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Elle se lève dans la salle, elle va prononcer un discours, lundiscours. Cherche des modèles. Malraux, pourquoi pas ? Ou une simple élue à la culture qui se lance, qui essaie, qui recommence et se prend la langue dans les mots. Pas n’importe lesquels : ceux de Jean-Pierre Verheggen, nourris d’Artaud, de Rimbaud, d’Artaud Rimbur. De la viande, la langue. On rit et soudain non : ça souffre dedans, ça souffle. « Tout dire ! Tout parler ! Oser ! Tout écrire ! » Pointer les slamations. Aller pieds nus sur la musique. « Parler de ses ratés ! » Éclabousser de jus de mots le théâtre de la poésie, « pratiquer la Langue d’escampette ». Et se moquer de tous et de soi-même, et avec truculence. « Le français est une langue large ouverte » qui se mâchouille en bouche. Ça marche, ça mâche, ça lève les bras, ça brasse les lèvres. Et ça n’arrête pas. 

C’est au Théâtre des Déchargeurs, à Paris, chaque lundi, dites. « Lundites » donc.

Mise en scène : Michel Bruzat - Interprète : Marie Thomas - piano : Benoît Ribière - Photo :  © Jean Barak