Ici, là-bas, par la Compagnie Heliotropion

Le nom de la Compagnie évoque les plantes qui se tournent vers le soleil, vers la lumière, plantes que l’on nomme en fonction de leur comportement. Pas étonnant que cette compagnie travaille sur la question de l’identité, du lieu. Quand on regarde les titres des oeuvres de cette compagnie, c’est bien de cela qu’il s’agit : qui ? et où ? La ville s’impose : les chorégraphies sont urbaines. Et le livre nourrit la réflexion : Italo Calvino avec Les villes invisibles pour la création précédente, et Ellis Island de Georges Perec pour celle-ci. Ce n’est pas une mise en scène des textes de ces auteurs, mais une façon d’en aborder les thématiques.

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On oubliera Ellis Island, « porte d’or » pour l’Amérique, mais on en retiendra deux questions que les chorégraphes-danseuses et comédiennes et le musicien dérouleront devant et avec nous : qui ? (MOI, TOI) et où ? (ICI, LÀ-BAS). Dans la première partie, attirance et rejet, isolement et affrontement, puis rencontre. Dans la seconde partie, séparation, frontière, tentative de conquête de terrain, exclusion, puis échange des positions, des points-de-vue. Et à chaque fois, les danseuses finissent par faire venir auprès d’elles le public pour se prendre par la main à la fin de la première partie, et danser ensemble à la fin de la seconde. Il y a, dans ce final, après incertitudes et observations méfiantes, une satisfaction partagée après tout ce chemin parcouru les uns vers les autres.

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