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C’est un film qui vous fait voyager. Pas comme un voyage avec tour operator pour voir des monuments et des sites touristiques incontournables. Non, un voyage avec des accords de guitare et des voix où vibre la mélancolie. Avec des fresques sur des murs de briques. Ça commence avec le Mississipi, ce grand fleuve, le delta et l’évocation des champs de coton. C’est de là que vient le blues, des champs. Et puis, il y a Robert Johnson. C’est pour le rencontrer qu’on est venu. Jusqu’au carrefour où il aurait, paraît-il, passé un pacte avec le diable. Parce qu’il faut bien dire que le blues est un enfant du diable, alors que le gospel chante la gloire de Dieu. Mais le diable a aussi ses divinités, Papa Leghba du vaudou n’est pas loin. Il vient avec le froid qui souffle sur ce carrefour. « John-Michael » Dupont et Mezzo sortent leurs guitares et, moment émouvant, jouent avec les bluesmen d’ici. Dupont et Mezzo qui ont raconté la courte vie de Robert Johnson dans une superbe bande dessinée, Love in vain. Continuons jusqu’à Greenwood où Robert Johnson est mort, sans doute empoisonné, dans une maison que l’agriculture actuelle et l’augmentation du nombre des automobiles ont effacée du paysage. Auparavant, on se déplaçait à pied et on vivait près de l’endroit où on travaillait. Il reste la tombe, fléchée à deux miles d’ici. Une tombe parmi d’autres éparpillées, près d’une église. Il n’y a que trois choses, dit un musicien dans le film : le travail, les relations plus ou moins amoureuses, et la mort. Des rails de chemin de fer traversent le paysage et si l’on écoute bien, c’est le pays même qui joue et chante le blues.