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Ce roman, en trois parties, nous place dans la tête et le coeur de Kim et celle et celui d’Édith, sa soeur. Et ça bat vite, le coeur. Et ça convoque le choeur des ancêtres, des femmes qui ne sont pas mortes, comme le chante Birago Diop, et dont le Souffle est encore parmi nous. Résistantes aux douleurs, et portées par la colère. Ayo, Célestine, Marie-Magdeleine, Léonide, Sidonie, Maman, les ancêtres qui sont prêtes à franchir la porte de l'entre deux mondes, les quimboiseuses. La terre porte des arbres, le manguier, le citronnier que les colons ont greffé pour qu’il donne des fruits à leur goût, le fromager des pendues. La terre chlordéconée. 

« Ce n’est pas avec le sang qu’on lave le sang », dit une de ces ancêtres, « c’est bien un truc de mec ça de croire qu’on nettoie mieux avec un linge sale qu’avec une éponge propre ». Mais une autre affirme que la vengeance est nécessaire, et la violence. Et Kim, née fille, se vit en garçon. « Kim est ignorant. Mais Kim est plein de certitudes ». Et « le futur est un monde qui n'intéresse pas la colère ».

Ce livre bat vite, comme un coeur, comme le tambour du carnaval. On va de l’orangeraie, à Dillon, Régale, Macabou, et c’est Foyal enfin, parce que Fort-de-France est plutôt, pour Kim, « Fort-de-chez-moi ». Chaque chapitre y est « pour » quelque chose. Et Édith, celle qu’Ayo a choisie, sait qu’on « n’efface pas l’histoire », qu’on ne peut pas effacer l’océan et que la liberté reste à conquérir.