10 avril 2018

Le cheval qui galopait sous la terre, de Dedieu

Une histoire d’amitié dont le début m’a fait penser à Montedidio d’Erri de Luca. Sans doute parce que l’enfant, Petit Jean, commence à travailler à 13 ans. Oui des enfants ont travaillé en Europe à partir de 13 ans et c’était normal pour l’enfant que nous suivons dans le livre d’Erri de Luca. Oui, des enfants ont travaillé dans la mine, en France, à 13 ans, et ce n’est pas si ancien. À 13 ans, beaucoup d’enfants ont travaillé dans des usines, en France, et sans doute les patrons trouvaient cela normal. Comme il était normal de faire... [Lire la suite]
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09 avril 2018

Écrire. Un caractère - de Christiane Veschambre

« Écrire n’a pas de genre », « Écrire n’a pas de biographie », « Écrire ne veut pas travailler ». Christiane Veschambre nous dit, par des textes courts, sa vie avec Écrire qui parfois s’absente, parfois « nous travaille », se comporte comme « un petit anarchiste qui ne veut d’aucune contrainte — que les siennes ». Ce livre n’est pas un essai, c’est une rencontre. On y croise Ernesto qui ne veut plus aller à l’école « parce qu’à l’école on m’apprend des choses que je ne sais... [Lire la suite]
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08 avril 2018

Ça t'apprendra à vivre, de Jeanne Benameur

« Moi j’ai cinq ans », écrit Jeanne Benameur dans le premier texte. « Dans le silence, j'entends ma propre respiration ». Et la prison est attaquée. Quelques jours plus tard, il faudra partir. Quitter ce pays, l’Algérie, pour une ville de la façade atlantique. Et grandir. Avec son frère, ses deux soeurs, une mère à l’occasion voleuse, un père directeur de prison parfois violent. Elle italienne, lui arabe. Parce que c’était possible en Algérie, avant. Ce livre est fait de petits récits que l’enfant a commencés à... [Lire la suite]
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07 avril 2018

Deux titres en un

La semaine dernière, j'évoquais le livre de Clémentine Mélois, Cent titres, dans lequel l’auteure « pastiche les classiques de la littérature », comme l’indique la quatrième de couverture. Quelques exemples : Maudit Bic, d’Herman Melville (je me souviens que Georges Perec avait écrit « Ah ! Moby Dick ! Ah ! Maudit Bic ! ») - Lexomil et le royaume, d’Albert Camus - Wifigénie, de Racine… Clémentine Mélois est membre de l’Oulipo depuis 2017 (suivre le lien dans la colonne de droite). Jacques Roubaud, dans sa... [Lire la suite]
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06 avril 2018

Chaos, de Mathieu Brosseau accompagné d'Olivier Mellano

La folie, ce n’est pas n’importe quoi, c’est un excès de logique. Dans le roman de Mathieu Brosseau, la Folle voit au-dessus d’elle une masse spongieuse, sorte de placenta. Sa soeur jumelle, désignée comme l’Aînée, et qui vit dans l’Autre Ville, voit aussi cette forme, qu’elle peint ainsi : « Ce zénith avaleur de toute chose est un chaos splendide. Le brun, le vert, le noir, le bleu, le jaune et d’autres couleurs – essentielles – baignent dans les profondeurs blanchâtres du Chorion. » Le chorion, nom grec du... [Lire la suite]
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05 avril 2018

Algériennes, bande dessinée de Méralli et Deloupy

On le sait maintenant : les appelés partis faire « des opérations de maintien de l’ordre » en Algérie n’ont que très peu raconté ce qu’ils avaient vécu de l’autre côté de la Méditerranée. Le père de Béatrice est de ceux-là. Puisque les hommes ne racontent rien, Béatrice va suivre le conseil de sa mère : interroger des femmes. Une amie, puis une autre et encore une autre, la voici en Algérie et ses rencontres montrent de la guerre ce que les femmes en ont vu, ce qu’elles y ont fait, ce qu’elles ont subi. Le récit n’est pas... [Lire la suite]
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04 avril 2018

Si j'habite l'éclair, de Maïté Villacampa

"Si nous habitons un éclair, il est le coeur de l’éternel » Retrouver cette phrase de René Char m’a obsédé quand j’ai lu le titre du recueil de Maïté Villacampa.  Si j’habite l’éclair est un livre en trois parties : Terre Terre, Île, Danses. Et c’est bien vers la danse, les danses, celles de Pina Bausch, que nous mène Maïté, là où « rien ne se passe  tout est vivant ».   Si j’habite l’éclair je pulse l’éternel en                   cercles je bats d’une... [Lire la suite]
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03 avril 2018

L'invention de Morel ou la Machine à images, exposition à la Maison de l'Amérique latine

C’est en 2010 que j’ai découvert le roman d’Adolfo Bioy Casares, L’invention de Morel, grâce à un spectacle et une exposition présentés à la MJC Paris-Mercoeur. L’exposition en cours à la Maison de l’Amérique latine permet d’explorer, avec des techniques que ne connaissait pas l’auteur du roman, les possibilités de l’image. Les hologrammes de Piotr Kowalski, les oeuvres cinétiques de Julio Le Parc en sont des exemples.  Mais il y a aussi ces espaces étranges où notre perception de la réalité se trouble : La dernière danse de... [Lire la suite]
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02 avril 2018

Je m'oralise - Gherasim Luca

Il faut avoir entendu, écouté, Gherasim Luca pour saisir ce titre : Je m'oralise. Les Éditions Corti viennent de publier ce petit livre, fac-similé d'un manuscrit écrit et dessiné en deux exemplaires ; le site de l'éditeur précise : "Les dates et lieux de composition sont précisément indiqués : Paris Vaduz Valbella 1964-1968". L'auteur y présente sa démarche :  Celui qui ouvre le mot ouvre la matière et le mot n'est que le support matériel d'une quêtequi a la transmutation du réel pour fin En cliquant sur l'image... [Lire la suite]
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01 avril 2018

Cap au pire (extrait), de Samuel Beckett

(...) Main dans la main ils vont tant mal que mal d’un pas égal. Dans les mains libres — non. Vides les mains libres. Tous deux dos courbés vus de dos ils vont tant mal que mal d’un pas égal. Levée la main de l’enfant pour atteindre la main qui étreint. Étreindre la vieille main qui étreint. Étreindre et être étreinte. Tant mal que mal s’en vont et jamais ne s’éloignent. Lentement sans pause tant mal que mal s’en vont et jamais ne s’éloignent. Vus de dos. Tous deux courbés. Unis par les mains étreintes étreignant. Tant mal que mal... [Lire la suite]
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