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Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

C’est à Apollinaire que je pense quand je lis le titre français de ce spectacle, et à cette idée du temps qui passe. Mais ce n’est pas le temps qui passe, « je suis toujours là, j’ai toujours été là », affirme la vieille femme à qui, avec insistance, un homme d'âge mûr demande qui elle est. C’est bien le seul, d’ailleurs, à poser cette question, les autres personnages semblent la connaître de près ou de loin et ne s’étonnent pas de la voir. La voient-ils ? En moins d’une heure, c’est toute une vie qui défile : jeunes amoureux, couple âgé, ensemble, solitude, attente, vie commune, sous les frondaisons d’une maison vide. Pas si vide pourtant puisque nous sommes au théâtre et que c’est ici notre maison le temps du spectacle. Et le temps ne passe pas. On pourrait croire que les évènements de cette vie arrivent sur cette scène toujours pour la première fois. Premier baiser, souvenirs mêlés au présent et qui reviennent, « hiver printemps été automne », à tel point qu’on ne sait pas dans quel sens va le temps. Ce n’est certes pas un fleuve qui coule, c’est la roue du landau qui tourne, le vent qui se prend dans les branchages. Les âges, coïncidant.

Distribution : Antoine AMBLARD, Pauline CHAGNE, Antoine DOIGNON, France DUCATEAU, Isabel JUANPERA, Alex MESNIL, Jean-Pierre MOULIN, Alix RIEMER

(photo Théâtre-Studio d'Alfortville)

J'ai vu ce spectacle au Théâtre-Studio d'Alfortville.