehors, comme un mouton dépecé ». Mademba, son « plus que frère ». Après cela, Alfa se met à penser par lui-même : ni la tradition, ni le devoir, ni les ordres n’ont de prise sur lui. Après avoir été... [Lire la suite]
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10 octobre 2018

Frère d'âme, de David Diop - extrait

Après Stabat Mater Furiosa, de Jean-Pierre Siméon, après Salina, de Laurent Gaudé, j’ai entrepris la lecture de Frère d’âme, de David Diop. J’y reviendrai plus tard. Nous sommes plongés dans les tranchées de la guerre de 14-18. C’est un tirailleur sénégalais qui parle. En voici un extrait : « Je crois avoir compris que ce qui est écrit là-haut n’est qu’une copie de ce que l’homme écrit ici-bas. Par la vérité de Dieu, je crois que Dieu est toujours en retard sur nous. Il ne peut que constater les dégâts. (…) C’est ça la guerre... [Lire la suite]
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08 octobre 2018

Salina, les trois exils - de Laurent Gaudé

Il y a, dans ce roman écrit plus de dix ans après une pièce de théâtre portant le même titre, quelque chose de permanent chez Laurent Gaudé : la nécessité du récit contre l’oubli. La mort, on sait qu’elle survient, mais l’oubli, on peut l’empêcher et c’est à quoi sert l’écriture.  Il y a beaucoup de poussière dans les paysages de ce récit. Dès la venue de l’enfant dans le village des Djimba et tout au long de cette « vie entière de poussière, de combats, d’errances et de rage ». C’est la poussière du temps, celle de... [Lire la suite]
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02 octobre 2018

La Porte des Enfers, de Laurent Gaudé

C’est dans le film d’Éric Caravaca, Carré 35, que j’ai entendu le titre de ce roman de Laurent Gaudé et, peut-être, ces phrases : « Je ne viendrai plus jamais ici. Je ne déposerai aucune couronne. Je n’arroserai aucune fleur et ne ferai jamais plus aucune prière. » Nous sommes à Naples, en 1980, l’année d’un terrible séisme. Mais c’est le café de Filippo que nous allons d’abord goûter. Un café qui va bouleverser mon temps de lecteur. Je passerai de 2002 à 1980 dans un sens puis dans l’autre et encore plusieurs fois. Il me... [Lire la suite]
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30 septembre 2018

Beauté de la poussière, de Jean-Luc Hennig

Ces derniers jours, dans ce blog, vous avez pu lire des citations du livre de Jean-Luc Hennig, Beauté de la poussière. Dans cet ouvrage, l’auteur porte son attention sur des textes, des oeuvres d’art (peintures, sculptures) qui donnent une place particulière à la poussière. « Personne n’en dit rien, mais il n’est pas un jour de notre vie où nous ne pensions à elle ». Il ne s’agit pas de faire le ménage mais d’examiner comment nous vivons avec elle. D’abord dans son origine étymologique qui nous mène au pollen, à la poudre,... [Lire la suite]
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29 septembre 2018

L'envol du pigeon

« Passons aux choses en -on. (…) Avec le chiffon et le torchon, on passe aux choses sérieuses. Mais si le chiffon se froisse et caresse encore les choses, le torchon claque, dit Francis Ponge, comme un coup de tranchant. » (Jean-Luc Hennig - Beauté de la poussière) Le paragraphe d’où je sors ces phrases m’a donné la piste de notre jeu : relevons des mots se terminant par -on (par par -ion ! ni par -illon) et construisons trois phrases contenant chacune au moins deux des mots de notre liste. Exemples : Au rythme des... [Lire la suite]
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27 septembre 2018

Arcadie, d'Emmanuelle Bayamack-Tam

Est-ce là le paradis ? Une zone blanche non polluée par les ondes, coupée du monde, d’où toutes les peurs du moment sont bannies : on ne mange pas de viande, on n’écoute pas de ces musiques dites actuelles, je jugerais qu’on n’y produit pas de déchets ou qu’on y recycle tout. Mais c’est surtout le lieu de l’amour, total l’amour, pas que dans les têtes, c’est très physique. Toute la communauté réunie à Liberty House (un anglicisme, bien sûr) éprouve une admiration sans faille pour Arcady, un gourou, dit la grand-mère de Farah. Farah... [Lire la suite]
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