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Nous marchons avec Maryline Desbiolles dans  l’écriture d’un livre qu’elle commence dans la période de confinement de 2020, qu’elle commence avec « confiance dans l’écriture ». Est-ce à cause de ce confinement qu’elle se met à repenser à la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983 ? Et à travailler à trouver ou retrouver des archives, des marcheurs - marcheuses qui ont fait cet évènement. Tou.te.s y sont nommé.e.s. Et les villes et les jours (cinquante). Et les figures qui ont inspiré ce mouvement : Gandhi, Martin Luther King, découverts dans des films projetés à la MJC voisine. Et les morts, jeunes, victimes de crimes racistes, comme cet enfant tué par balle parce qu’il faisait exploser des pétards…

Elle se fait porte paroles de celles et ceux qui ont marché de Marseille à Paris, passant notamment par les Minguettes à Vénissieux. Elle prend des notes et construit ce livre à partir de l’Algérie : « L’Algérie est au commencement ». Et fait le portrait d’une jeunesse, « une poignée de gamins au départ de Marseille... et voilà qu'on était vus ». Elle n’oublie pas sa grand-mère italienne quand elle partage un repas dans un presbytère de Caluire-et-Cuire, ni le quartier de l’Ariane à Nice, ni la Roya.

1983 n’est pas si loin. Cette Marche dont Maryline Desbiolles rappelle les motivations, non violente, n’a certes pas obtenu grand chose, ses enjeux ayant été détournés en simples slogans, mais « elle nous a soulevés ». Et elle n’a pas de fin. Il suffit de « mettre un pied d’vant l’autre et d’recommencer ». Recommencer.