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Son père était établi à l’usine Renault. Sa mère aussi était établie. Établi, qu’est-ce que ça peut bien être ? « Lis le livre de Robert Linhart », lui disait-il, « il y a tout dedans ». Elle l’a lu. Il y avait en effet tout. Mais les enfants ont parfois aussi besoin du récit de leurs parents. Ainsi la question de la transmission dans la classe ouvrière l’a saisie assez tôt. Transmettre quand ce que la plupart des ouvriers voulaient surtout c’est que leurs enfants ne le soient pas. Alors, quand même, interroger inlassablement les ouvriers, leurs enfants et transmettre leurs voix, leurs récits. 

Fanny Gayard était à la Librairie L’établi, vendredi 4 octobre, à Alfortville. Elle y a parlé de l’usine Chausson, de Gennevilliers, du livre de Robert Linhart, L’établi, oeuvre littéraire, sociologique et engagée, du livre de Leslie Kaplan, autre établie, L’excès-L’usine, oeuvre de poésie concrète, du travail théâtral, artistique, de Christian Benedetti et du Théâtre-Studio d’Alfortville où elle va présenter sa pièce, Descendre du cheval pour cueillir des fleurs. Ce sera la fin d’un cycle, qui devrait néanmoins se poursuivre, les trois pièces construites à propos de la condition ouvrière (Usine vivante, Maothologie et celle-ci) pouvant être programmées dans d’autres lieux pendant plusieurs années encore. La compagnie avec laquelle elle crée ces spectacles, c’est la Compagnie Sans la nommer, en référence à la chanson de Georges Moustaki : « Je voudrais sans la nommer vous parler d’elle… »

Ce n’est qu’un début.