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Il n’était pas prédestiné à devenir cuisinier. Même s’il aimait, enfant, faire des gâteaux. Maylis de Kerangal raconte comme l’intérêt de ce jeune homme va prendre, au gré de rencontres, de désir et de travail. Elle montre le total engagement qu’il faut pour travailler en cuisine, ouvrir un restaurant : penser les plats selon les ingrédients trouvés le jour même sur le marché local, préparer, réaliser, accueillir, servir, saluer, ranger, penser au lendemain. Car il a beaucoup travaillé seul, par manque de place sans doute. Mais ce livre n’est pas un documentaire au temps des Top chef et autres émissions à grande écoute. C’est, pour le lecteur, un grand plaisir des mots : les noms des légumes, des viandes, des épices, les verbes du travail en cuisine, les mots qui désignent les instruments. Et le récit qu’en fait l’auteure fait aussi penser à d’autres métiers exigeant disponibilité, sens de l’accueil et des responsabilités.

Extrait : Puisque d’emblée la cuisine induit les autres, induit la présence des autres contenue dans le gâteau comme le génie dans la lampe. Puisque la préparation d’un plat appelle immédiatement une table dressée, un autre convive, du langage, des émotions, et tout ce qui peut se jouer de théâtral dans un repas, depuis la présentation du plat aux commentaires qu’il suscite — borborygmes des convives bouches pleines et yeux écarquillés.