09 avril 2020

Passion Haïti, de Rodney Saint-Éloi (éd. Grandvaux)

Sa w wè a se pa sa… Ce que vous voyez là n’est pas la vérité. Cette phrase me hante depuis que je l’ai rencontrée dans le livre de Rodney Saint-Éloi. Il faut voir Haïti avec ces yeux-là. À la fois la misère et la magie, à la fois le temps et l’éternité, à la fois le passé libérateur et le présent sans issue, sauf le ciel après la route droite qui mène à l’aéroport, la seule route droite, toutes les autres soit défilant « en danse serpentée », soit dessinées en « filet de minuscules ruelles ». Il y a aussi la... [Lire la suite]
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07 avril 2020

Le journal d'Ava (éditions Points de suspension) - avril 2020

Ava une femme préhistorique. On a négligé les femmes en travaillant sur la préhistoire. Jusqu’à Lucy, découverte en 1974, on en parlait très peu. La bande dessinée, par exemple, avait Rahan, « fils des âges farouches », mais pas de personnage féminin équivalent. Erolf Totort répare cette négligence avec ce journal d’Ava dont nous ferons notre rendez-vous mensuel. Quatrième quart de Lune montante du mois des Graines Nous installons le camp de printemps, près de l’eau qui court le long de la terre, devant la petite grotte... [Lire la suite]
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06 avril 2020

L'an 01, film de Gébé, Jacques Doillon, Alain Resnais et Jean Rouch

L’utopie, celle du rêve et de l’espoir, contre une autre utopie, celle qui ne mène nulle part et qui tourne en rond, j’allais écrire en ronds, mais c’est des ronds pour quelques-uns seulement et qui commencent à penser les exporter sur d’autres planètes pour ne pas avoir à les partager. Qui dilapident à cet effort-là l’intelligence et sans doute la santé des autres. Mais revenons au film, sorti en 1973 après la formidable aventure éditoriale de la bande dessinée de Gébé. « On est trop grands pour prendre des gifles »,... [Lire la suite]
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05 avril 2020

La Vénus de Lespugue révélée, de Nathalie Rouquerol et Fañch Moal (éd. Locus Solus) - deuxième partie

C’est le regard et la pratique d’un artiste qui prévalent dans la deuxième partie du livre, ceux de Fañch Moal. Et son expérience est une prise en mains. « Le premier contact intime avec notre statuette se fit tout naturellement au creux de ma main » (passons outre le fait que je lui envie cette sensation). Il dit qu’il a immédiatement su que cette pièce est « parmi les plus importantes réalisations, toutes dimensions confondues, de l’univers sculpté ».Toutes les pages qui suivent vont le démontrer : la fluidité,... [Lire la suite]
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04 avril 2020

Une hirondelle ne fait pas le printemps

Nous n’avons que quelques mois pour regarder le printemps, écouter le printemps, marcher dans le printemps. Nous n’avons que quelques mois pour entrer dans l’été et vivre comme les oiseaux, les feuilles, les nuages et les vers de terre. Nous ne sommes pas en guerre. Nous devons tuer la guerre. Nous devons nous ranger du côté du printemps, de la beauté, sinon nous serons balayés et la terre se refermera sur nous, nous oubliera pour ne se concentrer que sur la vie et les saisons qui passent. Nous n’aurons été pour elle qu’un simple... [Lire la suite]
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03 avril 2020

Rouge pute, de Perrine Le Querrec

Le titre est un choc, un coup violent. L’intérieur l’est tout autant. La quatrième de couverture conjugue (comme ce verbe semble étrange ici !) cette violence à toutes les personnes : victime, agresseur, témoins…  Je me tais Ta gueule ! Il me tue Nous nous taisons Vous, vous vous taisez Ils assassinent Perrine Le Querrec écrit pour faire entendre les voix de celles qui sont réduites au silence, qu’on n’écoute pas. Celles dont on modifie le prénom, pour les protéger sans doute, mais qui risquent d’y perdre leur identité. Dans... [Lire la suite]
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02 avril 2020

Il est des hommes qui se perdront toujours, de Rebecca Lighieri

Qui a tué mon père ? C’est le titre du premier chapitre. Il y a un point d’interrogation. La question restera suspendue dans les pages suivantes. « JVTMP », les trois enfants de la fratrie savent ce que veulent dire ces cinq lettres. Et, même si on le devine, on ne le saura qu’au terme d’un parcours douloureux, pourtant plein de la vitalité de celle et ceux qui n’ont rien que la violence dans leur quotidien : Karel, Hendricka et Mohand, le seul qui n’ait pas dans son prénom le K initial du prénom de leur père, Karl, un... [Lire la suite]
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01 avril 2020

Des métamorphoses, dans Le navire Arthur et autres essais, de Gérard Macé (éd. Arléa)

Pour conclure son livre, Gérard Macé ouvre d’autres questions. Il présente le livre de Pierre Gascar, Le présage, dans lequel celui-ci montre que la mort des lichens, signe d’un affaiblissement de la nature, annonce une destruction plus générale, où que ce soit dans le monde. Et qu’elle est provoquée par les activités humaines. Il tire aussi de ce livre que « dans le domaine du bien il y a aussi des choses qui s’attrapent ». Et comme le pire n’est pas toujours sûr, on peut admettre que le monde est peut-être lui-même en... [Lire la suite]
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31 mars 2020

Lieux d'aisance, de Gérard Macé

Un des essais suivant le navire Arthur et ceux qui évoquent les parcours de trois médecins s’intitule Lieux d’aisance et cite Éloge de l’ombre. Je n’ai pas lu ce livre de Tanizaki mais les récits d’amis voyageurs et d’autres écrits m’ont dit ces différences culturelles (j’ose même cul-turelles) des pratiques intimes, ce lieu de « besoins », ce lieu de « faire ». Et, de même que Tanizaki dit qu’on « ne retrouve vraiment ses pénates que dans l’intimité des lieux d’aisance », Gérard Macé se retrouve dans... [Lire la suite]
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30 mars 2020

Le navire Arthur, et autres essais, de Gérard Macé (éd. Arléa)

Achevé d’imprimé le 9 janvier 2020, ce livre de Gérard Macé fait l’objet d’un dépôt légal en mars. Quelques jours avant le début du confinement en France. Il réunit plusieurs textes traitant d’épidémies et d’hygiénisme. La quatrième de couverture précise : « Les déchets s’accumulent, la menace écologique est majeure et les maladies refont surface. » En 1820 (le trottoir n’est apparu dans l’actuelle rue de l’Odéon à Paris qu’en 1802), on ne connaît pas encore les microbes. Le premier médecin que nous y rencontrons se nomme... [Lire la suite]
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