fullsizeoutput_3dfa

Des femmes, il y en a dès le début du rap français, n’en déplaise aux labels qui préfèrent soutenir les hommes ou garder les femmes dans les rôles de danseuses ou de faire-valoir. On connaît Sydney, l’animateur de l’émission H.I.P.H.O.P., mais c’est Marie-France Brière qui produit l’émission, et Laurence Touitou, future directrice d’un label rap, et Sophie Bramly, photographe, qui travaillent à l’émission (et qu’on ne voit pas à l’écran). Ce livre, Pas là pour plaire, montre que les femmes, dans le rap, ne sont pas plus mal traitées que dans le reste de la société : le rap n’est pas hors sol. Elles s’affirment, revendiquent et expriment les mêmes aspirations que les hommes, leurs textes étant, sur la forme, écrits comme ceux des hommes. Le contenu diffère en ce sens qu’elles doivent s’imposer, et pour cela mettre plus d’énergie. À Diam’s, un animateur radio dit, après l’avoir écoutée, « merci jeune homme » ; elle réplique : « je suis une fille ». Bettina Ghio documente des premières années à nos jours une histoire très intéressante et hors des potins d’usage. Son livre est fait en trois parties principales : Les pionnières, les incontournables - Diam’s, Keny Arkana, Casey -, les héritières. Si vous le lisez, vous écouterez le rap, ses rythmes et ses textes, comme jamais auparavant.