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Voltaire a imaginé un homme, chassé de sa résidence qui voyage à travers le monde. Rencontrant des gens dont la vie est loin de leurs propres principes moraux. D’autres ne vivant que de guerres en guerres (on enjambe les cadavres). D’autres encore dans des pays où règne l’Inquisition. Voltaire tape sur toutes les dérives humaines : dictatures, religions, philosophies, trahisons, cupidité. Le tremblement de terre meurtrier de Lisbonne a aussi une place importante. Son personnage lui-même, Candide, n’hésite pas à emporter du pays d’Eldorado les moutons et les diamants qu’on lui donne pour revenir en Europe, en France, ruiné. Il rejette alors toutes les leçons pour n’en retenir qu’une : « cultiver notre jardin ».

La mise en scène d’Arnaud Meunier (photo  Sonia Barcet) a cette particularité de faire porter par les personnages la narration de Voltaire. On ne transforme pas le texte en mettant deux points et ouvrant les guillemets. Si Candide parle, par exemple, il dira : « Candide dit alors que… ». Cela donne un théâtre bien particulier, rempli, parce qu’il en est ainsi dans le conte de Voltaire, de nombreux personnages, dont les costumes, les situant dans un siècle passé, sont pensés et portés avec humour. Parce qu’on rit des situations où erre Candide, souvent avec d’autres (il faut bien parler à quelqu’un), des illusions qui tombent l’une après l’autre jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de « meilleur des mondes possibles ». Aurons-nous exploré tous les mondes possibles ? En tout cas, nous traversons 30 chapitres, autant de pays, sur un rythme soutenu, dans une esthétique fort agréable, tout se jouant sur deux plans, en compagnie de deux musiciens de part et d’autre de la scène. Quelques chansons, des récits, une énergie collective : la Révolution approche.

J'ai vu ce spectacle au Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine (94)