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(…) les « truffes ». Ce mot de métier désigne tout ce que les lecteurs mettent ou laissent entre les pages des livres : feuilles d’arbre, pétales, brins d’herbe, trèfles à quatre feuilles, lettres, billets de spectacle, tickets de métro ou de bus, photos, notes de restaurant, bribes de tabac, cartes postales, cartes à jouer, allumettes, numéros de téléphone, restes de biscuit, rognures d’ongle, pailles, grains de sable… 

(extrait du livre Le Pilon, de Paul Desalmand)

Chaque marque-page raconte une histoire. Il a pu se glisser là par hasard : il était là, il fallait fermer le livre pour une raison impérative, on l’a pris et glissé à l’endroit où s’est arrêtée la lecture. Il a, au contraire, été choisi pour ce livre-là. Il peut aussi passer d’un livre à un autre. 

Vous avez sans doute une histoire à raconter à propos d’un marque-page, par exemple trouvé dans un ouvrage emprunté à la Médiathèque, ou acheté d’occasion. Peut-être même retrouvé dans votre bibliothèque quand vous n’y pensiez plus. 

Dans votre texte, qui racontera une histoire de marque-page, je vous suggère d’utiliser plusieurs fois le mot truffe : le champignon, l’extrémité du museau du chien, le nez, une personne qui agit bêtement, la friandise au chocolat. Il ne s’agit pas de tous les utiliser, mais au moins trois.

Exemple :

Sous le porche de mon immeuble, un jour d’été, un voisin sans doute avait déposé un carton rempli de livres. J’en ai pris un, me demandant quelle truffe pouvait avoir abandonné là un exemplaire exceptionnel des Misérables, daté du XIXe siècle. Dans le livre, passablement usé, j’ai trouvé un menu du restaurant « À la bonne truffe du Périgord », au dos duquel on pouvait lire : en souvenir du tournage, 1981, et signé de Robert Hossein. Je n’ai pas lu tout le livre mais j’ai parcouru, comme un chien flairant de sa truffe une piste, l’histoire du film où Lino Ventura incarnait Jean Valjean.

Ce paragraphe n’est qu’un exemple. La taille de votre texte sera au maximum de 900 signes, espaces compris, soit une douzaine de lignes (à peu près le double de mon exemple), et au minimum de trois phrases. Vous pouvez, bien sûr, évoquer un fait réel, mais aussi, comme je viens de le faire ci-dessus, une histoire de votre invention. 

C’est à vous main tenant. Merci de poster vos textes dans les commentaires ci-dessous.