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« Qu’est-ce qui voudra bien se créer en moi ? »

Ces mots de Ushio Amagatsu disent l’attitude de Maïté Villacampa. Accueillir serait le verbe le plus proche. Accueillir les mots des autres : citations dont elle ouvre les parties de ses livres, images retenues de clartés, de sculpture, de peinture. On pourrait la rencontrer rien qu’en croisant les noms, signatures ou dédicaces, qu’elle sème entre ses poèmes. Et si l’eau y est si présente, c’est à cause d’une barque d’Yves Bonnefoy, à cause d’affluents, à cause du bleu de Zeno Bianu, et parce que « le vent, l’ombre et l’eau sont de mèche ». C’est l’eau du désir sur « le socle des vagues ». 

Et marchant le long des rivières, elle arrive à Portbou. « En bas la houle frappe la digue ». Portbou où est mort Walter Benjamin, « dans une situation sans issue ». Elle y touche à l’inachevé, juste après la frontière, sur la mer Méditerranée. Où « plus rien n’est séparé ».