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J’ai d’abord lu son livre, un très beau portrait de femme, sa mère, au Burkina Faso. Et puis je l’ai vue sur scène. Son spectacle démarre dans ce pays, le pays de son enfance. Elle a huit ans et elle récite La cigale et la fourmi, selon les conseils de son père et de son grand-père : culture française et transmission de savoir familial. Ces deux aspects la construisent et, quand elle va partir pour la France, ses proches l’encouragent. On la dit « humoriste » mais elle est d’abord comédienne, présentant sur la scène des personnages qu’un simple geste permet d’identifier — son oncle, le patron et les filles du salon de coiffure de Château Rouge, les nounous africaines ou chinoises, sa mère… —, et réussissant un spectacle autobiographique dans lequel nous avons une place. Les témoignages qui s’expriment après le spectacle, émanant de spectateurs et spectatrices de tout âge, le disent aussi. Pourtant les pièges sont nombreux. Elle les évite, sachant dénoncer des clichés sans se complaire dans d’autres clichés, sans opposer les modes de vie, et prônant sans discours et sans naïveté ce qu’on désigne sous l’expression « vivre ensemble ». On rit, bien sûr, grâce à cette légèreté, et à la qualité du jeu (théâtre, chant, danse), et c’est un rire qui permet de faire entendre des choses plus sérieuses, plus dures. Mais toujours elle veille à partager, à réunir.

J'ai vu ce spectacle au !POC! d'Alfortville (94)