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Dans cet ouvrage, Sophie Wahnich, historienne spécialiste de la Révolution française, replace la Terreur dans le contexte historique de la Révolution. On ne peut analyser aujourd’hui un évènement du seul point-de-vue de nos critères anthropologiques. La Terreur est une réponse à une trahison, et la vengeance a une visée d’apaisement. Sophie Wahnich en décrit l’arrivée et le déroulement à travers des textes (de Robespierre, Danton, Saint-Just, et d’autres) qu’il est bon de lire, relire ou découvrir pour éviter de tomber dans les pièges de tout l’attirail de textes contre-révolutionnaires ou de la tromperie qui consiste à faire rejouer cette période (Marie-Antoinette re-jugée par les spectateurs d’un spectacle de Robert Hossein, par exemple, voire la Révolution française présentée en comédie musicale…). Regardant ce qui est à l’oeuvre, elle observe que d’un processus de vengeance, construit sur l’amour de la patrie et de la vérité, on est passé quelque temps après à une logique de guerre, dans laquelle périront Hébert et Danton, par exemple. Pour autant, elle fait une nette différence entre Terreur et terrorisme : La Terreur « est le moment historique où la violence souveraine du « faire mourir » est celle d’un peuple acculé à en faire usage pour maintenir la prétention extraordinaire d’avoir conquis la souveraineté ». Il est sans doute significatif de constater qu’après la mort de Robespierre, ses ennemis ont retiré de la Constitution le « devoir d’insurrection » et, de la Déclaration des droits de 1789, le droit de « résistance à l’oppression ».

Cet essai date de 2003 et résonne particulièrement aujourd’hui, tandis que les peuples manifestent un peu partout dans le monde.