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Tout se joue autour de trois personnages principaux. D’abord Skender et Max, anciens légionnaires, le premier, ex-Yougoslave, désormais sans emploi, sans maison, infréquentable, le second, « un nègre à la généalogie peuplée d’esclaves », désormais chauffeur d’une Mercedes noire aux vitres teintées. La troisième, c’est Madame. Max travaille pour Madame et va lui présenter Skender. Bientôt, un contrat va les lier. Pour « trois millions ». Skender accepte d’être gibier d’une chasse à l’homme pour cette somme (un million pour chacun de ses enfants et un troisième pour sa femme). L’amour est-il à ce prix ? 

Dans chaque chapitre, nous sommes dans la tête et les actions d’un personnage. On sait très vite de qui il s’agit et on intègre ses préoccupations, ses projets, sa préparation physique et psychologique à la chasse programmée. 

L’écriture de Lucas Belvaux nous capte quasi instantanément, ne nous laisse pas le choix : nous sommes tantôt avec l’un ou l’autre, tantôt avec Madame. Nous comprenons les tensions entre les trois personnages et ne pouvons jamais prendre parti. Nous arpentons des paysages rudes, côtoyons les peurs et partageons les espoirs des protagonistes. Nous balançons entre l’amour et la mort. Et c’est bien cette tension qui est l’objet de ce livre dense et nous tenant en haleine.

Pas étonnant que Lucas Belvaux, qui est aussi cinéaste, fasse paraître ce livre après avoir tourné le film « Des hommes », d’après le roman de Laurent Mauvignier.