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Monique Wittig commence à écrire Les Guérillères en 1967. La soirée à la Maison de la Poésie commence avec la voix de Colette Magny chantant Vietnam 67. La guerre. C’est par la guerre que ça commence. Elles disent, elles disent, elles disent : féminin pluriel opposé au masculin. « Elles disent : ils t’ont décrite comme ils ont décrit les races qu’ils ont appelées inférieures. Elles disent : oui ce sont les mêmes oppresseurs dominateurs, les mêmes maîtres qui ont dit que les nègres et les femelles n’ont pas le coeur, la rate, le foie à la même place qu’eux, que la différence de sexe, la différence de couleur signifient l’infériorité (…) Elles disent : si je m’approprie le monde, que ce soit pour m’en déposséder aussitôt (…) Que toute trace de violence disparaisse de cette terre (…) que s’efface de la mémoire humaine la guerre la plus longue, la plus meurtrière qu’on ait jamais connue (…) Elles disent : prends ton temps, considère cette nouvelle espèce qui cherche un nouveau langage… »

Il y a dans ce texte des chants qui me font penser aux chants des sirènes, tels que Pascal Quignard les décrira plus tard : aigüs, puissants, profonds, primordiaux. Il y a tous ces mots qui conquièrent leur place dans le brouhaha vantard qui a relégué les femmes dans le silence. Les voix de Rébecca Chaillon, Virginie Despentes, Anne Garréta, Laure Murat et Suzette Robichon portent le texte de Monique Wittig dans son actualité brûlante.

« … Elles disent qu’elles ont appris à compter sur leurs propres forces. Elles disent qu’elles savent ce qu’ensemble elles signifient. Elles disent, que celles qui revendiquent un langage nouveau apprennent d’abord la violence. Elles disent, que celles qui veulent transformer le monde s’emparent avant tout des fusils. Elles disent qu’elles partent de zéro. Elles disent que c’est un monde nouveau qui commence… »

Cette lecture est visible sur la chaîne Youtube de la Maison de la Poésie de Paris, en suivant ce lien.