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Il suffit de deux rounds et ça fait onze minutes : texte de et lu par Loris Humeau, immobile, qui compte jusqu’à 10.

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Puis d’autres compteront aussi, je ne peux pas dire jusqu’à combien : leurs voix se mêlent, les sons des micros reprennent leurs respirations, des grincements, des coups sur les cailloux. Sur le sol vide où s’exprimait Loris Humeau, elles ont posé deux chaises, une table sur tréteaux ; sur la table deux ordinateurs devant lesquels elles lisent, assises, chacune un texte que nous-mêmes ne voyons pas, et que nous acceptons de suivre, accrochant ici un mot, là un autre, essayant de distinguer et reconnaître les voix de Sarah Bahr et Aziyadé Baudouin-Talec.

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Un homme et une femme déroulent un plan au sol, posent tout autour des photos au dos desquelles nous ne tarderons pas à lire des textes. Une puis un puis d’autres viendront autour du plan lire des mots découverts en retournant les photos avant de s’arrêter quelques pas plus loin, debout, ayant reposé la photo sur le sol. Christopher Alexander Gellert et Alexia Antuofermo continueront les gestes de ces visiteurs puis ramasseront toutes les photos, provision de souvenirs vécus là-bas, en ce lieu dont ils plient, pour finir, le plan.

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Provisions encore, cette fois pour l’été, histoires de vacances au bord de l’eau, sur une plage, la tête plongée dans une demi-pastèque, sons pas toujours reconnaissables mais qu’une feuille distribuée définit assez clairement pour que nous puissions suivre les pas sur le sable ou dans la mer, jusqu’au plongeon qui éclabousse le sol devant Adrien Tinchi et Thomas Schmahl.

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Yuika Hokama vient d’Okinawa. Elle y est née. Une île avec des traditions. Elle raconte avec douceur pourquoi elle est venue en France, pour danser. Elle dit qu’elle ne savait pas, en japonais, les mots de l’intime. Qu’elle s’étonne de pouvoir nous dire qu’il lui a fallu être opérée des hanches. Elle danse, chante, bouge, comme des ponctuations. Avec des silences. Elle raconte sa rencontre avec le texte de Marguerite Duras, L’Amant, elle qui ne savait pas un mot de français en arrivant en France. Elle joue ce texte, en français, deux jours plus tard, à Pantin, dans un café nommé « Pas si loin ».

Cette troisième édition du festival Les écritures bougées avait lieu au Centre d’art contemporain La Traverse, à Alfortville (94), devant les Flâneries ludiques de Giorgio Silvestrini, exposées jusqu’au 6 juillet 2019.

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