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Hier, ici, je vous invitais à voyager avec Mathias Enard : de Beyrouth à Damas, de la Russie à l’Espagne. Aujourd’hui, c’est avec Katia Bouchoueva que nous allons de Moscou à Alger et toutes les rives de la Méditerranée. 

Mais ce n’est pas un voyage, c’est plutôt la vie, celle qui pue parfois, il faut bien le dire, il faut bien la dire. Celle d’une ballerine, fille libre, fille-chat. Moscou quitté, « amour, oiseau, poisson, / ne finissons pas sur la table, / mais dans le vent », elle fait sienne cette injonction de René Char : « Être du bond. N'être pas du festin, son épilogue ». La ballerine se méfie des pronoms personnels : VOUS, ELLE et surtout « IL / (ce genre qu’on oublie de vérifier) ». Elle cite Jean Sénac, Mohammed Dib. Et surtout, elle plie les cartes, fait coïncider « l’Afrique du Sud et la Norvège », « le Japon et l’Espagne », s’embrasser « les Cambodgiens (…) les Belges », détourne les fleuves et va dans Alger, ville tantôt au masculin (« Céleste et républicain »), tantôt au féminin (« la Blanche »). 

Une écriture comme des galets que la marée sur la plage fait s’entrechoquer.