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Avant Tchernobyl, il y a eu Mayak, en 1957. L’information n’a franchi les frontières de l’Union Soviétique que peu à peu. C’était une époque de course aux armements nucléaires. Les habitants de Mayak ou de Tcheliabinsk pensaient construire le bouclier qui empêcherait une attaque américaine. À quel prix ? 20 000 km2 pollués par les déchets à peine enfouis, déversés dans la rivière ou dans le lac. On n’accède pas facilement à cette région au milieu des arbres, à cette ville qui n’était auparavant sur aucune carte. On pourrait croire qu’il s’agit d’une fiction. 

Le dispositif proposé, chaque spectateur étant équipé d’un casque audio, a le désavantage de séparer les spectateurs, de mettre une distance entre eux. Mais il donne aussi le moyen d’être au plus près possible de ce qui se passe sur la scène, l’intérieur d’une maison comme en ont vu Fabrice Murgia et son équipe dans la région où ils ont enquêté, filmé, rapportant des témoignages et les présentant sur scène.

On retire le casque lorsque le spectacle dans la maison est fini et qu’une femme se lève pour témoigner elle-même de la situation de cette région secrète dont, peut-être, les arbres seuls connaissent l’histoire. Sans cette intervention, on pourrait penser que ce qui nous est montré, accompagné d’une musique en direct, n’est qu’une invention artistique. On comprend alors que, depuis plus de cinquante ans, les hommes vivent dans un monde qu’ils détruisent. Ne savons-nous faire que cela ?

J'ai vu ce spectacle au Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine (94)