11 août 2018

Lenteur est Précipitation

Il y a quelques jours, dans ce blog, vous avez lu les slogans de Big Brother, cités par George Orwell dans 1984 : « Guerre est Paix - Liberté est Servitude - Ignorance est Puissance » Chacun est formé de deux noms communs reliés par le verbe être, l’un des deux noms en étant le sujet. En y regardant de près, on constate d’une part que ces deux mots semblent a priori contraires, et, d’autre part, que chaque affirmation aurait un sens différent si les noms communs étaient dans un autre ordre. « Guerre est Paix »... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:43 - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 août 2018

1984, de George Orwell, traduction de Josée Kamoun

De 1984, on se souvient de cette formule sous un portrait : « Big Brother vous regarde ». Cette fois, c'est plus direct : « Big Brother te regarde ». La lecture que je viens d’en faire (dans une nouvelle traduction) m’a glacé. « Pour commencer, il n’est même pas sûr d’être en 1984 ». C’est peut-être aujourd’hui, le temps étant venu des écrans qu’on n’éteint pas, et le livre est écrit au présent. Il y a trois groupes d’individus : ceux qui sont du Parti Intérieur ont le pouvoir ; un deuxième... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
07 août 2018

La Belle de Casa, de In Koli Jean Bofane

J’ai découvert dans ce livre un auteur et une ville, si tant est qu’on peut découvrir une ville dans un livre. Et, bien qu’il y ait un meurtre dès le début, que ce meurtre est un grand malheur (« Wili ! »), l’auteur ne manque pas d’humour. Son personnage, Sese Seko, Congolais arrivé à Casablanca, pensait qu’il serait débarqué en Normandie, ainsi nommé, Sese Seko, à cause de l’admiration que son père vouait à Mobutu. Au lieu de Deauville, il vit donc à Casablanca, « c’est encore l’Afrique », et courtise des... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
06 août 2018

Ce qui n'a pas de prix, d'Annie Le Brun

Dès les premières pages, Annie Le Brun rappelle qu’elle a publié il y a dix-huit ans un livre où elle évoquait le « trop de réalité » et continue celui-ci en ces termes : « Le fait est qu’il n’aura pas fallu longtemps pour que ce "trop de réalité" se transforme en un trop de déchets. » Donc de laideur. Mais elle échappe au procès qu’on pourrait lui intenter : elle dénonce une partie de l’art contemporain non pour une question de goût mais pour ses liens avec l’argent, pour sa complicité avec le pouvoir. Il y a,... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
04 août 2018

Chez nous, de Géraldine Kosiak

Ce petit livre est rempli de prénoms : les arrière-grands-parents, les grands-parents, le père, la mère, l’oncle, la tante, le frère, les camarades d’école, les voisins… C’est que ce livre raconte la vie dans un village, et, bien qu’il n’y ait pas de date, on peut à peu près en situer l’époque : ici c’est le nom Renaud cousu dans le dos d’un blouson en jean, là c’est la mort de de Gaulle « en faisant une partie de patience dans sa bibliothèque »… Et les verbes sont à l’imparfait. C’était donc avant. Avant quoi ? Avant, ce... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:33 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,
27 juillet 2018

Chalon dans la rue 2018 (4)

Je m’appelle, texte d’Enzo Cormann, par Garniouze INC. Cette « esquisse d'un mémorial des victimes d'un siècle de guerre (économique) mondiale » a été écrite en 1999. Un texte qui ne parle pas que du passé, bien que le premier à parler dise être né en 1912. L’énumération comme une litanie introduite pas ces mots « je m’appelle ». Puisque personne ne les appelle, ces hommes broyés par le travail, la guerre, la misère, la vie difficile, la prison, la surveillance permanente, la maladie et, malgré tout, cette... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

26 juillet 2018

Chalon dans la rue 2018 (3)

/ (Slash), ou l’homme D Choisir sa vie plutôt que la subir. Écouter chanter les oiseaux plutôt que le son du téléphone portable, ce fil à la patte qui prive cet homme arrivé là, sur la place, d’un moment de tranquillité. Voilà qu’il est prêt à répondre aux injonctions de son téléphone quand il trouve une pièce entre les pavés. Alors pile ou face ? À pile, faire face ? Mais deux options ce n’est pas suffisant. Il faut ouvrir les cadres, augmenter les possibilités : un dé a six faces, ce sera lui qui décidera. Le personnage que nous... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
20 juillet 2018

Aphorismes dans les herbes et autres propos de la nuit, de Sylvain Tesson

Sylvain Tesson vient de publier aux éditions Équateurs Un été avec Homère. Ce livre qu'il a écrit sur une île grecque est une promesse de voyage. On connaît cet écrivain voyageur. L'éditeur propose, pour l'achat de deux livres de la collection Un été avec... un recueil d'aphorismes de Sylvain Tesson. Les aphorismes sont des invitations à aller plus loin. Quelques exemples : Embarcadère : la promesse de l'eau.Pour ne réveiller personne, le faucheux se retire sur la pointe des pieds.Pourquoi appelle-t-on Évolution le mouvement qui a... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 07:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
17 juillet 2018

humains, la roya est un fleuve, de baudoin et troubs

La Roya, on peut s’y baigner, elle prend sa source en France et passe en Italie. Les villes et villages de la vallée n’ont pas toujours été français, l’histoire déplace les frontières. Il faudrait sans doute les supprimer. Des gens sont là. Ils habitent là, ils y sont venus, ils y viennent, ils passent par là. Le droit d’asile est ici une question centrale. En 1943, des Juifs ont quitté la France par ce chemin. Ils y ont rencontré des « justes ». Aujourd’hui d’autres « justes » accueillent, aident. Baudoin et... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
16 juillet 2018

Prête-moi une fenêtre, de Hala Mohammad

La fenêtre, pour les Syriens, c’est celle du train « pour contempler leur vie / qui courent avec les trains ». C’est celle des maisons qui « ont vue sur jardin ». C’est « le moment du coucher du soleil / … / qui donne sur la Syrie ».  Dans ce livre, il y a des maisons, des maisons qui ont changé, « les maisons, les voisins et les rues », parce que « la Syrie a été dévastée ». Les maisons n’ont plus de fenêtres, n’ont plus de portes.  C’est dans les mots, alors, que Hala... [Lire la suite]
Posté par onarretetout à 08:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,